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DEUX FILMS sortent cette semaines qui ne semblent pas aussi éloignés que ça si on part du principe, comme ils disent, que la poésie n'est pas très éloignée du rêve, le rêve de l'illusion et l'illusion de la réalité. Leurs auteurs TIM BURTON 58 Ans et ALEJANDRO JODOROWSKY 87 ANS n'ont pas eu un parcours similaires

 

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JODOROWSKY

JODOROWSKY est né au CHILI. Il fait des études de philosophie et de psychologie. A 24 ans il émigre en France, pratique le Mime et crée le mouvement "Panique" avec ARRABAL et TOPOR puis part au Mexique en 65 pour créer son Théâtre avant de se tourner vers le cinéma et créer sa société "Producciones Panicas". Son premier film surréaliste et violent est tiré d'une pièce d'ARRBAL:" FANDO ET LIS". En 70 il tourne un Western psychédélique "el topo" qui restera des mois à l'affiche des cinémas underground Américains. Faute de financement il doit renoncer à un film de science -fiction. Quand les refus se multiplient, il se tourne vers la Bande Dessinée et aujourd'hui après 13 ans et en ayant recours au financement participatif et à un apport personnel il réussit à obtenir 3 millions de $ pour réaliser "LA POESIE SANS FIN" et sans compromis.

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BURTON est un américain de CALIFORNIE; c'est un enfant solitaire qui trouve refuge au cinéma avec les films de monstres et qui aime faire peur aux voisins en leurs disant que l'invasion des extraterrestres se prépare. Il fait des études jusqu'en secondaire mais ce que l'on remarque, bien qu'il se considère comme un "Cancre", c'est qu'il est doué pour le dessin. Pour finir il se tourne vers l'étude de l'animation  à l'Institut des arts; cela lui permet de décrocher une emploi chez Disney en 79. Ce qu'on lui fait faire le passionne guère mais ça lui permet de travailler à ses propres courts métrages et écrire des poèmes. En 82, il réalise son premier film court et deux ans plus tard abandonne Disney. La WARNER BROS prend le relais. Il devient un Réalisateur mais ne fait pas l'unanimité de la critique avec son univers macabre et poétique , carnavalesque et comique  avec toujours un peu d'humour, mais comme son film qui n'a coûté que 13 millions de $ en rapporte 73 rien qu'en Amérique avec un Oscar pour le maquillage, on le laisse continuer et le succès grimpe avec "BATMAN" qui rapporte 400 millions de recette et l'oscar de la meilleure direction artistique; cela lui permet de revenir vers des films plus intimistes et à des films d'animation à l'ancienne et aussi publier un recueil de poésie. Lorsqu'il acceptera de faire "Alice" pour Disney, son film rapportera 1 milliard de $ au studio !. Il limite les effets spéciaux numériques et préfère appuyer sur les décors et son goût pour les légendes démoniaques, gothiques et sombres avec de décapités, des êtres en feu, car c'est sa façon à lui de dire qu'il préfère les morts, les monstres au bourgeois.

"Miss péregrine" confirme.

 

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JODOROWSKY est très clair sur ce que doit être le cinéma: " le cinéma est souvent un amusement, un spectacle qui est nécessaire quand on angoisse pour tout ce qui se passe. Mais le film n'est pas un amusement pour tout oublier et s'oublier. Il doit aider le spectateur à se retrouver, pas à se perdre. Je fais de l'art pour me guérir l'âme; j'ai besoin d'écrire de tout mon être pour retrouver ce qu'est l'être humain, la beau de l'être car pour moi l'être humain est beau. Mes films sont des actions poétiques pour découvrir la beauté de la vie. Vivre en poésie c'est ouvrir son esprit, c'est possible. Le film est une illusion et l'Amour un conte de fées. Le cinéma est un art qui est à la recherche de notre beauté interne. Mon cinéma vient d'une forme d'expérience."

 

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Pour BURTON:

"J'aime les contes de fées parce qu'ils renferment des images extrêmes avec leurs significations qui nous est donné à travers un filtre abstrait. Je ne sais pas trop ce que s'ignifient des mots comme "Normal","Réel". Tout ce que je fais à une signification ne serait-ce qu'à titre personnel. J'aime ce cinéma qui frappe à la porte de nos rêves et de notre subconscient. Ce que les gens considèrent comme Normal ne l'est pas et le cinéma ne l'est pas plus. J'ai toujours cherché à être émouvant sans tomber dans la mièvrerie. C'est une psychothérapie que les studios ne comprennent pas toujours. Le plus surprenant chez Disney c'est qu'ils veulent que tu sois à la fois un artiste et ou un ouvrier zombie sans personnalité. Hollywood est en fait un milieu farouchement conservateur avec des créatures marginales. Pour eux le cinéma est une industrie régentée par les colonnes "Pertes" et "Profits"; le respect que l'on porte au cinéaste dépend du résultat de ses films aux box offices.

Le meilleur moyen de croire à l'impossible c'est de croire que c'est possible".

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Le film de JORROWSKY "la poésie sans fin" est un rappel de son enfance à l'age adulte avec le choix de devenir poète. Le Chili des années 40 est un monde à l'abrit de la guerre mondiale. Santiago voit apparaître une façon de vie poétique avec des jeunes inconnus qui deviendront plus tard des maîtres de la littérature moderne d'Amérique latine. Alejandrito découvre cet autre style de vie et veut devenir à son tour un Poète alors que sa famille le voyait médecin. Il se rebelle et part vivre sa vie de bohème avec ses amis inconnus de rencontre dans le bar Iris de Santiago. Il fait la connaissance de Stella qui le pousse dans ses derniers retranchements. Quand il sort de là, il s'est affranchi de toutes les règles de simple mortel. Pour parfaire son éducation de Poète adulte il part après guerre pour Paris en compagnie d'un ami avec l'espoir de rencontrer BRETON et les autres poètes et artistes qui exercent dans ce milieu où la liberté est totale, sensuellement, authentiquement, follement.... on ne naît pas poète mais la Poésie est sans fin ; comme le cinéma, c'est une thérapeutique pour soigner son intérieur.

Durée du film : 2 h O8.

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Le film de BURTON : " Miss PEREGRINE ..." a un facteur déclencheur qui est le grand père qui a grandi;dans un orphelinat pour échapper au désastre de la guerre. Le père de JAKE lui avait raconté les contes de Miss Pérégrine et ses enfants particuliers sans lui dire de qui il s'était inspiré. A la mort du grand père alors qu'il a 16 ans, Jake découvre que le grand -père a vécu une partie de son enfance sur une île au large du pays de Galles et que peut être cela est en lien avec les contes racontés par son père; il part faire ce voyage du souvenir sans imaginer que Miss Pérégrine et ses enfants sont toujours là dans l'orphelinat et qu'ils continuent de se protéger contre de puissants ennemis extérieurs. C'est un jeune fille qui va l'aider à pénétrer ce monde magique où tout le monde est particulier, bizarre; mais si chacun est doté de pouvoirs étranges (la fille doit porter de lourdes chaussures pour ne pas s'envoler, un autre est invisible, une autre encore manipule le feu avec ses mains et un autre garde des abeilles dans sa bouche, etc) aucun n'a de super pouvoirs de super-héros et tous comptent bien sur le nouvel arrivant particulier pour les protéger des ennemis. Le danger des ennemis cachés est réel, la sécurité n'est qu'une illusion. La particularité des enfants de cet orphelinat n'est que "souffrance"...

Durée du film : 2h07

 

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