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TAMER EL SAID, retenez ce nom. Cet Egyptien, né au Caire en 1972, nous offre avec son premier film long métrage  "LES DERNIERS JOURS D'UNE VILLE" un film qui ne sera pas le dernier de ce réalisateur plus que prometteur (Il a déjà obtenu plusieurs récompenses dont le prix du jury jeunes au festival des 3 continents). Pour le scénario, il a travaillé avec RASHA SALTI.

Il avait commencé par étudier le cinéma et le journalisme au High institute du Caire. Puis s'est préparé en réalisant plusieurs documentaires et courts métrages avant de fonder, en 2007,"Zero production" afin de produire des films indépendants. Pour son premier long métrage, Il a commencé à tourner des images du Caire en 2008; deux ans avant le début du mouvement protestataire alors que le Caire commençait déjà à être  étouffé par l'autorité du régime de HOSNI MOUBARAK après 30 ans de règne.Pris dans le tourbillon de la fête et de la violence, "il lui fallait trouver la force de continuer de vivre la douloureuse beauté des "Derniers jours de la ville", comme il dit.

 

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L'Histoire est celle d'un cinéaste - Documentariste de 30 ans: KHALID (KHALID ABDALLA). C'est encore l'hiver, KHALID semble s'être un peu écarté du chemin qu'il s'était tracé et il essaie de le retrouver sans trop savoir comment il doit faire. Il filme sa ville le Caire, ses proches et il collectionne des images qui pour lui font ressortir l'essence de cette capitale Egyptienne avant qu'elle vienne à disparaître comme son père qui est décédé et sa mère en train de nourrir aussi. De plus, la femme qu'il aime tant a décidée de le quitter et de quitter l'Egypte.Il doit donc trouver un appartement dans cette ville encombrée et en plein chaos ou partir.

 

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A l'occasion du festival du film du CAIRE, KHALID va retrouvé trois amis, réalisateurs eux aussi, qu'il n'avait pas revu depuis longtemps : Le premier  s'était réfugié à BERLIN, HANAN (HANAN YOUSSEF) de BAGDAD et BASSEM (BASSEM FAYARD) de  BEYROUTH. Pour fêter ces retrouvailles, ils décident tous d'aller faire une virée nocturne dans les rues du centre ville. Chacun raconte son histoire et celle de leur ville et ils rient de leurs destins. khalid est obligé de reparler de ce qu'il a mis en chantier depuis 3 ans sans avancer. Il leurs explique ce que serait son film et le pourquoi de ce titre. Ses amis sentent que peut être il ne va pas abandonné comme il en avait l'intention. A leur retour, chacun envoie des images de sa ville où on se bat aussi ; ils espèrent ainsi que ça va lui donner envie de finir ce qu'il a commencé. Les images des villes de ses amis montrent aussi que les divisions du monde arabe font que partout on est en errance et en décomposition.

 

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Le réalisateur laisse le doute sur les derniers jours de la ville: s'agit-il du Caire ou parle -t-il aussi de ses derniers jours à lui  avant de quitter le Caire ?

Sommes nous en train de vivre la dissolution apocalyptique de la société civile égyptienne ou est-ce la veille d'un renouveau de la vie? On regarde cela comme un double mouvement itinérant celui de la rue et celui de la vie intérieure de KHALID: "Vous vivez dans le désespoir mais ne désespérez  pas de la vie".

 

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Tamer el Said pose des questions avec son film et il y répond par d'autres questions, sauf qu'au final on ressort convaincu qu'il faut partout, quelque soit la situation à laquelle on est confronté, trouver la force de continuer à vivre. Il semble avoir conçu son film en voulant montrer ce qu'a été ce parcours cinéma. Pour lui, son propos n'était pas de livrer une lecture personnelle politique de ce qui est en train de se passer car il est dans le doute et l'incertitude totale; le tumulte demeure.

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Comme les jeunes de ce pays, il en est encore a chercher sa place, les désillusions ont tuer l'espoir et aujourd'hui il a peur du vide: "Tout ce que je sais c'est que je veux filmer. Il y a quelque chose d'insaisissable: les gens dans la rue, les foules, le bruit. J'ignore si c'est quelque chose que j'adore ou que je hais? Tout ce que je sais, c'est que je veux vivre pour le présent et l'avenir". A travers son film il ne cherche pas des réponses, il veut seulement questionner le public pour susciter la réflexion.: "Ce n'est pas ma vision qui compte, c'est la perception du public". Il refuse à expliquer la réalité des images afin de ne pas s'enfermer dans cette fin du monde où tout serait Noir, ni transformer son histoire en une romance où tout apparaîtrait comme étant Blanc. C'était impossible pour lui d'écrire son scénario comme une lettre d'amour dans la situation dans la quelle il se trouve et dans laquelle se trouve sa ville natale, l'Egypte toute entière, le monde arabe aujourd'hui.

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Durée du Film :1 h 58

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