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XAVIER DOLAN fait partie de la jeune génération de réalisateurs pour qui on guète chaque sortie de film. Cet enfant terrible du QUEBEC en est à sa 4 ème tentative cinématographique sur les difficultés à intégrer l'homosexualité dans la normalité sociétale. L'idée de "TOM A LA FERME" lui est venue grâce à une pièce de MICHEL MARC BOUCHARD dont il a racheté les droits en 2011 pour en faire l'adaptation. Il s'est attaché à l'écriture du scénario après la sortie de son troisième "Laurence ANYWAYS" (2012) qui avait recueilli des avis partagés. Pour Tom il a été conseillé par le dramaturge Québécois.

 

 

tom piece

 

Dans mon commentaire sur la sortie d'ANYWAYS (voir juillet 2012) j'avais indiqué que "quelques fois une douche froide contribue à se remettre les idées en place si on sait tirer les leçons de ses erreurs". Même s'il n'est pas complètement tiré d'affaire avec ce quatrième long métrage, on peut constater quelques bonnes corrections comme par exemple la durée du film  écourtée qui évite que son rythme lent traîne trop en longueur et tourne en rond, ce qui pour un thriller psychologique n'est pas du meilleur effet sur le spectateur (40mn de moins que le précédent); mais là où le dramaturge avait tout ficelé en 10 scènes, Dolan n'a pas pu faire mieux que 113 :pourtant dit-il " j'ai fait des choix, certains plus ardus que d'autres". Sa mise en scène (champ, hors champ) ne souffre d'aucun reproche: "j'ai fait une alternance de gros plans et de plans larges très simples, on pose les caméras et on y va", le décor de cette ferme agricole entourée d'un immense champ de Maïs avec des feuilles aiguisées comme un couteau plonge ces funérailles dans une ambiance à la HITCOCK et VAN-GOGH (il ne manque que les oiseaux).

Pour accompagner son film, il a confié la musique au compositeur GABRIEL YARED: "j'ai compris tout le style de l'être à travers ses extravagances baroques; je crois qu'il s'agit pour lui que d'impulsions instinctives mais son aptitude, son aisance à accepter le classicisme là où il le fallait, donne à mon film sa sensualité, comme son souffle"

 

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Là où ça pêche encore un peu c'est que s'il s'en est bien tenu à l'histoire comme la priorité des priorités il s'est un peu trop attardé sur l'auto contemplation de sa personne à travers le personnage qu'il incarne (Tom) en n'insistant pas assez sur l'élément clé de la famille Françis (PIERRE YVES CARDINAL) et sur les deux autres personnages principaux de cette histoire Agathe la mère (LISE ROY) et Sara (EVELYNNE BROCHU) , alors que dans son précèdent film il y avait beaucoup de séquences consacrés aux personnages secondaires. (ROY et BROCHU étaient déjà dans la pièce de théâtre). Petite consolation, en bon comédien et réalisateur, il semble s' être assagi en étant plus ce jeune play-boy arrogant qui pestait parce que son film n'était pas retenu dans la sélection pour la palme d'or à Cannes:"je ne suis pas obsédé par les choses que j'ai pu vivre, mais on écrit toujours mieux à partir de ce qu'on connait. A mon age, je me méfie des terrains trop inconnus. Cela dit, le défi de réaliser un Thriller, de tenir un rythme et de réprimer mes pulsions pour être à l'écoute d'un texte me convenait".

 

tom juge

 

L'histoire de Tom est celle d'un jeune publiciste homosexuel qui va dans une ferme reculée du Quebec pour participer aux funérailles de son petit ami. Le problème est que la famille ignore tout du passé homosexuel de ce fils décédé. Le frère aîné qui est tout le contraire, veut à tout prix laisser sa mère dans l'ignorance  pour aussi sauvegarder ce qu'il pense être l'honneur de la famille; il va faire vivre le calvaire à Tom. Tout va basculer dans l'horreur malsaine du mensonge pour étouffer toute ouverture d'esprit sur ce qui est moral ou pas. Comme il est dit dans le film: "Avant d'apprendre à aimer les homosexuels, il faut apprendre à mentir" si on veut se faire bien voir de celles et ceux qui aujourd'hui encore s'opposent à l'avortement, au mariage pour tous, au respect des différences....

Un bon film qui montre que tous les tabous ne sont pas encore levés.

Durée du Film 1h 40

 

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