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Voilà un film de réflexion sur l'Iran que son auteur semble avoir conçu pour qu'il sorte sur les écrans après le résultat des éléctions présidentielles en Iran qui a vu ROHAMI HASSAN du parti Modération et Développemet être élu avec 58,1% des votants (22 796 468 voix) devant EBRAHIM RAÏSSI Association clergé militant 39,7%. Rohami est considéré comme un Modéré qui est pour l'ouverture de son pays. (Il y a en IRAN 79 110 000 habitants).

Le réalisateur Iranien SERJYED REZA -MIR - KARIM est aussi le Producteur, Scénariste et monteur de ce film. Son scénario, il l'a écrit avec SHADMELN RASTIN.

 

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C'est l'histoire d'un vieux chauffeur de taxi qui à la fin de sa journée de travail prend une jeune femme en Taxi qui ne parait pas bien. Elle s'évanouit et le chauffeur la conduit à l'hôpital. Là, on découvre qu'elle est enceinte et qu'elle porte des traces de violence. L'attitude du chauffeur de taxi est étrange car il refuse de répondre aux questions et il reste le plus souvent silencieux à attendre on ne sait quoi. YOUNES est énigmatique. la jeune femme passe son temps à s'excuser (on dirait qu'elle veut s'excuser d'exister). De son côté, l'infirmière qui s'occupe de la jeune femme est un chef autoritaire mais aussi humaine et perspicace. Saura-t-on jamais qui a battu cette femme et qui est le père de son enfant:

 

REZA

"J'avais envie de faire un film sur des gens qui décident de s'entraider sans pour autant se connaître. A la fin leur secret respectif restera scellé à jamais et le spectateur ne sera pas plus avancé.

Cette dimension minimaliste est bâtie surtout sur l'effacement de la parole. Je pense que la parole est souvent source de malentendus. C'est la crise morale qui traverse ma société qui m'inquiète. Peut-on garder le silence face aux problèmes de la société iranienne? Avec ce film je voulais mettre en avant une situation donnée, à savoir: celle d'une femme enceinte qui a besoin d'aide. Je ne fais que des allusions aux violences qu'elle subie même si sa détresse et sa peur sont palpables; ce qui compte avant tout pour elle c'est la santé de son bébé. A l'origine mon titre signifiait :"ne tient pas compte du passé, fais ce que tu peux faire aujourd'hui et peu importe ce qu'il arrivera demain" Un jour nouveau tente d'apporter des réponses sociales à des décisions politiques inadéquates. Ces décisions sont prises parce qu'on ne veut pas, le plus souvent, les résoudre nous même parce que nous préférons rejeter la responsabilité sur les autres.

Mon personnage de Younes est atypique car il est touché par le jugement des autres sur lui et il ne veut rien demander en échange de l'aide qu'il peut apporter."

 

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Ce film dénonce de manière détourné la condition faite aux femmes en Iran. Il y a deux lieux clos, l'intérieur du taxi qui a un rétroviseur cassé et où on ne voit l'extérieur qu'à travers la vitre des portières, le reflet sur les portes et l'Hôpital où le chaos est omni présent. C'est l'image d'un pays moderne qui oppresse les êtres à part qui ne sont pas dans la norme comme Younes ou le bébé qui risque de finir à l'orphelinat. Cette histoire ancre le quotidien de l'Iran et cette de la population qui n'est pas politisé par la religion et qui subie les lois des religieux. La tension est croissante et la révolte reste une affaire de silence.

 

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Le metteur en scène s'appuie sur des petits détails mais refuse de donner une explication ce qui empêche qu'on sorte nous aussi de l'ambiguïté, on est en attente de pouvoir répondre aux questions qu'il pose. Younes regarde peu ses interlocuteurs et quand il répond à une question ça prend beaucoup de temps (de plans longs avec des travellings lents) la violence physique est laissée hors champ, on voit des victimes mais nulle part des méchants. C'est un système clos dans lequel chacun(e) joue un rôle complexe. Çà reste un film volontairement sobre, poignant, grave, trop ambigu pour pouvoir nous émouvoir totalement. Dommage car les images sont super belles. Cette ambiguïté à comprendre le sens du film explique que dans un premier temps les autorités Iraniennes aient laissées faire ce film en Iran. C'est en le voyant terminé que l'on a entendu des critiques qui disaient que l'on doit d'abord tenir compte de chaque situation personnelle et qu'on ne peut pas juger à l'aune d'un prisme strictement politique.

 

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PARVIZ PARASTUI est Younes -SOHEILA GOLESTANI  est Soheila - SHABNAN MOGHADANI est maj.

A ses débuts, SERJYED REZA MIR-KARIMI était considéré comme l'espoir du cinéma Iranien ce que semblait confirmer son prix de la semaine de la critique de Cannes 2001 pour son film "sous le clair de Lune" dont l'histoire traitait pour la première fois du monde fermé des religieux et du clergé en Iran. Comme beaucoup il avait débuté en 1987 par des courts métrages puis la télévision l'avait retenu pour deux séries télévisées. C'est aujourd'hui son 5e film long métrage.

Durée du film 1 h 28

 

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