nos enviesPHILIPPE LIORET est un réalisateur minutieux qui observe le mal qui mine la société humaine avec une histoire qui suscite des rencontres. C'est le livre d'EMMANUEL CARRERE : "D'autres vies que la mienne" qui l'a inspiré, mais il a expliqué à l'auteur que l'adaptation au cinéma était impossible et l'écrivain a accepté que cette histoire racontée par l'auteur se transforme . Etant convaincu qu'il fallait sauter le début, mettre de côté le fait que le couple d'avocats est handicapé et miné par la maladie cancéreuse.  Dans le film il n'y a plus le raconteur qui passe de l'écoute de soi à celle des autres pour finir par se retrouver lui même après avoir fait ressentir au public son propre mal être.  C'est le spectateur qui est le témoin et plus celui qui raconte. L'Histoire de Philippe s'intérroge sur le réel en racontant ce qu'est de façon simple, vraie cette société où beaucoup de gens souffrent du surendettement qui les minent comme une maladie honteuse jusqu'à les entrainer dans ce qui est une catastrophe aussi dévastatrice qu'un TSUNAMI : "tout tient au regard que l'on porte aux choses vraies ou non, au delà de la simple saisie de la réalité". Il dénonce tout aussi simplement ces sociétés de crédits qui poussent aux surendettement des clients pour réaliser des profits. Comme le dit le réalisateur "nos existences sont ménées à travers les mots "désir" et "envies" qui est retenue pour tître. Il explique par ailleurs que le montage est trés important:"c'est à ce moment là que le film prend forme; c'est une petite musique pour laquelle il faut être délicat".

Son choix de VINCENT LINDON  s'est imposé pour la seconde fois car cet acteur est quelqu'un qui ne rechigne pas à la tâche et qui accepte sans problème de refaire la même scène de multiples fois jusqu'à ce que le réalisateur juge que c'est conforme à ses désirs.

Sa partenaire MARIE GILLAIN s'est imposée pour ce rôle en montrant son envie de tenir  le rôle de cette avocate qui découvre qu'elle est atteinte d'une maladie qui ne lui laisse guère plus d'un an de répit pour mener à bien son double combat après avoir convaincu un juge chevronné mais qui semble être désenchanté par la vie qu'il mène.

De fait, les deux jouent de manière naturelle comme YANNICK RENIER ( le mari de claire) et collent à la réalité qui finit par atteindre les spectateurs avec émotion lorsque eux aussi subissent les méfaits de cette société aveugle à la souffrance humaine. 

Pour le réalisateur l'espoir nait avec les rencontres et le partage. Il ne cherche pas la compassion mais veut susciter la réflexion du collectif en espérat qu'on finira par trouver la vraie solution qui résoudra les problèmes sociaux même s'il s'en défent: "le cinéma ne fait rien bouger du tout, en revanche si ça peut faire passer un moment formidable en faisant réflèchir, pourquoi pas?". Son effort à lui tient dans la précision des images. Comme l'a dit un artiste de la photo:" jamais il n'a éxisté dans cette socièté autant de choses pour détruire la sensibilités des êtres". En 2 heures LIORET sans même qu'on s'en rende compte s'adresse à notre intelligence "j'ai pas envie que le spectateur oublie mon film au coin de la rue". Si Carrère ( prix Renudot) a trouvé que la trahison de son livre a donné un film magnifique, on peut se dire que les deux oeuvres sont  a apprécier séparément.