ASGHAR FARHADIASGHAR FARHADI est né en Iran en 1972. Il a d'abord intégré l'institut du jeune cinéma avant de pousser dans l'Université de Théhéran pour en ressortir avec une maitrise de la mise en scène qui lui a ouvert les portes du theâtre, de la télévision et du Cinéma. A ce jour il a réalisé 6 courts métrages, 2 series télévision et 5 longs métrages. C'est son dernier long metrage : "UNE SEPARATION", sorti en 2011, qui lui a valu la pleine reconnaissace de son talent de réalisateur au niveau international. A travers son travail on perçoit mieux la réalité de l'Iran actuel et ses problèmes:

" il n'y a pas en Iran de distinction de classes bien établies; on a conservé les moeurs et la culture du milieu dont on est originaire. On tient compte dans la société moderne des biens, des revenus mais pas nécessairement du niveau de culture pour se situer dans la classe  pauvre, moyenne ou riche. Les moeurs son inhérents à nos millieux respectifs mais les femmes sont beaucoup plus engagées dans la vie sociale, elles sont plus volontaires que les hommes. Elles luttent davantage pour retrouver leurs droits; elles sont plus resistantes et déterminées.

La vie dans Théhéran est trépidante. Il y a de la tension et de la nervosité en fonction des évènements  qui se succèdent et forment les petits moments qui rendent la vie véloce en la chamboulant. Le rytme saccadé dans " une séparation" est une façon symbolique de montrer cette vie trépidante.

J'essaie de faire des fictions qui soient proches de la réalité actuelle avec des histoires nourries de ces rapports humains pour qu'elles soit accéssibles par le plus grand nombre, au delà des frontières géographiques, culturelles et linguistiques. Mon but est de susciter des interrogations en laissant au spectateur le soin de trouver les réponses. On peut rentrer dans mes histoires par différents biais, en fonction de sa sensibilité et en tirer sa propre interprétation. Mon ethique est celle des relations humaines et du drame humain.

Qui peut dire qu'un acte est moral ou immoral? Tout le monde a ses raisons. Les critères de morale actuels ne permettent plus de juger les gens, on juge sur les actions, sur les intentions mais pas sur l'ensemble. La morale se fragilise, c'est difficile à l'appréhender.

Le cinéma est une vision partielle de la réalité, c'est pourquoi dans mes films je multiplie les points de vue. Le cinéma par essence est un art dictatorial: le metteur en scène dicte au spectateur ce qu'il doit regarder, j'essaie de lutter contre cet esprit là pour faire un cinéma démocratique; Politique?

J'ai toujours essayé de ne pas concevoir des personnages qui soient totalement négatifs. La conception du héros et de l'anti- héros est une conception désuète et artificielle. Je ne dis pas à l'acteur que je choisis ce que je souhaite faire, je crée le contexte pour qu'il apporte lui même, spontanément, ce que je cherche. J'essaie de transformer l'acteur de l'intérieur pour que son extérieur se mette au diappason. Je choisis un acteur plus pour ses capacité que pour son apparence physique ou son visage. Le comédien n'a pas besoin de connaître le sens général du film, il doit se concentrer sur la personnalité et les motivations du personnage qu'il incarne. J'attache beaucoup d'importance aux répétitions.

Pour chaque scène que je tourne je respecte les 3 règles du théâtre: Unité de temps, de lieu, d'actions. Je n'impose pas une vision frontale. Je fais un découpage du film en scènes bien autonomes; temps réel et décor unique comme au théâtre "ta'zieh". C'est au spectateur d'imaginer ce qui se passe dehors, un peu comme dans un documentaire.

Je ne cherche pas à éviter le côté narratif, je fais un mixage, suspense, réalisme et théâtre en essayant de doser le volume pour ne pas me priver de la potentialité de chacun de ces trois éléments, ni pour qu'aucun prenne l'avantage sur les deux autres."

Voilà grosso-modo, en essayant de ne pas trahir la pensée de ce réalisateur, à travers des propos que j'ai glané ici et là, ce qu'il y a à comprendre dans le cinéma de ASGHAR FARHADI.

Il a à ce jour terminé 5 films. Aprés avoir fait "danse avec la poussière" (2003) les 4 suivants traitent de divers problémes iraniens mais pas que :

Le MARIAGE (A propos d'ELLY)

L' ADULTERE (La FETE DU FEU)

LA PEINE DE MORT (BELLE VILLE) 2004

LE DIVORCE (UNE SEPARATION) 2011

C'est le succés et les récompenses accumulés pour "une spération" qui a donné envie aux producteurs de ressortir "BELLE VILLE" et de le projeter en france notamment En ce mois de juillet.

C'est un film shakespearien version Iran moderne (en jouant les roméo et juliette AKBAR a tué sa belle mais a échoué  dans son scuicide d'où sa condamnation à mort qui pourra prendre effet quand il aura atteint sa majorité). iL faut savoir qu'en Iran c'est la loi coranique qui s'applique. Comme l'explique l'iman dans le film le Coran prône le pardon mais l'homme qui gouverne lui dira que la charia est trés clairement pour le droit de se venger. Le représentant de la victime peut exercer son droit de vengeance mais pour cela il doit lui même payer l'exécution du condamné ( La mise à mort d'un homme coute deux fois plus cher que l'execution d'une femme). il peut aussi décider de faire gracier le condamné qui sera libéré. C'est le dilème moral qui se pose dans le film entre un père qui veut venger la mort de sa fille mais qui n'a pas l'argent nécessaire ( ce qui l'oblige à vendre sa maison et donc à tout perdre) et un condamné qui demande à son ami et à sa soeur de l'aider à obtenir sa grace. On le pressent rien ne sera simple. On va passer de la supplication au marchandage afin d'obtenir le rachat par le père du sang de la victime. FARHADI multiplie les questions et complexifie le tout avec des intermédiares qui après avoir tout essayé se trouvent à leur tour dans la position de roméo et julliette et un père qui finalement accepterait la grâce si on épousait son autre fille lourdement handicapée et donc promise à une vie miséreuse si personne l'épouse.

fILM d'une durée de 1h 40.