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Les vacances approchent à grand pas; que diriez-vous d'une petite escapade au BURKINA FASO ? Le réalisateur BERNI GOLDBLAT nous offre, à moindre frais, ce petit voyage initiatique en afrique. D'origine Helvético- burkinabé, on peut comprendre que quand on ne dispose pas d'un gros budget pour son premier long métrage, le sujet retenu soit en lien avec ses racines, histoire de ne pas se retrouver à devoir filmer dans un milieu totalement inconnu avec des personnages qui sont étrangers. Le choix des décors à son importance si on veux captiver d'entrée l'attention du public. Alors, histoire de le rassurer un peu et de le laisser s'installer tranquillement, on fait démarrer son histoire dans un milieu de vie, sinon plus accessible, du moins qui nous parle un peu plus même si on reste sur ses gardes... disons dans la banlieue, une citée de Vaux en Velin, confrontée à la société de consommation et à la pauvreté.

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Golbat a fixé son dévolu sur un père franco- burkinabé divorcé d'une Française qui élève, seul, son fils de 13 ans dont il a le plus grand mal à le garder sur le droit chemin. ADY (MAKAN NATHAN DIANA), livré à lui même pendant que son père travaille, est plus facilement attiré par la délinquance et le vol que par l'ecole et les études. Quand son père découvre qu'il vole et qu'il se rebiffe contre lui, plutôt que de renoncer et de baisser les bras, il contacte son frère qui est resté avec la famille au Burkina Faso et lui demande de le prendre au pays pour en faire une grande personne qui se comporte en adulte. A son fils, pour éviter toute dispute il lui dit qu'il l'envoie pour les vacances chez son oncle...

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ADY ignore tout du pays de son père, son pays est la France. L'Afrique qu'il découvre le surprend, c'est un tout autre univers, un autre mode de vie: on se lave dehors derrière des canisses avec un seau d'eau qu'on a puisé dans un puits pour se rincer, l'électricité n'est pas partout et on a bien du mal à se servir des objets électroniques. La vie des habitants n'a rien a voir avec celle de la banlieue parisienne.

Ady qui ne sait pas ce qui l'attend et qui ignore tout du pays de son père, est dans un premier temps surpris par ce village d'Afrique qu'il n'a pas l'électricité dans toutes les maisons ; la réalité est tout autre que son milieu de vie parisien. Il découvre que la vie quotidienne est dictée par des traditions ancestrales que tout le monde respecte. Il découvre que tout est source de surprise et que ce que chacun fait est différent de ce qu'il a l'habitude de faire. Et quand on lui explique qu'ici c'est pas les vacances mais qu'il va devoir travailler pour rembourser ce qu'il a volé et qu'il va devoir apprendre ce qu'est la sagesse et se soumettre aux rituels, Ady se croit assez fort pour continuer à n'en faire qu'à sa tête et pense que si on l'embête trop son père le fera revenir chez lui. Pour pouvoir se payer son retour, il est même prêt à vendre tous les objets de la modernité qui ici ne lui servent plus à rien. Mais il découvre vite que c'est pas aussi facile qu'il le croit. Le grand père qui l'observe en fumant sa pipe dit à son cousin Jean qui lui sert de guide que pour le guérir de son insolence il faut le conduire chez sa grand-mère qui habite dans un village perdu dans la brousse. MAM est contente de faire la connaissance de ce petit blanc même si elle va devoir lui faire la guerre. Ady se fait ami avec une fille de son âge YETI mais elle non plus ne se laisse pas faire par ce  petit rouleur de mécanique. ...

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Goldblat a confié l'éciture du scénario à DAVID BOUCHET; c'est donc vers lui qu'iront nos reproches de ne pas avoir assez travaillé le personnage principal qui ne va guère évoluer jusqu'à la fin, non que ce jeune acteur manque de charisme mais on ne sent pas grand chose de l'idée force du changement qui est en train de s'opérer en lui (Ça reste un ado qui donne l'impression de revenir comme il est parti. Il semble que le réalisateur aurait dû prolonger de quelques minutes la fin de son histoire). Il ne comprend pas quand on lui explique qu'il va être soumis à l'initiation ancestrale et à la circoncision qui fera de lui un homme adulte.

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Par contre le traitement de tous les personnages dit "secondaires" est une totale réussite, de l'Oncle Amadou (HAMADOUM KASSOGUE), à JEAN (IBRAHIM KOMA) le cousin qui sert de guide à ADY, sans oubliée la Grand mère de Rève Mam (JOSEPHINE KABORE). Grâce à eux, à leur sincérité et à leur authenticité où se mêle humour, émotion et gentillesse, le Burkina faso ne restera pas une "terre inconnue".

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Plus que l'histoire d'un jeune ado qui découvre le sens caché de ses origines, le réalisateur nous met en présence de deux mondes que les cultures opposent. La vie en Afrique dépend de peu de chose, ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres que les gens ne sont pas attachants: même s'ils mènent un vie de labeur pour vivre au quotidien, ils savent aussi trouver des moments de bonheur. Ils ont un mode de vie et des rapports humains qui souvent ont disparu dans nos sociétés dites "modernes". Personne détient la vérité de ce qu'il faut faire ou pas faire pour vivre heureux. Il faut apprendre à respecter les différences. C'est à ce voyage initiatique du dialogue et de la sagesse que BERNI GALDBAT nous invite.

Durée du Film : 1 h 28

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* "Je te jure" traduction de "WALLAY" mot très usité au Burkina Faso pour convaincre que ce qu'on dit est vrai.

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