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Philippe VILAIN est un docteur en lettres modernes qui enseigne à l'université. Il a un penchant pour l'étude de la question de la conscience amoureuse des humains qu'il traduit en livre à travers le roman pour rendre accessible au grand public le sujet traité. Son livre "pas mon genre" (Grasset 2011 188pages 15 €) explique que, contrairement aux idées reçues, l'AMOUR ne se moque pas des différences culturelles et sociales.

 

son genre film

 

De son côté, LUCAS BELLIVAUX est un réalisateur Belge qui aime faire des films qui engage la discussion. Jusque - là c'était beaucoup à travers le polar, la violence. Pour son 9 ième film, il s'en est remis à l'adaptation d'un livre de PHILIPPE VILAIN. C'est déjà en soi une rencontre des "contraires"; chacun porte la contradiction à l'autre auquel il se sent attiré et au final ça devient un problème philosophique cinématographique.

BELLIVAUX a été très respectueux du texte, il a simplement mis l'égalité dans les genres  (dans le livre c'est l'homme qui raconte) afin d'éviter la division que cela sous entend d'entrée. Dans le film les "contraires" sont différents dans leur manière de concevoir la vie mais identiques pour ce qui concerne l'amour, du moins au début. C'est un amour Dualiste capable de surmonter les différences.

 

son genrerere

 

EMILIE DEQUENNE incarne une jeune et jolie femme fraîchement divorcée, maman avec un enfant, qui exerce le mêtier de coiffeuse. Elle se plaît dans son milieu des gens ordinaires et ne cherche pas à en sortir, ses distractions culturelles sont la lecture des magazines people et la fréquentation des boites de Karaoké où elle peut se distraire en chantant et dansant. Elle aime aussi aider les jeunes apprentis du salon à entrer dans la vie d'adulte.

 

son genre

 

LOIC CORBERY et lui un jeune prof de philosophie obligé de quitter Paris pour aller enseigner à Harras (Pas de Calais). Sa passion a lui c'est de lire les grands penseurs classiques; pour lui la philosophie est "un sport de combat qui doit permettre de ne pas se laisser manipuler". Comme lui dira la coiffeuse: sorti de là "Il ne sait plus rien dès qu'on parle de sentiments".

 

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Jennifer est vraiment tombée amoureuse de ce beau garçon introverti, mais le fait qu'il soit un Prof ne l'émeut pas plus que ça; au contraire, avec son optimisme elle va essayer de l'enmener à opter pour son lieu et sa façon de vivre la modernité. Clément est aussi vraiment amoureux de cette fille mais ne se sent pas de sortir de son univers qui est une sorte de barrière culturelle. Les deux contraires s'attirent en entrant l'incertitude confuse des sens. Ils ont grandis dans deux univers opposés alors que  l'univers est une unité indissoluble et indivisible . Le film donne à penser qu'il n'y a pas d'idéal amoureux humain; l'accouplement des contraires ne résiste pas à l'usure du temps qui passe, mais chacun à son libre arbitre.

 

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EMILIE définit JENNIFER comme une "femme positive, pétillante,fraîche, pimpante; qui possède une intelligence de la vie". On se demande comment un type suffisamment intelligent pour enseigner aux autres la philo fait pour ne pas craquer et rester renfermer dans son monde d'intello à lire KANT, PROUST et ZOLA sans jamais AGIR. Avouez qu'il y a de quoi haïr ces "indifférents", Non ?.(forcement que ça risque de mal tourner surtout que le réalisateur est persuadé qu'il est impossible de s'aimer, même dans une ville tranquille comme HARRAS, si on ne tient pas compte des vents contraires qui nous portent).

Le choix de HARRAS comme ville décor est un bon choix de Philippe Vilain repris pas Béllivaux (elle avait été détruite pendant la première guerre mondiale). Ça lui permet de soigner le détail sans que le spectateur soit détourné du sujet par les jolis endroits. Pour ce film on a recruté 900 figurants (90€ la prestation).

Le titre laisse sous entendre que le "genre" qui sert aussi bien pour la classification des espèces et familles des vivants (humains, animaux...) que pour identifier le sexe (le genre masculin, ...) et aussi pour se classer dans un mode d'ativité et de vie (en se donnant parfois mauvais genre), ce mot genre marque aussi une division en amour, comme quoi on ne doit aimer que ce qui nous ressemble, que ce qui est issu du même milieu de  vie (qui a la même culture, la même religion). Ca sert aussi à justifier l'injustifiable ( les exemples sont nombreux, partout où on se fait la guerre; dernier exemple en date l'Ukraine). Voilà pourquoi je ne partage pas les certitudes de VILAIN et BELLIVAUX (ce qui ne m'empêche pas de trouver le livre et le film très intéressant). Quand je vous disais que ce genre de film qui parait anodin pouvait nous entrainer dans des discussions sans fin! 

Durée du film 1h 50

 

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