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C'est à l'école communale que l'on m'avait fait découvrir le cinéma d'animation avec des marionnettes en pâte modelé grâce au génial artiste qu'était le tchèque JIRI TRNKA et aujourd'hui de découvrir le film d'animation du Suisse CLAUDE BARRAS ;"Ma vie de Courgette", je retrouve le même émerveillement pour les marionnettes animées en volume même si elles ne sont plus en pâte modelé.

 

 

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Quand on regarde le résultat final on a du mal à comprendre le travail phénoménal et de patience qu'un tel film peut demander: 150 techniciens pour s'occuper des 54 marionnettes avec 3 costumes pour chacune et 23 bouches pour les faires parler et aussi des grands yeux expressifs avec les paupières qui clignent; 15 plateaux de tournages pour les arrières plans, le ciel, les nuages et d'autres décors traités encore par ordinateurs. Sans parler de celle qui s'occupe des réparations du corps des marionnettes (doigts cassés, têtes bancales, bras rainurés par les doigts de l'animateur, etc). Et à peine 3 secondes de tournage par jour pour chaque animateur quand tout se déroule bien. Ajouter après le tournage en STOP MOTION (image par image) les huit mois de sonorisation du tout, l'assemblage des prises sur fond avec premier plan et raccord avec les décors en arrière plans. Bref, deux longues années de galère pour 1 heure 06' de film, c'est dire si les récompenses qui s'accumulent depuis sa sortie en salle sont amplement méritées.

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CLAUDE BARRAS, pour son premier film d'animation, a tiré son idée du livre de GILLES PARIS "Autobiographie d'une courgette" (ed PLON) et pour son scénario il s'est adjoint l'aide de CELINA SCIAMMA pour obtenir une réelle structure classique et articulée de l'histoire pour bien doser l'équilibre entre l'humain et l'émotion: "C'est important de parler de la réalité aux enfants  et pas juste les divertir...Le monde n'est pas toujours facile mais c'est la réalité".

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L'histoire est celle d'un garçon de 10 ans que sa mère surnommait "courgette"; sa mère décède (elle buvait beaucoup de la bière devant la télévision mais faisait bien la purée) ; de son père, il garde l'image d'un Cerf-volant que le vent fait virevolter dans les airs. Orphelin, un policier sympa à moustache l'enmène dans un refuge pour enfants qui ont été eux aussi cabossés par la vie, mais il revient souvent lui rendre visite. Icare pense qu'il est responsable de la mort de sa mère qui est tombée dans les escaliers qui mène à sa chambre dans le grenier. Au refuge il y a là SIMON, HAMED, JUJUBE, ALICE ; BEATRICE arrivera un peu plus tard  et des éducateurs adultes qui remplacent avantageusement les parents qui manquent pour aider ces enfants  à se reconstruire à l'abri du monde extérieur où se trouve la maltraitance. Chacun de ces enfants a sa particularité, Courgette ne veut pas être appelé autrement que le faisait sa mère.  SIMON le rouquin est moqueur, colérique, autoritaire mais pas méchant; HAMED semble un peu crédule et béta alors que JUJUBE est enrobé car il se passionne pour la nourriture. Ensemble tout ce petit monde vont découvrir des choses (Courgette sera amoureux de Béatrice) et apprendre à être heureux. Ils vont devenir "copains" dans ce foyer d'apaisement qui est comme un petit paradis perdu et s'entraider après avoir fait pour certains les "andouilles" (Hamed a versé du haut de la fenêtre de l'eau sur la tête du policier qui vient rendre visite à courgette car il pense que c'est lui qui a mis son père en prison) afin d'aller, ensemble, vers la lumière. les yeux sont expressifs ouverts sur ce qui se passe, ils dégagent un émotion qui renforcent ce que disent les paroles.  Pour les dialogues, BARRAS a fait appel à des voix d'enfants qui ne dénotent pas des personnages et a des comédiens pour les adultes.

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CLAUDE BARRAS a choisi de colorer le tout avec des couleurs vives, chaudes, et des contrastes de couleurs qui dégagent un sentiment d'optimisme pour l'avenir . Pour lui, simplifier les formes c'est permettre au spectateur de mieux se projeter dans les personnages, de retrouver dans les émotions qu'ils dégagent des souvenirs de sa propre enfance. Les têtes sont des boules rondes, les bras sont disproportionnément longs et filiformes.

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Le film a été produit par RITA PRODUCTION.

"ton surnom c'est parce que tu fais pousser plus vite les courgettes?

-Et toi, t'es déguisé en quoi, en débile ?"

A la fin du film une voix féminine chante la chanson de "Noir Désir": "Le vent t'emportera":

"Je n'ai pas peur de la route

faudrait voir, faut qu'on y goûte

des méandres aux creux des reins

et tout ira bien

le vent t'emportera"

Durée du film:1 h 06

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