OU 9

J'avoue  avoir eu du mal à me décider à commenter ce film, non qu'il était dépourvu de qualité filmique mais parce que le sujet traité ne permet pas de dégager un commentaire qui va de soi comme pour l'autre film de la semaine du 1er mars: "PATIENTS". C'est le genre de film où on se demande:"Ils auraient dû !; il n'auraient pas dû ?" Quand les historiens philosophes commentaient l'échec de la Commune et des communards en se demandant si ils furent trop honnêtes; les uns regrettaient qu'ils aient été trop honnête, trop scrupuleux, respectueux de la morale au point d'échouer en insistant sur la contradiction entre la pureté des intentions morales et l'efficacité des réalisations politiques. Pour les autres, l'homme devient plus humain quand il privilégie la raison sur la violence car pour eux la morale résulte d'un choix de valeurs qui régissent les rapports des hommes entre eux, ce qui évite qu'ils deviennent des loups les uns pour les autres; mais parfois l'homme le mieux intentionné est aussi contraint à la violence. Ce qui pose la question: le règne de la Raison peut-il se réaliser par son contraire, la violence? Un fin rationnelle, politique, peut elle devenir une fin rationnelle? Au final, disaient -ils, il y a toujours une politique de l'action morale et une morale sous jacente, implicite à l'action politique.

 

OU8

 

Le film "les oubliés" pose ce genre de problème. Ici, il s'agit du lendemain de la fin de la guerre de 1945. Il faut déminer une plage et les dunes qui ont été minées par l'ennemi qui pensait que le débarquement allait se faire là. 3000 mines ont été cachées dans le sable ce qui va demander 3 mois de travail. Comment condamner d'entrée que les vainqueurs qui ont subi 5 ans d'occupations et de barbaries préfèrent que le travail de déminage soit effectué par les soldats prisonniers du pays qui les a posé, plutôt que de risquer la vie de soldats qui ont remportés la victoire? Bien sur, il y a une convention signée avant guerre pour dire que les prisonniers ne doivent pas être utilisés pour des activités dangereuse si elles se sont rendues à l'énnemi. Mais on sait aussi que cette armée des vaincus a au paravent commis elle aussi beaucoup d'atrocitées sur les prisonniers et sur les civils pendant leur occupation.

La oû la réflexion se complique ? C'est qu'ici on a à faire à des jeunes allemands de 16 à19 ans recrutés pour retarder la défaite au dernier moment sans leur laisser trop le choix d'y aller ou pas, que leurs parents soient des nazis de la première heure ou des civils innocents qui ont subis le nazisme.

OU 2

 

martin Z

Dans ce film qui est le 3ième de MARTIN ZANDVLIET, son histoire se déroule autour de 14 jeunes prisonniers placés sous la résponsabilité d'un capitaine EBBE (MICKEL BOE FALSGAARD) qui n'a en rien à foutre de la convention de 1929 et qui veut que dans 3 mois la plage soit à nouveau accessible aux civils sans risque de sauter sur une mine en allant prendre un bain. Il charge donc son serjent d'encadrer un groupe de 14 prisonniers pour effectuer le travail. Le sergent RASMUSEN (ROLAND MMOLLER) accepte car il est plein de rancoeurs contre les Allemands qui se sont livrés à 5 ans d'occupation. Ses premiers doutes apparaissent quand il découvre les prisonniers: "Vous m'avez trompé, ce ne sont que des enfants!" hurle -t-il a son capitaine qui n'en a rien à foutre après les premiers morts :"Je les tuerais moi même s'il le faut!" (Sur les 2000 prisonniers affectés à cette tâche au Danemark seul 1000 s'en sortiront).

OU 3 

 Martin ZANDVLIET est né au Danemark en 1971. Autodidacte, il a d'abord été Monteur. Il a faits comme beaucoup des courts métrages dont un qui a recu une récompense. Son premier long métrage comme scénariste et réalisateur était : "anges de brookling".

Zandvliet n'a pas cherché à faire un film sur la guerre, mais un récit sur le prix de la survie de ces jeunes allemands. Son style est épuré, c'est filmé en plein jour comme si il avait voulu mettre le soleil et la beauté du paysage en contradiction avec l'horreur de ce travail obligatoire. Il montre la vulnérabilité de cette jeunesse dépassée par les évènements qui ne rêvent qu'à une chose: retrouver au plus vite leur famille. Le combat qu'ils mènent à présent c'est d'essayer de survivre.

OU4

 

Fallait-il pardonner et continuer de sacrifier nos soldats, parce qu'ils sont addo, par forcément ignorant de ce que faisaient les militaires nazis sous les ordres du Dictateur pour qui ils ont défilés dans les rue (tous les jeunes devaient s'inscrire dans la jeunesse nazie) sous prétexte qu'ils n'ont pas à payer pour toute la nation Allemande? Les soldats des pays alliés qui ont été tués avaient-ils plus que 20 ans? pourtant personne n'a dit qu'il fallait condamner les gouvernements de ces pays d'avoir commis des crimes de guerre, Non!), l'Humanité est-elle une question de pardon... d'Oubli?

 

OU6

 

Voilà, peut-être comprenez -vous mieux la difficulté à commenter un tel film qui était nécessaire pour rappeler que même au DANEMARK on n'a pas toujours été clean pendant la guerre.

Durée du Film : 1 h 41

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