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Le Cinéma africain de ABDERRAHMAN SISSOKO raconte ce qui se passe lorsque c'est toute la culture africaine qui est prise en otage pour exercer une force (Djihad) qui n'a rien de spirituelle. Dans son film 'TUMBUKTU" il a pris le parti de dénoncer l'extrêmisme mais comme il croit en l'homme, il n'a pas cherché à déshumaniser les bourreaux (beaucoup d'africains sont devenus des Djihad non par conviction religieuse mais parce qu'ils vivaient dans des endroits où pour survivre il faut accepter de faire des choses "par force"). Il a juste voulu montrer un peu ce qui se passe; il avait envie de comprendre ce qui se passe au Nord Mali; pourquoi des africains étaient venus d'ailleurs occuper  son territoire ?. Il aurait aimer faire un documentaire pour qu'ils se racontent, mais aucun n'a rendu la chose possible alors il s'est tourné vers la fiction. 

SISSOKO

Déjà dans la petite ville d'Aguelhok, il avait assisté à la lapidation d'un couple placé dans deux trous avec de la terre jusqu'au cou car ils avaient eu des enfants hors mariage. (C'est la femme légitime qui avait dénoncée son mari et obtenue des autorités qu'elle applique la CHARIA):"Maintenant, je sais, je devais raconter cela dans l'espoir qu'aucun enfant découvre plus tard que leurs parents sont morts parce qu'ils s'aimaient". D'autre part, l'occupation du Mali par les Djihadistes avant l'intervention de la France avait été d'une extrême brutalité vis a vis de la population:interdiction de se réunir pour écouter de la musique ou de boire le thé ou de fumer devant sa maison, obligation pour les femmes de porter le voile, les gants et des chaussettes dans la rue, interdiction pour les enfants de jouer au ballon, etc....sans aller toute fois jusqu'à montrer l'horreur de trop prêt mais avec de gros plans sur le combat silencieux de la population aux prises avec les juges, avec les tortionnaires qui exercent leurs lois sous la contrainte de leurs armes, population qui attend que le changement se produise et qu'il y ait un retour à leur ancienne vie.

REPOS

Avec un éleveur de vaches modeste (IBRAHIM HAMET) qui vie avec sa femme et  sa fille sous la tente dans la dune, Sissoko symbolise l'islamisme modéré, du Coran et de la raison. Il ne supporte pas qu'un voisin veuille s'en prendre à sa vache préférée qu'il nomme GPS.

BUKTU

Sissoko explique que ces extrémistes étaient sûrement différents lorsqu'ils étaient enfants dans leurs famille traditionnelle; on ne nait pas extrémiste, et on ne le devient pas par conviction religieuse "les djihadistes sont un peu comme nous", dit le réalisateur. Voilà pourquoi il renonce à montrer l'horreur car il pense que c'est facile et dangereux à la fois. Alors il cherche quelle peut être la cohérence du Bien et du mal? Dieu ne doit-il pas pardonner la démence? Pour donner un souffle de poésie à son film, il intercale des petits moments d'humour et de gaieté. L'Histoire qu'il raconte est plus dans les rues que dans les maisons.

TOMB

On imagine que les moyens pour faire un film africain ne sont jamais énormes alors on a recours à quelques comédiens professionnels volontaires et à beaucoup d'amateurs et de particuliers. (Le producteur ARNAUD CONTRERAS et le réalisateur J PHILIPPE NAVARRE ont réalisés un documentaire radiophonique diffusé sur France culture). Pour le scénario SISSOKO a travaillé avec KESSEN TALL; on retiendra aussi le travail remarquable du Directeur de la Photo SOFIAN EL FANI et du Chef Monteur NADIA BEN RACHID; mais par contre on regrettera la Frilosité du Jury de Cannes qui a loupé l'occasion d'encourager le cinéma du continent Africain avec ce premier long métrage sélectionné, même si on note des longueurs et des lenteurs.

Durée du Film: 1h37

TUMBUKTU

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