Après avoir été acteur, producteur, scénariste et assistants JACQUES JAUFFRET entame sa carrère de réalisateur à 45 sud+ans avec un premier Long métrage qui a concouru pour la " caméra d'or" du premier film (CANNES): APRES LE SUD.

Ce film d'auteur indépendant s'est fait remarqué pour son originalité de style. Il a été tourné dans la petite ville de Port St louis du Rhône, ancienne citée ouvrière. L'histoire a été inspiré par un fait divers mais le réalisateur a axé sa ficton sur les huit heures qui précèdent le drame. 8 heures pendant les quelles on observe la réalité du quotidien de quatre habitants qui est faite d'un lot de peur, d'humiliations , bref sur le processus qui mène au drame  et pas sur le drame lui même. Une histoire apparament banale de jeunes et d'un retraité avec une mère qui essaie d'arrêter sa surabondance pondérale par la chirurgie et une fillle amoureuse qui pense surtout à réussir pour se sortir de ce qui ressemble à des bas fonds à l'air libre.

Le réalisateur insiste sur le détail, il entrecroise l'itinéraire suivi pendant ces 8 heures par les quatres personnages principaux

Pour ses débuts il a d'abord étudié le travail du réalisateur Autrichien MICHAEL HANEKE auteur ces dernières années de "LA PIANISTE" (2001) et "LE RUBAN BLEU" qui a obtenu la palme d'or de Cannes (2009). Le style pesonnel de HANEKE, qualifié de froid, est fait de longs plans fixes pour susciter l'ennui, la frustation et l'irritation contre les tares de notre société occidentale. Ce polémiste du cinéma interroge en posant des questions d'ordre social, politique et historique afin que le spectateur s'interroge lui même sur la responsabilité qu'il a dans ce qui arrive. Pour qu'il sorte de son statut de simple spectateur venu pour se divertir. Sa mise en scène est brute de décoffrage.

Voilà pourquoi Jauffret se démarque aussi de ce grand réalisateur, sans chercher à faire tout le contraire mais comme cet autre réalisateur social qu'est GUEDIGUIAN, il veut garder espoir dans l'avenir même si dans "Après le Sud" il y a le drame final:

"HANEKE travaille dans une construction linéaire, moi, j'y reviens comme une spirale, comme un canon. On pourrait dire que c'est un morceau de musique qui part en canon. HANEKE n'implique pas les histoires; elles avancent et arrivent quelque part". Jauffret fait beaucoup de retour en arrière pour que les spectateurs ressentent comment ces pauvres bougres sont englués dans cette misère ambiante d'une banlieu qui a de plus en plus des allures de désert industriel où la volonté de s'en sortir ne suffit pas pour se sauver. Cette banlieu du Sud est une friche industrielle blanchie du soleil et la misère avec cette chaleur étouffante grâce à une mise en scène audacieuse. Chaque corps est mis à nue, mais le réalisateur échappe au documentaire et au film social.

Comme beaucoup de premier film "Après le sud" relève de l'exercice de style réussi pour les uns et préfabriqué pour les autres à des fins de festival. Il refuse d'encourager la polémique et c'est peu être ce refus qui limite beaucoup le scénario qui, comme l'a dit un critique, apparait famellique. Une chose est certaine il n'est pas ennuyeux.