asie-info_philippines_un phasme nauséabondL'insecte que vous découvrez est le "conlephasma énignma" découvert sur l'île de Mondoro (Philippines); c'est un phasme inclassable (tête bleue/verte pour les mâles, corps orange avec des motifs triangulaires, pates courtes et pas d'ailes, la femelle est de couleur brune). Pour se défendre, il jette sur ses ennemis un liquide gluant qui sent mauvais de l'arrière de sa tête. J'ai choisi ce Phasme pour illustrer le commentaire dans mon film car comme le dit le réalisateur BRILLANTE MENDOZA: "l'envirronnement de la nature est un véritable personnage. La nature est belle et sauvage mais on ne voit pas cette toile de fond à cause de ce qui se passe pour ces gens qui sont dans une situation affreuse".

BRILLANTE MENDOZA s'est fait remarquer avec le prix de la mise en scène à Cannes en 2009 pour son film "KINATAY"et la Présidente était... ISABELLE HUPERT!. Ce n'est pas un réalisateur qui se soumet aux contraintes du cinéma traditionnel. Comme le souligne Isabelle:" Sa caméra est toujours mobile, il invente sa propre langue". Lui même dit qu'il a obligé les acteurs à rester sur place pendant les 25 jours de tournage. "Il y avait deux groupes qui étaient séparés pour instaurer un fossé culturel".

Autre caractéristique de ce réalisateur il filme toutes les séquences dans l'ordre chronologique :" pour réussir à tourner toutes les scènes de manière chronologique, j'ai légérement modifié l'ordre des évènements de manière à ce qu'ils correspondent à la proximité entre les lieux de tournage" et il a donc aménagé les séquences dans ce sens et les acteurs ne se découvrent qu'au moment où se tourne la séquence. Isablle confirme:"Quand j'ai débarqué sur les lieux je ne connaissais personne et les acteurs interprétants les terroristes étaient particulièrement effrayants". Dans son film, appelé faussement en français "Captive", il n'y a pas un otage filmée en particulier, même si elle s'appelle Isabelle HUPERT, mais un groupe d'otages qui ont perdus leur identité civile pour devenir des otages captifs et malmenés. ISABELLE s'est inspirée pour son personnage du livre écrit par INGRID BETTANCOURT (enlevée par les FARC de 2002 à 2008):"même le silence a une fin":"cette lecture m'a nourrie; l'épuissement, le sentiment que celà ne va jamais s'arrêter, le fait qu'on nous déplace continuellement" . Elle a aussi accepté de n'être ni coiffée ,ni maquillée, ce qui la rend encore plus vulnérable et crédible. Mendoza se soucie peu du montage, il monte sans couper les séquences.

le film se présente comme un mélange de fiction et de réalité documentaire, avec une réalité naturaliste qui prend le spectateur à témoin : "En tant que simple individu et citoyen ces évènements qui ont lieu dans le monde entier me semblent inquiétants". Malgré parfois son aspect sauvage, inhospitalier, la forêt  qui avait déjà servie de décor à COPPOLA pour son film "APPOCALYPSE NOW" sert ici aussi de fond de décor car, nous dit le réalisateur: "ça beauté est par moment une condition d'espoir".

MENDOZA ne cache pas qu'il a eu des difficultées pour trouver le budget nécessaire, même si les soldats Phillipins ont joués leurs propres rôle en veillant seulement à ce que leur intervention ne soit pas éloignée de la vérité. Il qualifie son film de "trés politique qui aborde des questions délicates." Il a essayé d' être le plus réel possible. Son film est inspiré des évènements sur la prise d'otage qui a eu lieu dans l'hôtel DOS PALMAS à PALAWAU en 2001 par le groupe islamiste terroriste Abu Sayat (GAS) qui appartient au Jhihad scéssionniste des Philippines. Comme il le précise le "scessionnisme" dure depuis 2 générations et il n'y a aucune fin en vue, en grande partie parce que les militaires tirent profit de ce conflit (des officiers vendent des armes et des munitions aux rebelles et empochent des commissions sur les contrats d'approvisionnement en armes). GRACIA ET MARTIN BURNHAM ont fait parti des victimes américaines en 20O1 (Martin a été tué par l'armée philippine pendant l'assaut). GARCIA a depuis racontée son histoire dans un livre "en présence de mes ennemis"; Mendoza ajoute dans "captive" il ya que 25% d'éléments fictifs: "j'essaie de travailler comme un journaliste, de présenter la situation sous le plus d'angles possibles quelques soient mes convictions. Un cinéaste n'a pas le droit d'interférer avec la vérité. Captive n'est pas un film sur le combat d'un groupe terroriste, c'est un film sur l'humanité, même s'il ne propose pas de solution au conflit. Chacun est prisonnier de sa propre cause. C'est un tableau d'ensemble que je présente"

Dans son histoire qui dure 122 mn, MENDOZA n'hésite pas à dénoncer le terrorisme et le kidnapping des islamistes du JIHAD PHILIPPIN et montre de la manière la plus réelle le long calvaire subit par les groupes d'otages.

A travers le personnage de Thérèse, on mesure l'interprétation personnelle que les ravisseurs font du Coran, leur ambition, leurs craintes et leurs faiblesses car par moment ils peuvent être violents et dans d'autres circonstances compatissants. On prend conscience aussi de la misère de ces villages isolés où la communauté musulmane n'a même pas accès à une éducation scolaire:"Nous avons été insensibilisés et rendu amnésique par une abjecte pauvreté matérielle et lorsqu'on est confronté à ces dures épreuves les situations échappent à notre contrôle" (Isabelle court derrière le "saumanok" qui est l'oiseau porte bonheur des musulmans du Sud est asiatique)

C'est un film qui est nécessaire pour la mémoire.

Ps: si vous voulez encore mieux comprendre l'actrice qu'est ISABELLE HUPERT, je vous conseille d'aller voir sur le blog de Laure les 2 vidéos du film réalisé par France 5 pour son émission "EMPREINTES" face à la caméra

http://laurkadesol.blogspot.fr/

 

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