cinema DEBRA GRANIK est une réalisatrice indépendante qui pour son deuxième long métrage a été prise par la lecture d'un roman policier américain de Daniel WOODREIL (2006), réputé pour faire dans le "noir":"la rédemption reste une possibilité qui peut exister, mais je n'en suis pas sur. C'est quelque chose qui peut s'appliquer à la région des OZARTS" (le lieu où se situe l'histoire de ce film) -D Woodreil-. Elle reconnaît être intéressée par ces histoires: "quand la vie n'est pas facile et que l'on fait tout ce que l'on peut pour s'en sortir". C'est le cas dans ce film du personnage principal (Jennyfer LAWRENCE) qui, du haut de son adolescence, essaie de sauver la famille dont elle a la charge depuis la mise en prison de ce père drogué et alcolo, libéré et en fuite à cause d'un passé que sa fille ignore et qu'elle ne parvient pas à saisir à travers le refus de parler du voisinage qui n'en pense pas moins (personne n'est emballé à l'idée du retour de cet habitant).

Ça se passe en Amérique, dans une région qui couvre plus de 130 000 km et qui parait ne pas avoir évoluée depuis l'époque du far-west où la superstition, le silence s'opposaient à la civilisation moderne, mais ça pourrait très bien être une banlieue française dite "difficile" d'aujourd'hui.

WOODREIL parle de ce qu'il connait (Il habite dans cette région, dans un quartier dont il dit lui même qu'il n'est pas beau, à côté de trafiquants de drogues, mais qu'il ne quitterait pas pour aller habiter dans l'Amérique moderne); il relate une " tranche de vie".

Debra GRANIK, avant de tourner ce film, n'a pas hésitée à aller sur place car, comme il est dit dans la bande annonce: "Il y a ce que l'on voit, il y a ce que l'on entend et entre il y a la vérité". "Je devais faire l'effort de ne pas juger les gens. Ils chassent pour se nourrir. Comme ils ont peur de la ville, ils restent dans la province où ils ont vu le jour, même s'ils n'ont pas accès  à certains services de santé" (JDD du 27/02)

Elle a compris que ce film ne serait pas seulement une fiction qui raconte un drame, qu'il n'avait pas besoin de grands effets spéciaux, ni d'artifice pour donner à comprendre l'angoisse qui se dégage de ce lieu refermé, ghéotisé où la violence est partout, même dans les attitudes de chacun(e) (ici, on règle ses comptes la nuit, le jour on chasse l'écureuil et on coupe du bois). Dans un interwiew donné en 2007 WOODREIL disait qu'à la fin de son livre il avait laissé un "espoir" mais qu'il y avait peu de chance que l'on retrouve celà dans ses "polars" suivants. (son précédent polar, qui se situait aussi chez les OZARTS, s'intitulait:" Faites nous la bise"-1997 "Give us a KISS").

Côté technique Granik a utilisée une caméra numérique RED comme avant elle PASCAL RABATE ("les petits ruisseaux") en filmant avec une certaine lenteur pour faire de chaque image une entité dans une atmosphère pesante. Son film prend ainsi des allures de documentaires.

Cette réalisatrice indépendante  a signée là un film qui se démarque des polars ordinaires et a justement été récompensée dès 2010 par plusieurs prix dans les festivals. Anne Rossellini en a été le producteur et elle a co-écrit le scénario.

Ce film (1h40) donnera peut-être envie à nombre de spectateurs de découvrir les polars de Daniel WOODREIL ( plusieurs sont sortis en livre de poche).

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