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Il arrive que l'idée de faire un film vienne d'évènements proches ou lointains . Pour HIROKAZU KOREEDA, le Japonais, ce fut après la disparition du père (2001) et des souvenirs d'enfance.  Diplômé de l'université de Waseda, il avait débuté en faisant des documentaires sur le thème de la mémoire à la TV MAN UWIN dans les années 90. En 1995, il s'était lancé dans le cinéma avec un premier long métrage "MALBROSI" qui avait récolté le prix Osella d'Or au festival de Venise. Sa carrière de réalisateur était lancée avec des réflexions sur le passé entre reportage et poésie (1998). Trois ans plus tard il venait faire un coucou à Cannes avec un film sur un groupe d'ados dont les parents avaient été suicidés dans un secte. Sa tendresse pour les  enfants livrés à eux même, puis le thème du deuil au sein de la famille japonaise étaient à l'ordre du jour avant de faire un intermède avec un manga fantastique (une poupée sexuelle plastique qui découvre le monde) et un clip vidéo de chanteur. En 2012 il revient à ses réalisations de films sur les problèmes des familles japonaises. A 54 ans, le voilà qui retourne à Cannes 2016 pour la sélection d'un certain regard de son film qu'il avait titré au départ "Plus profond que la mer" qui confirmait ses convictions antérieures que:"Même dans les situations extrêmes, il reste une part d'enfance irréductible: le jeu, l'imaginaire". On comprend qu'ici et là dans les festivals le  jury lui ait décerné des prix de Meilleur scénario, meilleur réalisateur...

 

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kOREEDA a les qualités du japonais qui, en public du moins, sait rester sobre, délicat, pudique. La mise en scène de son film est comme une caresse en image; même pendant un moment dramatique chez des parents défaillants. Il se veut avant tout le réalisateur de l'enfance et cache derrière sa sérénité l'angoisse de l'imprévu. Il a même parfois un peu trop tendance à vouloir tirer une larmes des spectateurs et son film perd de son dynamisme.

 

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"Après la tempête" est une histoire familiale au Japon pendant la saison où les typhons troublent la tranquillité et plonge les habitants dans l'angoisse

Ca se passe à Asahigaoka Housing complex de KIYOSE à Tokiyo.

RYOTA est un père de famille divorcé qui doit verser à son ex-femme une pension alimentaire pour son fils Shingo 11 ans. Après avoir connu le succès en littérature , il avait dû se reconvertir en détective privé. Comme son père décédé, il avait le démon du jeu (le père avait même dû vendre sa collection de timbres) et finissait toujours par y engloutir ses revenus de détective sans pouvoir honorer le versement de la pension alimentaire. Sa femme KYOTO avait depuis fait la rencontre d'un autre homme. Quand à sa mère YOSHITO, elle continue de vivre dans le logement où il a grandit. Un jour où il a la garde alternée de son fils il demande à son ex de venir à la maison familiale pour le récupérer. Dehors le temps se gatte et un typhon est annoncé pour la nuit ( c'est le 24 e de l'année). La mère fait son possible pour ne pas rester seule à affronter la tempête alors que l'ex femme ne veut pas rester une nuit entière avec son ex, elle se sent piégée. Lui voit-là l'occasion inespérée de regagner le confiance de sa famille. sans faire exprès il casse une vitre et oblige sa mère à appeler quelqu'un pour la remplacer. La mère fait son possible pour que l'on se réconcilie, mais au final chacun aura appris à accepter la séparation comme la seule solution possible pour assurer une continuité en restant en bon terme.

 

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Tout l'art du metteur en scène consiste à préparer à cette inexorable fin d'une famille normale que la vie a érodée. Après un moment de perdition et d'enguelade, il y a la préparation du repas improvisé, les nécessités de mettre de côté les rancunes pour se protéger des méfaits du temps extérieur pour recréer la solidarité familiale plus forte que le mauvais temps, plus profonde que la mer.

 

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Cela permet au réalisateur de placer dans les nombreux dialogues quelques mots drôles, en pointant les humeurs changeantes de chacun pour pouvoir aussi intercaler des situations cocasses en montrant qu'il reste le cinéaste défenseur de l'enfance:" Après la tempête et le typhon, la barre d'immeubles retrouvait sa beauté et son calme.

HIROSHI ALBE est Ryota - YOKO MAKI est Kyoto -kIREN KITO Yosshito lamère - SOSUKE KEMATSU le fils. La Bande son est tirée de la chanson de WAKARE NO YOKAN dont le titre est "Plus profond que la mer" (1987)

La question que sous entend ce film est: Sommes-nous, aujourd'hui, ce que nous révions d'être hier ?

Durée du film : 1 H 58

 

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