3457963_6_d8f4_matt-damon

ll n'y a pas à aller loin, même en vacances, pour se rendre compte qu'il y a d'un côté ceux qui ont tout et ne font rien et ceux qui ont rien et qui font tout; Marx avait déjà de son temps bien cerné le problème du capitalisme industriel qui s'est mondialisé avec le libéralisme. NEIL BLOMKAMP avait, en 2009, filmé une fable sur l'Apartheid (DISTRICT 9) dans laquelle les extra terrestres venaient envahir un bidon ville d'Afrique du Sud. Avec 30 millions de dollars son film en avait rapporté 7 fois plus!.

Normal que les producteurs américains aient mis ce réalisateur Sud-Africain dans leur filet et lui demandent, 4 ans plus tard, de remettre le couvert en quadruplent la mise avec "Elysium". Oui mais voilà, la poule aux oeufs d'or du BLOCKBUSTER a dû se plier au regard hollywoodien des maîtres du beesness cinématographique, bien qu'il prétende n'avoir "laissé personne gâcher ou modérer ses idées de fims, en précisant cependant:"l'intégrité et la créativité sont remises en question lorsqu'on est motivé par l'argent". Résultat: la lutte de classes  se réduit à un héro qui se bat pour sauver sa peau et une chef de station spatiale, froide comme un congélateur, qui ne veut pas que les clandestins terriens viennent envahir Elysium même pour se faire soigner.

L'intrigue s'est réduite à un scénario simpliste pour faire un maximum de place aux actions violentes et à un complot politique qui ne mange pas  de pain. MAT DAMON, Toujours beau gosse,(mais guère convainquant en ouvrier du 22é siecle) n'a pourtant pas lésiné à la tache; il est même allé goûter les immondices du bidon ville mexicain censé représenter le quotidien de notre future planète en 2154. JODIE FOSTER de son côté a versée une larme sur " le fossé qui se creuse un peu plus chaque année, ces 20 dernières années plus qu'en 500 ans!"; pour elle ELYSIUM est "un film sur l'envirronnement et la façon dont nous traitons la planète"(MARX revient on a les mêmes à la maison!).

La station High tech des milliardaires a été construite en un an à VANCOUVER ( ville dont est originaire le réalisateur) par 150 ouvriers-techniciens, mais vous ne verrez pas beaucoup qui sont les résidents privilégiés qui n'intéressent personne et qui ne font pas grand chose sinon s'en remettre à des droïdes pour mener une vie de pacha orbital. Blomkamp a pris soin de nous préciser qu'il ne s'agit pas, pour lui, d'un film d'anticipation mais d'une METAPHORE. C'est vrai que ça ne ressemble pas non plus aux habituels fantasmes de l'apocalypse des américains qui se délectent de science-fiction.

Côté technique on peut apprécier le choix du réalisateur d'éviter au maximum les images de synthèses pour se contenter d'une présentation 3 D. Côté acteurs, à part la vedette mi homme, mi machine (il a un exosquelette dans le dos) c'est difficile de dialoguer et se mettre en valeur face à des androïdes et Jodie FOSTER doit se contenter d'être une belliqueuse gardienne de la lointaine station spatiale où tout est robotisé pour assurer confort et tranquillité.

Au final , ça reste un film de divertissement estival qui ne devrait pas avoir trop de mal à boucler sa fin de mois (les américains ont déjà remboursés 30 millions de dollars) :"La science fiction est le genre idéal pour aborder de façon détournée les difficultées de notre monde contemporain dans un univers visuel dépaysant. C'est une démarche très différente du documentaire, mais l'impact est comparable sur les consciences, du moins je l'espère"(Neil BLOMKAMP).

Durée du Film 1 H 50.

jodie

 

*