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 Je ne sais pas si vous vous rappelez le film "DIAMOND ISLAND" du réalisateur Cambodgien DAVY CHOU (voir mon commentaire du 23 12/2016) mais il semble qu'il y a une connivence entre tous les jeunes réalisateurs et réalisatrices de différents pays du globe pour donner à voir les problèmes des adolescents dans le monde qu'on pense bâtir pour leur futur?

 

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Avec "MATE - ME POR FAVOR" (tuez-moi s'il vous plait) de la jeune Brésilienne ANITA ROCHA DA SILVERA (sorti au Brésil en septembre dernier) le cinéma Brésilien  nous percute une nouvelle fois avec un drame existentialiste des Ados. Ça me rappelle les paroles de Jean GENET dans l'atelier d'ALBERTO GIACOMETTI: "ce monde visible est ce qu'il est, et notre action sur lui ne pourra faire qu'il soit absolument autre. On songe donc avec nostalgie à un univers où l'homme, au lieu d'agir aussi furieusement sur l'apparence visible, se serait employé à s'en défaire non seulement à refuser toute action sur elle, mais à se dénuder assez pour découvrit ce lieu secret, en nous même, à partir de quoi il eut été possible  une aventure humaine toute différente. Plus précisément morale sans doute. Mais après tout c'est peut -être à cette inhumaine condition, à cet inéluctable agencement, que nous devons la nostalgie d'une civilisation qui tâcherait de s'aventurer ailleurs que dans le mesurable".

 

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ANITA ROCHA DA SILVERA - 27 ans - a fait des étude à l'Université catholique de RIO de JANEIRO est elle s'est spécialisée dans le cinéma. Elle a fait son entrée dans le métier en 2008 avec comme beaucoup des courts métrages (le Vampire du midi) puis "Nadball en 2010, "the living dead" en 2012 qui avait été sélectionner à la 15 éme des réalisateurs et présenté dans plusieurs festivals. L'idée d'un film long métrage fut rendu possible quand une femme promoteur se proposa de financer un projet en 2012. Hors, elle venait de perdre une amie qui s'était suicidée. Elle décida pour la facilité d'écriture du scénario de se  servir du thème des jeunes présents dans ses courts métrages afin d'explorer comment des ados appréhendent la mort et l'amour.

 

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Son histoire se situe dans  la barre da Tijuca (Zone ouest de RIO) C'est un quartier en pleine expansion on y construit de grands ensembles qui côtoient des résidences récentes pour accueillir les familles de la classe moyenne supérieure de Rio. Mais devant il y a encore un vaste terrain vague. BIA (Valentina HEINZAGE) est une adolescente de 15 ans qui partage sa vie entre l'école, un groupe d'amies filles et la maison où vit son frère aîné JOAO qui se retranche derrière son ordinateur dans son monde virtuel . La mère a préféré allez vivre chez son amant et se contente de leurs envoyer chaque mois un chèque. Bia a un petit ami avec qui elle aimerait bien faire l'amour mais ce dernier est un évangéliste convaincu qu'il ne faut pas pêcher avant d'avoir été marié. Il est sous le joug de la jeune pasteure pop et punk qui prêche l'abstinance mais qui conclut à chaque fois en invitant la jeunesse carioca à danser sur une musique pop et punk hip hop après avoir clamée que le sang est source de vie. Quand elles se retrouvent entre filles, elles se racontent des histoires, confrontent leurs rêves et leurs cauchemars, leurs fantasmes sexuels, ce qui n'empêche pas qu'il y ait, en sourdine, quelques jalousies. Un matin pourtant Bia va découvrir une jeune fille de son âge morte assassinée sur le terrain vague (elle a été sans doute violée). Cela va profondément troubler BIA qui est fascinée par la mort (elle embrasse la victime) alors que son frère qui semble ne pas vouloir prêter attention à une des amie de BIA : Maria qui l'aime en secret, il préfère se consacrer a pallier l'absence d'une fille, virtuelle, qui l'obsède sur son ordi. Les meurtres vont se succéder sans que l'on avance sur l'auteur de ces crimes dont on pense qu'il fait parti de l'école. Pire, au fur et à mesure que les crimes se succèdent, le groupe de fille a de moins en moins peur, comme si la mort était en train de devenir, une compagne, une amie que l'on va jusqu'à essayer de l'apprivoiser, jusqu'à se soumettre à son arbitraire. Des jeunes meurent, des gens tuent, d'autres gardent la foi et entendent dans le lieu de prêche que: " vous vous habituez à la boue de cette terre misérable qui vous assaille, vous vivez parmi les bêtes, vous ressentez le besoin d'en être une" Bia se sent seule et se dit que la vie est courte alors autant faire ce qu'on veut!. Elle devient odieuse même avec ses amies, elle largue son mec, embrasse fougueusement d'autres filles dans les toilettes de l'école.... Elle laisse aller ses pulsions pour la vie et la mort. Elle est seule et sans l'aide de personne avance dans la nuit  qui fait sa raison d'être et si la mort arrive... Elle incarne la jeunesse décomplexée qui s'affiche, parle librement en témoignant de son mal être et de sa solitude dans un monde insaisissable. Elles et ses amies errent à travers ce néant comme des zombies à l'aube.

 

M3

 

La réalisatrice semble avoir voulu mettre en images cette période de vie où les ados découvrent, leur corps, les désirs jusque là refoulés, la peur de l'inconnu dans ce monde où ils sont seuls, livrés à eux mêmes; elle a rempli son film de symboles, d'allégories où se mélangent sexe, douleur, rébellion, jalousie, pulsions, érotisme et des selfies à profusion. Elle bâtit l'ambiance à partir du visuel fluo et ultra sonore et livre au passage une satire sur les réseaux sociaux et sur le monde clos de la chrétienté aménagée avec une piste de danse. Elle montre plusieurs fois ces jeunes filles avec des blessures (sang) et des pansements. Elle fait volontairement l'impasse sur l'auteur de ces crimes comme si on devait en conclure qu'il n'y a pas qu'un seul coupable mais que peut être tout le monde est coupable? Dans ce monde aride comme le terrain vague où s'exerce la violence, les adultes sont absents ou à l'abrit au loin dans ces bâtisses blanches flambant neuves. La morale est toute aussi absente. Pour le casting la plus part des filles ne sont pas des professionnelles.

 

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C'est un premier film avec une nouvelle réalisatrice qui semble avoir peur de rien.

Durée du Film: 1 h 41

 

M10

 

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