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Ca parait naturel, même pour un Canadien qui a débuté dans les films documentaires, lorsqu'on bascule dans le long métrage, de vouloir rester dans l'authenticité; reste à trouver l'idée qui fera de ce premier film un mobile parfait, c'est à dire un scénario et une réalisation qui mettent en pratique quelque chose que l'on pense connaître un peu pour l'avoir soi même véçu, ce qui limitera les imprévus et les soucis de la découverte sans toutefois annuler le sens de la création.

 

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Il semble que PHILIPPE LESAGE soit en passe de réussir son examen de passage avec "les démons": "La peur a marqué ma propre enfance. Pour ce film je me suis inspiré de faits réels en les mélangeant avec des perceptions pas toujours ancrées dans la réalité. A cet âge où on a peur de tout; le monde obscur, terrifiant, des adultes où se dévoile un monde réel imparfait, obscur, hors du temps, dans  lequel on va devoir grandir... Les démons est un sujet peu exploité au cinéma: les peurs de l'enfant. Mon intention était de me soumettre à la logique de la vie. Ma façon  de voir le cinéma a été profondément chamboulé par mon expérience du documentaire. J'ai pris conscience, derrière l'apparente banalité de la vie quotidienne se cache un nombre infini d'histoires extraordinaires, criantes de vérités et riches de sens".

Il a tenu à laisser de la place pour l'improvisation des acteurs afin qu'ils puissent s'approprier leur texte et faire ressentir au spectateur qu'il y a quelque chose qui lui parle, que ce qu'il voit s'est réellement produit. Il fallait pour cela détacher cette histoire d'un lieu et d'une époque précise afin qu'elle voyage dans le temps et l'espace.

 

assis

 

C'est l'histoire du jeune Félix (EDOUARD TREMBLAY-GRENIER) qui aborde la grande école. A 10-11ans c'est un enfant imaginatif, sensible, qui a peur de beaucoup de choses qu'il ne comprend pas encore, comme le divorce des parents, ce qu'on lui a dit sur les pervers pour pas qu'il suive n'importe qui et sur la maladie du Sida.... Dans ce tumulte il y a Rébecca (VICTORIA DIAMOND) qui est sa maîtresse d'école et sa grande soeur, qui est presque une mère pour lui. Jusqu'au jour où un de ses camarades de classe est victime d'un drame horrible....

 

MAITRESSE

 

Il est amené à côtoyer des plus grands avec qui il peut encore avoir des bribes de communications mais que surtout il observe car eux ont des préoccupations, des rapports d'ordre sexuels alors qu'eux même ne semblent pas toujours à l'aise dans leurs baskets avec la personnalité qu'ils sont en train de se bâtir. Ils vont en quelque sorte lui servir de modèle de ce qu'il faut faire pour évoluer, grandir et ne plus avoir peur de vivre dans un monde indépendant de sa volonté et de sa compréhension d'ado qu'il va devenir bientôt. C'est pour se démarquer de ce qu'il est encore aujourd'hui et parce que sa sexualité commence à le titiller qu'il éprouve le besoin de prendre ses distances avec ses camarades d'école et de jeux et qu'à son tour il exerce sa domination sur plus petit que soi. C'est ainsi qu'il affronte ses "démons" de son monde imaginaire et ceux du monde réel.

 

PLACARD

 

Le réalisateur a imprimé aux scènes de son film un rythme lent avec beaucoup de personnages mais qui, souvent, ne font qu'une courte apparition. Mis à part l'histoire de Félix, il ne développe pas grand chose pour faire un film sensoriel qui devrait pouvoir susciter l'empathie du spectateur, pour cet enfant au prise avec ses démons qu'il découvre au tout début de son adolescence sans comprendre où se situe son malaise et ses limites. la présence d'une caméra unique, souvent fixe, a un autre but que créer du suspens: " j'étais soucieux d'apporter à la mise en scène de fiction, la mise en scène de la vie qui se déploie en filmant le réel".

 

ECOLE

 

La critique Québécoise parle d'un drame fantastique relié au monde imaginaire de l'enfance. c'est sans doute pourquoi au festival du nouveau cinéma, l'association Québécoise des critiques lui a attribué son prix de la critique.

Durée du film: 1 h 58

 

nuit

 

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