MOB DIV

Décrocher une "CAMÉRA D'OR" pour son premier long métrage n'est pas donné à la première venue. HOUDIA BENYAMINA est une française de la banlieue parisienne diplômé de l'ERAC (École régionale d'acteurs de Cannes). Avec son diplôme en DNSPC et le I an d'aide de la FIJAD, elle crée en 2006: 1000 visages, un atelier d'écriture à la grande Borne pour démocratiser le cinéma. Dès la réalisation de son premier court métrage elle est repérée par un producteur (Marc BENOIT CREANCIER) ce qui l'encourage à poursuivre avec un moyen métrage (Sur la route du Paradis) primé dans plusieurs festivals. Normal qu'elle envisage après ça un film long métrage mais déjà rien que l'écriture du scénario prendra 3 ans avec l'apport de ROMAIN COMPINGT qui l'aide à préciser les scènes qui incarnent le coeur du sujet: "C'est pour moi le véritable scénariste de mon film; il a su s'approprier les thèmes, les lier à la narration pour faire une véritable universalité de mon histoire. Il est intervenu à toutes les étapes du film jusqu'à réécrire des passages dans la salle de montage". Tout ça, pour bien comprendre que bien débuter au cinéma c'est possible mais ça demande quand même pas mal d'études en amont.

 

NOIRE ARABE

 

 

REAL DIVINE

BENYAMINA pense que le cinéma est un art complet qui peut servir à poser des questions pour déboucher sur la réflexion. Au départ son idée de film part toujours d'une situation qu'elle trouve injuste: "Il faut avoir une structure narrative forte puis avec l'émotion et le mouvement on peut faire naître la Réflexion...Le cinéma doit être aussi  un acte politique, car pour moi la politique doit rester individuelle".

Pour "DIVINES", au départ, ce sont les émeutes des banlieues de Paris de 2005 qui lui ont inspirée l'idée de ce film: " J'ai raisonné mes proches mais j'avais moi aussi envie de sortir et de tout défoncer. Ensuite je me suis demandé pourquoi cette colère n'avait pas abouti à une véritable révolte? Mon film est un constat pas une révolte. Mon besoin de créer vient toujours d'un sentiment d'injustice."

 

DIV TATOU

 

L'histoire de ce film est celle de quatre personnages qui résument l'image de la banlieue. Ici c'est Evry où se côtoient Les trafiquants et la religion.

A 15 ans Daunia en a marre de vivre dans un taudis avec les ROMS et d'être considérée comme une "bâtarde". Elle rêve comme beaucoup de jeunes de son âge d'une vie de rêve au soleil, d'un long séjour paradisiaque au volant d'un bolide décapotable. Mais elle sait que pour arriver à ça il va lui falloir grimper tout en haut de la face illégale de la société. Alors avec  sa meilleure amie Maïmouna elle décide de tout faire pour changer de vie. Pas question de continuer à zoner en BEP d'accueil en se contentant de faucher des sodas dans le super marcher de la cité pour les revendre pendant la récré. Elle ne supporte plus d'être dressée dans ce centre d'apprentissage pour devenir une hôtesse d'accueil à 1300€ maxi par mois; ce quelle veut c'est :"MONEY,MONEY, MONEY". Elle refuse pareillement de se tourner vers la mosquée qui ne promet que du vent. Ce quelle veut c'est du cash tout de suite. La sortie passe par la case apprentie dealer. Elle décide donc d'aller offrir ses services à REBECCA qui est une dealeuse respectée qui se paie de beaux mec et qui roule en décapotable. Comparée à REBECCA qui présente une grande autorité et sait se faire respecter dans son trafic en plein jour, DAUNIA parait bien frêle et son amie qui ne la lâche pas: Maïmouna est une femme corpulente mais d'un gentillesse absolue si bien que ce duo donne l'impression d'être les LAUREL et HARDY féminin d'Evry. Rebecca va vite se rendre compte que Daunia a "du clitoris" Comme elle dit. Daunia devient même une boxeuse pour apprendre à se faire respecter avec les poings. Elle ne tarde pas à gravir les échelons de ce marcher souterrain et à se faire beaucoup de fric en menant un début de belle vie. Cela jusqu'au jour où elle découvre un beau garçon qui s'entraine à danser le hip hop dans une salle locale.:" il m'a mâté comme si j'étais un big mac au milieu du ramadan". Ce coup de foudre va déclencher en elle un dilemme entre faut -il continuer  de chercher à s'enrichir par tous les moyens et par la violence si nécessaire où l'amour qui mêle musique et danse doit -il prendre le dessus sur les amis ? Avec cette question: l'ART est-il plus fort que l'argent ? 

 

ARGENT DIV

 

Le  casting a pris deux années et s'est passé la plupart du temps dans son atelier 1000 visages. Au départ elle a beaucoup hésité à confier le premier rôle à sa jeune soeur même si celle -ci suivait des cours de théâtre et de danse depuis l'âge de 12 ans. Mais OULAYA (AMAMRA) est têtue, elle a abandonné l'école catholique pour suivre le travail avec sa grande soeur et se mettre à la boxe; au bout d'un an, elle à remporté le rôle qui ne sera sans doute pas le dernier.

Pour son amie, HAIDA voulait une femme forte avec des formes à l'écran ;"j'ai testé DEBORA (LUKUMUENA) qui venait régulièrement à l'atelier pendant un an son endurance et son engagement, puis je l'ai préparée pendant neuf mois pour ce rôle avant de lui confier".

Quand au rôle de Rébecca (Jessica KALVANDA) Au départ elle avait pensé à un homme mais sa rencontre avec HABIBA une dealeuse elle découvre que le caïd était une meuf une femme de caractère  et d'une autorité fascinante;"je me suis beaucoup inspirée d'elle pour le rôle de Rébecca". KEVIN MISCHEL est le danseur DJIGUI).

Le film est loin d'être parfait, par moment, les critiques ont relevé qu'il manquait de justesse mais l'ensemble à bien mérité sa caméra d'Or. Il ne reste plus à HOUDA de nous montrer dans son prochain film qu'elle est capable de se sortir de son milieu des banlieues pour nous offrir une création où elle même découvrira autre chose: les injustices sont partout, ce sont elles qui engendre la violence.

Durée du film 1 h 45

BAGNOLE DIV

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