hijackingLes films de l'été comme HIJACKING et un peu plus tard CAPITAINE PHILLIPS traitent d'un même sujet qui a fait la une de l'actualité il y  a deux, trois ans; à savoir l'abordage des tankers frigorifiques qui traversent les mers lointaines avec les équipages pris en otage afin d'obtenir une rançon. Il parait que si au début ces actions de piratage étaient le fait de pauvres pêcheurs, depuis la Mafia Russe avait pris le relais en finançant ce genre d'action par la fournitures d'armes et de vedettes rapides. Les pauvres pêcheurs qui avaient trouvés là le moyen de s'enrichir sur le compte surtout des bateaux de milliardaires en croisière, ont par la suite payés des plus pauvres qu'eux pour agir à leur place. La communauté internationale a commencé à s'agiter quand les pirates s'en sont pris aux gros bateaux frigo transportant des marchandises au risque de perturber le commerce

Le premier film qui sort est le fait du réalisateur Danois TOBIAS LINDHOLM dont c'est le deuxième long métrage mais qui auparavant s'était illustré sur le petit écran avec la série BOGEN . Il a non seulement brûlé la politesse à l'Américain PAUL GREENGRASS en soulevant l'intêret des  cinéphiles de la Mostra de Venise ( 2012) mais il a aussi remporté plusieurs prix dont la FLECHE DE CRISTAL et le prix d'interprétation Masculin à SOREN MALLING qui tient le rôle de Pdg négociateur et le BODIL (César du DANEMARK) pour PILOU ASBEAK . Ce film de fiction a été tourné au larges des côtes kényanes en 3 semaines sur un bateau protégé par des gardes armés (L'histoire est censé se dérouler au large de la Somalie) avec beaucoup d'acteurs amateurs et l'acteur fétiche de "BOGEN une femme de pouvoir" : PILOU ASBEAK (avec moins de barbe).

TOBIAS LINDHOLM a voulu un film le plus réaliste possible pour bien rendre compte de ce thriller en vase clos avec une mise en scène humaine qui donne toute sa dimension humaine aux sept otages face au marchandage des armateurs qui veulent surtout préserver leur cargaison et se soucient bien peu de la vie des membres de l'équipages comme si elle ne valait pas les 5 millions de dollars réclamés par les pirates. Ici pas d'effets spéciaux, par de scènes avec l'angoisse des familles pour arracher les tripes émotionnelles des spectateurs, pas d'effet musical pour enlever le tout mais la froideur norvégienne de la réalité dans toute sont horreur.

Le spectateur a le sentiment d'être au coeur de l'action avec les otages pendant ce marchandage qui leurs fait vivre une terrible guerre des nerfs dont on ignore comment ça va finir. Nul doute que la version américaine sera toute différente avec leurs gros moyens budgétaires pour mettre en avant le CAPITAINE PHIllIPS (TOM HANKS) et l'armada Hollywoodienne. Il suffit de regarder les deux bandes annonces pour noter la différence de mentalité entre le cinéma Européen et Américain.

Durée du Film: 1 h 39

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PS: La semaine passée le ministre de la culture (Aurelie FILIPETTI) et celui du travail ont ratifiés la convention collective du CINEMA qui avait été élaborée en janvier par 5 organisations syndicales et l'API des employeurs qui fixe les conditions de travail et de salaires des métiers du cinéma. Ce projet était soutenu par plus de 4000 techniciens et réalisateurs alors que la CFDT voulait  un autre texte avec le soutiens de 1000 producteurs. Cela  va mettre un frein au fait, souvent répandu dans le milieu, de payer 8h pour 12 heures de travail avec des quotas de 5 à 6 h de dépassement par semaine qui aggrave la précarité. Cette convention devrait aussi faciliter la contrainte des distributeurs qui impose une plus grande diversité de diffusion des films en salles pour permettre à tous les film de pouvoir exister et être montrés. Le texte qui a été rejeté prévoyait, lui, un salaire variable décidé par les producteurs avec une partie fixe et une participation aux recettes du film. Le projet retenu impose le respect du travail et  de la rémunération pour ceux qui font les films: les techniciens et les réalisateurs.

D'autre part, Bruxelles à donné le feu vert à la France pour renforcer le système du crédit d'impôt afin d'attirer les tournages de films. C'est un combat pour l'exception culturelle européenne. Les opposants à la convention disent craindre qu'elle permette que plus de films se tournent à l'étranger, mais comme l'a dit la Ministre:"la question de la délocalisation ne se traite pas par des sacrifices sociaux, il vaut mieux se battre pour l'amélioration du dispositif, exception culturelle ne veut pas dire exception sociale". L'exception culturelle française est aussi la meilleure façon d'empêcher que le cinéma Hollywoodien écrase les petites productions françaises qui en qualité artistique sont une référence mondiale.

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