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"BIRD PEOPLE" est l'idée contraire de "The ROVER"; pourtant les deux sont parti de la réalité du monde contemporain et les deux réalisateurs se sont croisés à Cannes pendant le festival;la première était en compétition dans "un certain regard" et le deuxième en hors compétition. PASCALE FERRAN, la Française en est à son quatrième long métrage avec de longues interruptions entre: "j'ai besoin d'une nécessité impérieuse pour faire un film"; le second est un Australien, encouragé par hollywood, qui s'est investit dans son second film émotionnellement parlant. Tous les deux sont des créateurs indépendants. Mais alors que le second est pessimiste par intelligence pour le futur  immédiat, Pascale FERRAN pense qu'il est encore possible de tout imaginer et pourquoi pas quelque chose de meilleur pour le futur? " A chacun (e) de construire sa propre expérience, saisir les opportunités qui se présentent et les assumer pleinement".

Pascale-Ferran

Pascale-Ferran

Elle savait ce qu'elle voulait faire: " je voulais parler de l'état du monde actuel, de la pression, des contraintes insensées qui pèsent sur les individus. On est submergé par les choses futiles et incapable de gérer les problèmes de fond. Je me suis identifié à Gary, à sa souffrance, à son malaise, à son questionnement. Je ne suis pas à plaindre et pourtant parfois j'ai envie de tout arrêter pour partir et recommençer ailleurs. La liberté à un prix, mais renoncer à tout est un mal nécessaire si on veut sauver sa peau".

 

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Pour illustrer cela cinématographiquement dans son film elle a choisit de situer l'action dans un AÉROPORT car :"c'est un lieu de passage, de transit déprimant et démesuré où les êtres humains, enfermés dans leur bulle, se croisent mais ne se voient pas. Sans avion à prendre, j'observe le ressenti de cette immense solitude de la population ; touristes qui débarquent des quatre coins de la planète, personnel naviguant, milliers d'employers qui assurent le bon fonctionnement de cette infrastructure gigantesque, les SDF, le tout d'une incroyable complexité..(.Les gens courent sans se parler:" Les gens sont fous; dit Gary, ils courent en tous sens comme des lapins sans tête"), parlent dans le vide, enfermés dans la routine. Ici agit l'appel du vide. Et quand la folie du monde (les tours Center) vous rattrape alors qu'on rêve d'être PETER PAN on se dit: Je plaque tout".

 

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Pour faire le pendant à GARY (JOSH CHARLES) cet américain, homme d'affaire en Informatique, qui a décidé de tout quitter et de partir loin, la réalisatrice a mis une femme: Audrey (ANAIS DEMOUSTIER)une étudiante Française, femme de chambre d'un hôtel sélect, est une fille joyeuse, curieuse, imaginative, espiegle qui nourrit une ambition secrète et qui ne veut pas être une victime.

 

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PASCALE va s'efforcer de donner une image de la réalité du monde, gris sombre, sans produire d'éffets pessimistes sur le spectateur qui regarde. Donner une idée exacte de l'incommunicabilité. Elle demande seulement qu'on soit disponible en venant voir son film, suffisamment pour se laisser porter comme dans un voyage sensoriel, accepter d'être étonné, vivre celà comme une expérience, ne juger de rien. Se laisser conduire par ce moineau symbolique (c'est plus facile au cinéma de se servir visuellement d'un oiseau solitaire que d'une mouche, même si on dit toujours "je voudrais être une mouche pour tout voir", ou même d'un chien comme Godard).

 

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A mi-parcours, elle fait en sorte que ça bascule dans le surnaturel pour surprendre les derniers récalcitrants en donnant de la fraîcheur à son regard de metteur en scène. On passe dans une sorte de futur imaginaire ou la logique bifurque, s'échappe, fait des détours. Le découpage sort du traditonnel pour devenir une "logique visuelle, une chorégraphie polyphonique" pour reprendre l'expression d'une critique . Écrire le mouvement était l'idée première du cinéma. Cette deuxième partie est une ode à la liberté du moineau.

 

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Laissez - vous vous envoler dans l'imaginaire de PASCALE FERRAN qui vous décompose comme le ferait Léonard de Vinci le mouvement de l'oiseau en vol.

Durée du Film 2 heures 08. 

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