"Quand il tombe amoureux

y a pas de danger qu'il l'avoue

les effusions, dame, il déteste

Selon lui, mettre en plein soleil

son coeur, son cul c'est pareil

c'est un modeste."

Georges BRASSENS (MODESTE-1974)

vanessa menochet

Pour son premier long métrage CECILIA ROUAUX a trouvé son histoire et le tître de son film en écoutant BRASSENS: " j'aime les situations décalées où seule la poésie s'en échappe, quand les personnes ne font pas ce qu'on attend d'eux et que le rêve désarmorce les tensions, le tout tinté d'émotion pour se rapprocher du réel".

Issue d'une famille de cinéphile cécilia a trempé jeune dans le métier. Aprés l'école du cinéma elle réalise et met en scène une série de téléfilms puis devient co-scenatriste et 2ième assistante de grands du cinéma (KLAPISH, CHEREAU) puis se lance dans le long métrage quand elle trouve un producteur qui accepte de la financer.

Déjà c'est pas un mince expoit que de réunir dans le casting des acteurs comme VANESSA PARADIS ( avant sa séparation avec J.D), DENIS MENOCHET qui avait fait trés bonne figure dans "INGLORIOUS BASTERDS de QUENTIN TARENTINO, et d'autres acteurs comme GREGORY GADEBOIS et LOUISE GINBERG ("entre les murs) qualifiés de meilleurs espoir du cinéma  et LEA DRUCKER.

Traité sous forme de comédie burlesque moderne, ce film traite d'un problème que l'on rencontre dans de nombreuses familles qui vivent une séparation compliquée avec des enfants au milieu. Quand il retombe amoureux selon la formule "chat échaudé craind l'eau froide" et qu'en plus c'est un vrai modeste gentil sous un aspect de "dur à cuire" (c'est un prof que les élèves respectent), on comprend que pour lui c'est pas simple de tourner la page pour reconstruire autre chose avec une autre personne tout en repartant de zéro avec ses deux filles ados qu'il à longtemps abandonné à la garde de sa belle soeur obsessionnelle avec en plus un enfant qui n'est pas de lui mais que son ex lui a laissé (aprés 6 ans de séparation). Comme Yvan dit dans le film " J'ai un vrai souci...je ne suis pas fou".

C'est la présence de cet enfant de 6 ans qui va forcer la carapace de l'indifférence et replis sur soi dont il s'était affublé pour survivre à l'éclatement de ce qu'il pensait être sa famille idéale et à la dépression qui s'en était suivie. La rencontre avec une jeune prof d'art plastique Emmanuelle, une femme décalé va peu à peu achever de rendre Gentil l'homme qui se cache en lui: "Emmanuelle est une femme idéale, positive sans jamais être naive. Indépendante, tout à l'air simple parce qu'elle essaie toujours de tirer le meilleur de situations difficiles. C'est tellement rare des personnes comme ça" (Vanessa Pardis). Ce personnage va apporter de la lumière et du soleil dans la vie d'YVAN.

On considère qu'un film  qui se veut une comédie est réussi quand on y trouve dedans de la joie, de la tristesse et beaucoup de tendresse: "Cecilia est très proche du personnage que je joue, dit Vanessa, tout en sourire, en générosité et en délicatesse. En revanche c'est une femme forte sur le plateau. Travailler avec une femme comme elle, on se permet plus de choses. Il y a une psychologie qui nous est commune...C'est une expérience plus interessante, j'adore la nouveauté. Denis Ménochet est un grand costaud avec un sourire d'enfant et des yeux bleus incroyables, plein de gentillesse et de délicatesse... Il n'y avait que des gentils sur ce tournage".

C'est un premier film et donc avec quelques imperfections et des qualités, suffisamment inventif pour sortir de la simple comédie romantique; à déguster tranquillement dans une salle climatisée cet été:

"Je me suis fait tout petit devant une poupée

qui ferme les yeux quand on la couche

je me suis fait tout petit devant une poupée

qui fait maman quand on la touche

J'étais dur à cuire elle m'a converti

la fine mouche

et je suis tombé tout chaud, tout roti

contre sa bouche

qui a des dents de lait quand elle sourit

quand elle chante...."

G.B

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