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A défaut d'avoir déniché un film français dont on puisse tomber amoureux pour la St Valentin, on vous enmène aux frontières du fantastique  avec deux films qui sortent de l'ordinaire.

Si on vous dit : forêt, enfants, maison isolée, personnage au visage de monstre, vous pensez bien évidemment à un conte fantastique des pays nordiques. Pourtant ici "DANS LA FORET" avec les mêmes ingrédients est un film pour adultes qui ne détestent pas se mettre "la rate au court bouillon" pour se sortir du train train quotidien du film de divertissement. Son auteur est un réalisateur Français longtemps connu pour ses qualités de scénariste GILLES MARCHAND.

GILLES M

GILLES est un bonhomme de 53 ans qui après l'école du cinéma (IDHEC à l'époque 1991) s'est lancé 7 ans plus tard dans les scénario de films long métrage pour des collègues ("les sanguinaires -LAURENT CANTET). Jusqu'en 99 il a couvert 4 courts métrages et en 2000 le film HARRY César du meilleur scénario, puis "Bon VOYAGE "de RAPPENEAU en 2002. Pour son compte personnel, il réalise enfin "Qui a tué Bambi?".  Avec "Dans la Forêt" il continue aux frontières du fantastique, mais cette fois, c'est son compère DOMINIQUE MOLL qui l'a aidé dans le scénario : "Mon film est bien connecté à l'enfance puisqu'il est vu du point de vu de deux enfants- 8/11 ans-, mais d'entrée c'est un voyage vers la nature profonde et l'inconscient. Il était important que la nature soit très belle, attirante et idéale, avec laquelle on puisse avoir un rapport naturaliste et surréalistes; la SUEDE est un pays étranger très civilisé et rassurant mais encore méconnu avec ses grandes forêts".

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Pour ce film, Gilles a voulu appréhender le fantastique autrement que comme on fait avec les codes du genre habituels. Il ne voulait pas se cantonner à un film horrifique mais à un film étrange et autrement fantastique en brouillant les repères du public, comme la forêt brouille les repères au fur et à mesure que l'on avance dans la journée. A la nuit tombée, on en vient à voir ressurgir nos angoisses et obsessions. Et quand on a qu'une petite maison isolée comme refuge pour passer la nuit, sans eau ni électricité, si on est un tant soit peu insomniaque, la moindre silhouette nous fait penser au diable. Et ça devient de plus en plus inquiétant quand ça reste silencieux et que c'est dans notre intérieur que le calme s'agite et nous empêche de nous rendormir.

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Une mère (SOPHIE QUINTON) emmène son plus jeune fils Tom (TIMOTHE VOM DOP) -8 ans - consulter une pédospychiatre (MIREILLE PERRIER) car ce dernier à un comportement différent des enfants de son age: il dit voir des choses que les autres ne voient pas. La pédopsy la rassure et ne voit pas d'inconvenient à ce que pour les vacances il parte avec son grand frère Ben (THEO VAN DE VORDE) en Suéde rejoindre leur père (JEREMIE EL KAIM).

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Le père dont on va vite découvrir qu'il a lui aussi des problèmes de comportement, il parait instable, maladroit, en proie à des sautes d'humeur (il semble être psychotique: "Je ne dors jamais"), a décidé cette année de les emmener passer quelques jours dans une grande forêt où il y a quelques campeurs et une petite habitation sans eau ni électricité , isolée qui leurs servira de refuge la nuit. Il connaît les problèmes de son jeune fils mais il pense qu'il a un don et ce qu'il pressent est vraie,comme par exemple quand il dit qu'il a aperçu la silhouette d'un homme avec un visage de monstre (MIKA ZIMMERMAN). Si TOM semble prêt à tout pour voir ce que le père lui même veut qu'il voit, avec le fils cadet c'est autrement plus compliqué de le convaincre de rester dans la forêt , sans confort aucun et sans pouvoir donner de leurs nouvelles à leurs mère. Ce père est même carrément violent: "on partira quand je l'aurais décidé!". Ce retour forcé à la vie dans la nature sauvage, la sévérité du père que ses enfants connaissent guère, le fils aîné qui a un comportement d'enfant gâté et l'ambiance étrange de la vie dans la foret, tout cela fait vite monter l'adrénaline du public. Qui a-t-il de réel? Ce voyage est d'autant plus éprouvant que le réalisateur prend un malin plaisir à ralentir les séquences, dans une superbe forêt qui revêt des teintes d'angoisses avec son fantôme.

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Ce film est d'autant plus anxiogène que le réalisateur laisse planer le doute et ne se limite pas à une seule et unique interprétation comme si la fin brutale devait donner à comprendre qu'il appartenait au spectateur de terminer ce qui au départ n'était qu'une ballade dans la forêt.

La musique est de PHILIPPE SCHOELLER ("l'exercice de l'Etat").

Durée du film : 1 h 43

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