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Saluons la sortie en France d'un premier film SLovaque. Il présente aussi l'intérêt d'être le premier film de GYÖRGY KRISTOF nouveau réalisateur SLOVAQUE né en 1982 à KOSICE dans l'est du pays. Après avoir fait des études de philosophie à MISKOLC (Nord de la Hongrie, il étudia le cinéma à l'académie du film de Prague (République TCHEQUE)en 2008."Out" a d'abord été pensé dans le cadre de sa dernière année d'étude pour sa thèse.

 

GEORGY

Pour ce lancement dans le grand bain, il dit avoir puisé son sujet pour partie dans le souvenir des errances du père au travail et de sa propre déshérence personnelle à travers divers pays de l'Europe de l'Est : " Mon titre "OUT" s'est imposé au début de l'écriture car il définit l'histoire depuis son origine d'un personnage qui sort de plus en plus de la société (préalable nécessaire pour y retourner). Je suis né en SLOVAQUIE et la plus part de ma famille y vit encore; je suis un Hongrois d'origine slovaque. C'est lorsque je me suis trouvé à Riga que j'a été inspiré par ce qui m'entourait. Puis j'ai trouvé évident de raconter les aventures de quelqu'un qui quitte son foyer pour emménager en Lettonie. Mon personnage appartient à la génération de mes parents car le problème de la société post-socialiste ne sont pas seulement ceux de nos parents; ces difficultés ont aussi radicalement influencées la vie de notre génération et nous sommes obligés d'en parler car nous pouvons sentir cette dégradation. La Slovaquie est un pays relativement jeune et petit, cela n'est pas facile. L'amélioration et les changements positifs se remarquent mais ça demande du temps".

 

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Pour le tournage dans 4 pays de l'Est avec des équipes à chaque fois différente, il a travaillé avec son Directeur de la photographie (GEORGELY POHARNOK): "Après s'être fixé quelques principes de base à respecter, en fonction du résultat de la scène, le lendemain on créait la scène suivante; pendant que je tournais mon directeur de la photo observait et réfléchissait à des idées que l'on combinait ensuite. L'improvisation était importante pour laisser place aux propositions spontanées. Je ne voulais pas faire un film sociopsychologique. Je voulais que ce soit un peu comme un concentré du monde avec de l'Humour absurde, une analyse de la société des comportements humains dans des situations extrêmes. J'ai essayé de faire vivre un petit moment intense en optant pour le minimalisme et l'humain absurde".(Dans le film on voit le personnage principal qui après avoir bu beaucoup de vodka pour s'intégrer va au cours de son périple rencontrer la propriétaire d'un lapin empaillé sans oreille, une femme atrocement siliconée, des hommes nus au comptoir d'un bar, un Russe aux intentions hostiles...). IL a travaillé le scénario avec ESZTER HOWATH et GABOR PAPP.

 

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L'histoire est celle d'AGOSTON (SANDOR TERHES), un ouvrier, la cinquantaine, licencié parmi d'autres à qui le patron leurs prédit un avenir qui réside dans le progrès; "Passion et Courage", dit-il. Au lieu de chercher un  travail sur place, lui qui n'a jamais vu la mer, plaque sa femme et sa fille et s'en va faire le soudeur de bateau en Lettonie au bord de la Baltique, mais il parle mal la langue et se fait engueuler par les travailleurs autochtones qui lui reprochent de leurs enlever le travail en acceptant de travailler avec des salaires inférieurs. Il reprend sa liberté et continue de rêver de pêcher un gros poisson mais pris dans l'engrenage du folklore Letton, il va devoir poursuivre sa route, faire des rencontres insolites pour finir par se découvrir lui même.

Ce voyage d'un chômeur en Lettonie est aussi une façon de faire observer au spectateur l'autre partie des ces pays d'EUROPE de l'Est qui n'est pas touristique (Usine en déshérence, politique anti imigrés, on stigmatise les étrangers...). Il a le goût de la lenteur pour donner plus de sens aux images.

 

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Sans doute à cause de l'improvisation mal maîtrisée et la difficulté de ce jeune réalisateur de savoir comment se situer (dramatique, romantique, absurde) son film souffre à garder le spectateur attentif jusqu'au bout, car son personnage principal, même s'il est mené par un très bon acteur, peine à attirer l'emphatie sur lui pour comprendre ce qu'il ressent. Comme l'a dit un critique :"ça manque d'exubérance", alors qu'il privilégie les grands décors (intérieur d'une centrale, le port avec ses énormes bateaux à quai à côté de quoi l'homme parait infiniment petit). Mais ça reste du cinéma "signifiant"

Cannes, malgré tout, a eu raison d'attirer sur ce premier film Slovaque invité une "CERTAIN REGARD".

 

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Durée du film :1h 28

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