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L'URUGUAY, comme beaucoup de pays, fait du problème de l'éducation de ses enfants un enjeu national qui comme partout divise. Ici, cela fait suite à la nécessité de tourner la page après la dictature militaire de 1973 à 85 qui avait instaurée une éducation rigide et obsolète. Aujourd'hui une majorité d'enseignants et de parents souhaitent voir mettre en place un enseignement plus conforme à la réalité d'aujourd'hui mais non dépourvu d'une certaine morale qui aide à l'épanouissement des enfants pour trouver leur voie vers le monde adulte. Les livres de jeunesse illustrés facilitent souvent cette ouverture au savoir et à la lecture sans qu'ils apparaissent comme rébarbatif; mais qu'un Monsieur  comme ALFREDO SODERGUT, uruguayen de Montévidéo, décide de pousser plus loin la recherche en proposant un film de dessin animé pour enfant et adulte, voilà qui ne peut que ravir les férus du 9ème Art.

cour d'ecole

Cette découverte heureuse a été faite par MICHEL OCELLO (KIRIKOU) après quoi, il a aussi conseillé les dessinateurs Uruguayens engagés dans l'aventure d' "ANINA" a parfaire ce travail qui reste artisanal :dessins fait main, numérisés et découpés pour donner un effet "élastique" à l'animation. Forcement que le résultat se rapproche plus du style Kirikou que de celui du dessin animé Américain, même si ce réalisateur émérite dit que pour créer son univers visuel il s'est inspiré de la façon de faire d'un FRITZ LANG, MYAZAKY et OCELLO : " J'ai été épaté par le courage de Sodergut pour réaliser ce film d'animation dans son pays où ce type de création est un tour de force" (Ocello).

colere

 Pour l'écriture du scénario Alfrédo s'est inspiré de la lecture d'un livre de SERGIO LOPEZ SUAREZ faite en 2003 en faisant une sorte de palimpseste avec son histoire de palindrome d' ANINA. Là encore le scénario est le fruit de la collaboration de plusieurs personnes (5).

television

Le sujet tourne autour de l'éducation d'une enfant -ANINA- qui n'aime pas que des élèves comme elles se moquent d'elle en transformant son prénom en Éléphant. D'où forcement une bagarre à  la récrée, convocation chez la directrice suivi d'une punition. La punition en question est assez inhabituelle puis qu'elle consiste à garder pendant une semaine une enveloppe cachetée sensé contenir la punition en question. Anina va donc chercher avec sa copine à comprendre ce que la Directrice à bien pu mettre comme punition sans avoir besoin de décacheter l'enveloppe. Sans le savoir à travers son enquête et les questions qu'elle pose à son entourage familial, Anina se découvre elle même. Elle va évolué peu à peu, par rapport au rejet qu'elle fait de son prénom...

bus

Anina incarne cette nouvelle façon de s'éduquer à l'école : chercher à comprendre sans tout savoir d'un coup. Sodergut s'est inspiré pour ses personnages des dessins de l'illustrateur du livre, en y ajoutant une modernité esthétique un brin surréaliste et des couleurs chaudes qui reflètent bien cette vie nouvelle en URUGUAY qui garde des valeurs ancestrales et simples afin que le spectateur adulte et enfant aient l'impression de faire aussi une découverte touristique comme on voit quand, dans des grandes foires internationales, il y a un stand de ce pays avec quelques spécificités qui rendent compte du quotidien.

les fantomes

Certain des critiques ont trouvés que ce film faisait un peu trop cours de morale comme si le cinéma d'animation américain n'était pas encore plus moraliste voir idéologique ! Personnellement je partage le point de vue d'Ocello qui est de dire que "Çà fait du bien aux enfants qu'ils découvrent qu'il existe autre chose en matière de dessins animés que les contes des super productions" et que c'est tout autant divertissant et parfois même plus intéressant. Pas sur que cette ligne épurée des dessins ne fasse pas la joie des tout petits pour sa simplicité à pouvoir les reproduire et les coloriés comme on pratiquait jadis.

Pour les petits et les grands qui aiment les découvertes.

Durée du film 1 h 20

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