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Son premier long métrage avait obtenu le  Prix Louis DELUC 2012, le CESAR DU MEILLEUR FILM 2013, le prix du Meilleur film 2013 par le syndicat Français de la critique. Autant dire qu'après ce démarrage dans le Cinéma, on ne peut qu'attendre avec curiosité le 2eme. 5 ans plus tard le voilà : "la Consolation" du jeune CYRIL MENNEGUM. On aurait pu croire que cela serait plus facile, sauf quand on est du genre perfectionniste :"Mon premier film ressemblait à un dé-pucelage, à une aventure pas complètement vécue, dans le sens où la forme d'une conscience avec laquelle on l'a fait soulève pleins de questionnement et de nouvelles envies.

 

CYRIL

Pour mon 2ème film je voulais faire un film pas cher pour éviter la pression financière qui m'aurait obligé à donner une réponse autre qu'artistique et personnelle. On a l'innocence en moins et du coup on commence à avoir peur. C'est là qu'il faut se cramponner, garder sa personnalité et se poser vraiment la question du cinéma qu'on veut faire. Les financiers du cinéma à qui j'ai présenté mon scénario de GABRIEL (premier titre) avec une colonne pour l'image et une autre pour le son , n'ont pas compris. J'ai finalement obtenu un budget de 19 jours de tournage. Le producteur m'a proposé de tourner sur pellicule comme j'en rêvais. Le Directeur de la photographie THOMAS LETELLIER m'a permis de mener avec lui un moment d'apprentissege très fort".

Pour son premier film, ce documentaliste, auto-didacte, avait traité l'histoire d'une femme: "LOUISE WIMMER" (CORINE MASIERO); une femme de chambre d'hôtel qui dors dans son break Volvo; elle est au bord du gouffre et chaque matin elle se demande si sa voiture va démarrer. Tout chez elle est précaire et elle se demande pourquoi elle doit essayer de continuer à se maquiller, à s'habiller du mieux quelle peut. Sa vie passée est en lambeaux, il ne lui reste que peut de chose qu'elle entasse dans un box de parking dont elle a du mal à payer le loyer. Mais elle a décidé une fois pour toute de se battre pour sa survie. Elle fait face avec un mélange de brutalité et d'élégance aux affrontements avec sa famille, ses interlocuteurs de l'administration, avec les agents du maintien de l'ordre... Même engloutie dans sa solitude et sa misère, elle se débat dans ce monde dur et malléable pour avoir enfin prise sur lui.

 

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Son deuxième film a gardé les raisons d'être du premier:" Je voulais m'accrocher au propre vécu de mes personnages, à leur corps réel; j'ai besoin d'écrire pour quel qu'un qui existe, avec qui je peux parler, qui a un corps, un visage".

Il a mis peu de dialogue pour privilégier la musique; le morceau final est de LISZT, il porte le titre du film: "La consolation". "J'ai préféré les morceaux de musique que j'aimais SCHUMAN, SCHUBERT, LISZT, BACH. et j'ai demandé à ALEXANDRE GUANSE qui joue lui même les morceaux d'éviter les morceaux trop complexes ou trop entendus au cinéma. C'est cette musique qui me faisait venir mes images"

Le musicien LISZT disait qu"il ne serait ni inutile, ni risible qu'un compositeur donne en quelques lignes une esquisse psychologique de son oeuvre pour raconter ce qu'il a voulu créer et sans entrer dans des explications enfantines et des détail minutieux, nous expose l'idée maîtresse de son oeuvre"(lettre à Georges SAND 1873). Il construisait sa musique selon un plan géométrique; pour lui les morceaux étaient des sortes de poèmes symphoniques dans les quels se développaient un genre de musique à programme d'un symbolisme abstrait.

 

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Dans l'histoire de la CONSOLATION, Daniel arrivé à la trentaine veut connaître sa mère biologique, car il a appris qu'elle est toujours vivante alors qu'à l'âge de 4 ans on lui avait expliqué qu'elle était morte. Il veut savoir qui elle est, pourquoi elle l'a abandonné. Il veut connaître la vérité et trouver ainsi la consolation.

"je ne me suis pas construit une culture cinéphilique mais j'apprécie TARTOVSKI, BERGMAN , BRESSON , la peinture du CARAVAGE ET LA PEINTURE HOLLANDAISE ainsi que certains maîtres du 19ème pour leur traitement du clair obscur et la composition de l'image. Leur façon de donner aux personnages un sentiment humain, une forme de spiritualité en créant un lien avec un au delà humain".

 

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On retiendra, une fois encore, le talent personnalisé de CORINE MASEIRO que l'on peut voir chaque semaine à la télévision dans le rôle  loufoque du CAPITAINE MARLEAU qui plaît à 6 millions de spectateur (FRANCE 3).

C'est un film radical qui ne fait aucune concession pour être regarder par un large public. Comme l'a dit son auteur, son but est de montrer ce pourquoi il a décidé d'être réalisateur de cinéma; c'est comme un dessin au net, une épure de son style de cinéaste. C'est là que réside tout le charme de cette découverte à faire si on trouve des distributeurs courageux avant qu'il finisse dans les salles d'art et essai.

Durée du film: 1h 20

 

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