MO12

 

JENKINS

BARY JENKINS, encore peu connu en France, fait parti, à 37 ans, de la communauté des réalisateurs noirs américains.  Avec MOONLIGTH, il risque bien de décrocher des récompenses aux prochains OSCARS. Son deuxième film n'a pu être réalisé que parce qu' un acteur comme BRAD PITT a insisté avec sa société de production "Plan B" pour qu'on facilite la  venue de l'équipe technique dont Jenkins cinéaste indépendant avait besoin.

 

MO 10

 

Son film "MOONLIGHT" (clair de lune) est l'histoire d'un afro américain de MIAMI qui lutte contre son milieu et sa famille pour surmonter sa peur de vivre sans honte sa sexualité dans sa communauté où l'homosexualité est considérée comme une faiblesse inacceptable. Le sujet avait été traité au théâtre avec une pièce autobiographique de TARELL KEVIN MC CRANEY avec son école d'art dramatique qui est devenu lui même un auteur majeur de la communauté noire américaine. "Moonlight" est une lumière qui réussit à briller dans les ténèbres. Elle éclaire ce qu'on a peur de montrer en plein jour. Évoluer dans les ténèbres en revêtant un sorte de carapace sencée nous protéger des brimades, des moqueries et du rejet. c'est un peu ce à quoi ressemble le héros CHIRON (ASHTON SANDERS).

 

MO 2

 

Le choix de MIAMI pour décor n'est pas innocent. C'est un ville qui présente des aspects de Paradis américain. Il fait beau et chaud une grande partie de l'année avec son climat tropical. On y trouve beaucoup de palmiers qui font ressortir l'influence des CARAIBES mêlées aux traditions sud Américaines du CUBA touristique. On en oublierait presque qu'il y a  des quartiers déshérités comme LIBERTY CITY qui derrière des immeubles qui bien que non rénovés depuis 40 ans gardent leurs couleurs chatoyantes bleu pastel, rose et orange, cachent la misère et le chaos. Ce sont-là les endroits où le trafic de drogue et la violence sont permanent.

 

MO7

 

CHIRON a grandit dans le quartier de LIBERTY SQUARE qui est le plus déshérité de Miami. Adulte, il revient sous une apparence musclées avec un air de dur, portant en évidence chaîne et dents en or, pour arpenter les ruelles sombres et dangereuses , pensant que c'est peut être nécessaire  pour en finir avec sa vie passée de torturé. Voyage au combien difficile pour effacer toutes les blessures qui ne sont toujours pas cicatrisées.

 

MO15

 

C'est à travers 3 tranches de sa vie que le public va apprendre à découvrir CHIRON

C'est pour commencer chiron, un enfant qui se cache des autres parce qu'il préfère la Danse au FOOT et que sa mère , une infirmière toxico, délaisse pour se préoccuper d'avoir sa dose journalière. il subit les brimades parce qu'on se moque de ses différences. Il est contraint de grandir dans ce milieu hostile sans être à sa place ni vraiment lui même.  Il s'interroge sur le sens de "FAGOT" comme on le surnomme?

 

MO14

 

Bien qu'ayant appris à vivre des 9 ans en cachant sa sexualité pour ne pas pleurer de honte, il est chassé de son école: heureusement qu'un marchand de drogue local le remarque et l'enmène vivre chez lui et sa copine. Juan (MAHERSHALA ALI) et Théresa (JANELLI MONAE) lui offrent ce refuge loin de sa mère Paula ( NAOMI HARRIS) qui le délaisse cruellement. Un jour il demande à ses parents adoptifs ce qu'est un "fagot" et comment il sait s'il pourrait en être un? Juan qui lui apprend à nager lui explique qu'un jour il devra choisir qui il a envie d'être.

On retrouve CHIRON qui physiquement est devenu un adulte costaud, il continue à cacher son homosexualité et tout ce qui pourrait le faire voir comme un Gay noir. il retrouve dix ans après un ami d'école avec qui il avait eu sa première expérience sexuelle pendant son adolescence...Il a cruellement besoin d'AMOUR pour en finir avec sa vie passé de torturé. Ce qui marque dans cette troisième partie c'est tous les non dits et les faux fuyants pour continuer de dissimuler sa vraie nature, sa sensibilité qui fait que devant cette mère ingrate mal en point il ne parvient pas à lui en vouloir et ne peut se retenir de verser quelques larmes. Et tout ça le réalisateur le traite avec retenue et calme sans chercher à susciter l'émotion du public.

 

MO 17

 

La force de ce film est de montrer un homme introverti, perturbé, viril et vulnérable, qui dissimule sa véritable identité pour ne pas révéler son vrai visage. le réalisateur a su évité les clichés liés pour mettre en avant la vérité profonde de cet homme qui a grandi au milieu de quantité de difficultés en se cachant des autres et que les évènements ont en grande partie façonnés : un black devenu un gangster viril qui a lutté contre ses démons. Il n'a pas appuyé pour en faire un film sur l'homosexualié, elle n'est même jamais directement montrée; ça reste avant tout un drame humain sur le déni de soi, la colère et la rupture. Aucun des personnages de ce film n'est stéréotypé. Tout est filmé avec délicatesse et justesse. A aucun moment il impose un jugement moral ou politique; son humanisme est réel. Sa mise en scène est toute aussi sobre. Il tourne caméra à l'épaule ou avec un cadrage plus posé quand la situation l'exige; y a qu'au final qu'il s'autorise un travelling circulaire du plus bel effet.

Il est sorti en Amérique en Novembre 2016 et sera sur les écrans en version française  début février pour vous laisser le temps jusqu'aux OSCAR d'apprécier sa forme et son contenu.

Durée du film : 1 heure 50

 

MO6

*