eau clash

On espérait la révolution, on a eu la confusion! voilà en résumé la situation actuelle en Egypte. Les CLASHS sont permanents y compris dans toutes les familles. La xénophobie et la théorie du complot fait que n'importe qui peut vous envoyer en prison, si vous avez écrit quelque chose qui n'a pas plu ou même si vous avez produit un film qui a choqué quelqu'un. Des Egyptiens, journalistes - photographes, sont toujours emprisonnés, depuis 2013, pour avoir voulu exercer leur métier en couvrant des manifestations. la baisse du tourisme à cause des attentats, le niveau de vie qui régresse à cause de l'économie; quand on sait tout cela on comprend qu'il faut avoir un sacré courage pour faire un film ouvertement politique qui dégage une volonté de faire passer un message d'espoir aux Egyptiens à condition qu'ils arrêtent de camper sur leur position pour se réconcilier:"Si on continue on ne s'en sortira pas"dit clairement avec son film l'Egyptien MOHAMED DIAB.

 

la policeclash

 

Faire un film dans un appartement de 8 M2 avec 25 personnages (et 500 figurants pour les manifestations extérieures) voilà un autre exploit technique (Pour éviter toute poursuite, DIAB a fait construire le fourgon de police (en bois) dans le quel vont s'entasser les personnages pendant les 26 jours de tournage). La caméra était un caméra ALEXA, petite et légère, que l'on peut faufiler partout afin de réaliser de véritables prouesses.

 

1-mohamed_diab_

Faire pareil huit clos a nécessité d'autre part des mois de répétitions. Les frères DIAB (MOHAMED et KHALED) ont obtenu l'aide des acteurs pour peaufiner les personnages de chacun car au départ s'ils savaient qu'ils doivent commencer par écrire un scénario tiré de faits réels pour parler de l'Egypte contemporaine et pourquoi il est nécessaire à présent de se réconcillier si on veut s'en sortir et devenir une Egypte moderne et accueillante, il n'y avait que des bribes de scénario. Ainsi ce sont les répétions qui pour partie ont constitués le Story-board du film et facilité l'écriture du scénario. A la fin il y aura 13 versions du scénario.  Après comme disait DIDIER DAENINCQ "ce n'est qu'un travail de recherche, de mise en place des personnages, décriture..." encore faut-il avoir le talent de metteur en scène de MOHAMED DIAB, formé en Amérique, pour faire quelque chose de convaincant et de séduisant.

 

fourgon clash

 

On est au Caire en été 2013 (3 juillet), 2 ans après la révolution Egyptienne, Le Président MORSI, membre des frères musulmans, élu démocratiquement un an avant a été renversé par le Maréchal ABDED FATTAAH AL SISSI et son armée pour mettre fin aux vagues de manifestations qui ont débutées le 30 janvier. Sur la place ceux qui pensaient avoir fait la révolution avaient salués les chars militaires alors que les partisans des frères musulmans descendent dans la rue à leur tour pour demander le retour de MORSI.

 

armée

 

Dans la confusion totale qui règne la police arrête des manifestants de tout bord  et de tout âge et les enferment dans un même fourgon. On y jette même un journaliste et un photographe; quand ils demandent aux manifestants restés à l'extérieur de contacter leur rédaction du journal pour qu'on les libère, ils reçoivent en retour des jets de pierres sur le grillage en guise de réponse. Quand une femme essaie d'expliquer à la police qu'ils ont commis une erreur en enfermant son mari et son fils qui ne sont pas des frères musulmans; rien n'y fait. Après la scène des manifestations à l'extérieur et quelques contre champs sur les alentours, tout le film va se passer à l'intérieur de ce fourgon. On va voir, peu à peu, grandir la tension que suscite cet enfermement avec des frères musulmans et les révolutionnaires.De multiples différents opposent les personnes. Quand la violence éclate, la police sépare les détenus avec une lance à incendie. Surtout que le fourgon est toujours à l'arrêt en plein cagnard. Au début, les partisans des frères musulmans semblent mieux s'organiser mais avec le temps on s'apperçoit que même parmi eux tous ne sont pas d'accord, jeunes et vieux s'affrontent... Bientôt tous se rendent compte que s'ils veulent avoir une chance de sortir du fourgon vivant il va bien falloir qu'ils se parlent et qu'ils s'entraident mais ça ne dure jamais longtemps et les invectives reprennent le dessus....

 

infirmiere

 

Le réalisateur a évité de montrer les frères en train de prier dans le fourgon :" j'ai tenté de me débarrasser des controverses les moins importantes car j'ai conscience que chaque scène de mon film va être analysée, scrutée, interprétée...". Les discordes des détenus du fourgon reflètent les discordes du pays. Dans le fourgon la tension est vive et plus personne ne sait reconnaitre qui est qui. La peur et la violence sont identique au ressenti dans la population qui se renferme dans le mutisme. La révolution est un échec. L'espoir de voir un homme ou une femme qui ne représente aucun mouvement pour gouverner et faire se réconcillier les égyptiens n'est pas pour demain , Hélas. A la fin CLASH prend des allures de sciences fiction avec un feu d'artifices de lasers verts (les égyptiens adorent jouer avec).

Mohamed DIAB avait déjà réalisé "les femmes du Bus 678" qui l'avait déjà fait remarquer. ET il s'était politquement engagé dans la révolution Egyptienne en 2013. Avec ce film il confirme que le cinéma Egyptien est vivant.

Durée du film: 1 h 37.

 

revolution clash

 

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