y a quoi à chercher ?

17 août 2017

LIRE - OVNI L'extrordinaire découverte : UN ANCIEN DIRECTEUR DE RECHERCHE AU CNRS EXPLIQUE

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EN VACANCES, il est courant d'emporter de la lecture qui sort de l'ordinaire. JEAN CLAUDE BOURRET qui a travaillé dans plusieurs média au cours de sa carrière nous offre cet été de reprendre un sujet à l'abandon: les OVNI. Pour cela, il a fait appel à un ancien Directeur de Recherche du CNRS  JEAN PIERRE PETIT qui depuis plus de quarante ans travaille à chercher des explications scientifiques à la possibilité qu'il y ait d'autres lieux de vie possible dans l'univers qui compte au moins 60 milliards de planètes qui peuvent héberger une sorte de vie, et 2000 milliards de Galaxies. Ce qui, malgré les distances qui les séparent de la terre laisse toutes sortes de voyages possibles d'une étoile à l'autre si pour la maîtrise de L'espace-temps on a recourt à des lois physiques.

Ils espèrent que les bénéfices réalisés par la vente de ce livre donnera les moyens de commencer la construction en France d'une station UFO -CATCH pour observer les éventuels OVNI qui viendraient nous rendre visite. Dans ce même livre, il nous offre de construire individuellement une petite caméra automatique de surveillance qui enregistre l'image du ciel au cas ou !... Pour avoir des informations sur UFO-CATCH on peut déjà se connecter à

http;//vigie.ufo-science.com

Pour participer à ce réseau mondial de détection automatique d'éventuels ovnis,on nous fournit même le schéma pour construire sa caméra à installer sur son toit ou son balcon (la démonstration vidéo sur Ufo-science montre que ça demande d'être bricoleur)

"OVNI L'extraordinaire découverte" J.C. BOURRET et J P PETIT (384 pages format 16x24 cm ED " GUY TREDANIEL -22,90 €"

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2017

 

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LES FILMS SONT SOUVENT FAIT DE FRAGMENTS DE VIE CHARGES DE SIGNIFICATION.

Ils donnent une belle image du Cinéma.

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Mes autres sites et blog:

http://antoniogramsci.e-monsite.com/ (biographie)

http://taftacroisade.canalblog.com/ (Politique)

 http://olympiensmarseillais2013.e-monsite.com/  (sport)

 

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 54 040 VISITEURS au 16 AOUT 2017. 

(69 O20 pages vues) :

Liste des 121 Pays Visiteurs: France - Usa - Belgique - Canada - Allemagne - Corée du Sud - Russie - Tunisie - Maroc - Espagne - Algérie - Royaume Uni - Italie - Luxembourg - Monaco - Afrique du Sud - Japon - Taiwan - Egypte - Guyane - Bresil -  Grèce - Israël - Suède - Ile Maurice - Colombie - Bulgarie - Mexique - Guadeloupe - Norvege - Pologne - Irlande - Madagascar - Ukraine - Benin - Rwanda - République Tcheque - Argentine - Turquie - Suisse - Côte d'Ivoire - Guinée - Thailande - Portugal - Nouvelle Zélande -Chypre - Mali - La Barbade - Hongrie - Polynésie Française - La Réunion - Sénégal - Finlande - Hong Kong (Chine) - Croatie - Togo - Congo - Géorgie - Cameroun - Macedoine (ex Yougoslave)- Mauritanie -Ethiopie -Emirats Arabes Unis - Equateur - Liban - El Salvador- Venezuela- Arabie Saoudite- Roumanie- Chine- Haïti- Lettonie- Chili- Pays-Bas- Philippines- Zambie- Albanie- Malte- Vanuatu - République de Corée- Martinique - Nicaragua- Vietnam - Iraq - Australie - Gabon - Kazakhstan - Costa Rica - Singapour- Estonie- Lybienne jamahiriya- Qatar - Slovaquie - Bolivie- Koweït - Bélarus - République arabe Syrienne - Jordanie - Mauritanie - Pérou - Paraguay- Burkina faso- Inde- Kénya - République Dominicaine - Bangladesh - Uruguay - Autriche - Tanzanie - Panama - Bahreïn - Indonesie - République de Moldova - Niger - Danemark -Cambodge - Djibouti - Malte - Lituanie - Iles caïmanes -

MERCI A TOUTES ET TOUS !

NOTRE BLOG RESTE OUVERT TOUT L'ETE

avec, on l'espère, de bons films .... 

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PS: Après avoir lu ces commentaires, sachez que si vous êtes allé voir un film votre commentaire ou critique est toujours le bienvenu. 

 

 

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CINEMA- 120 BATTEMENTS A LA MINUTE : LE COMBAT DE L'ESPOIR

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Nous approchons de la fin des vacances, autant reprendre contact avec la réalité et les problèmes qui nous attendent. S'il y a un film qui faut chercher à voir c'est Bien le film de ROBIN CAMPILLO qui a presque raflé la palme d'or du dernier festival de Cannes et a qui on a décerné en fin de compte le "Grand prix" pour ne pas être trop ridicule.

CAMPILLO

ROBIN CAMPILLO né en mars 1962 a fait l'IDHEC puis a collaboré comme monteur scénariste avec CANTET avant de se lancer en 2004 comme réalisateur avec "les revenants". Les premières récompenses n'ont pas tardées jusqu'au Meilleur film à la MOSTRA de Venise et en 2015 nommé dans les CÉSARS des meilleurs films et réalisateurs.

CANTET a dit de lui :" Déjà à,l'IDHEC Robin impressionnait par sa clairvoyance, sa façon de formuler les choses,de les cerner de les soupeser mais c'était sans compter sa lenteur". C'est aussi sans doute ce que lui reprochent une partie des critiques étrangers.

Pour 120 battements à la minute il a choisi un sujet oh combien difficile : "Le SIDA". EN 92 il avait rejoint le groupe Act-up Paris qui a prolongé en France le Act-up américain qui le premier a essayer de mobiliser contre le sida et l'attentisme du gouvernement à mener une grande lutte nationale d'information pour la protection contre ce virus et aussi contre les laboratoires pharmaceutiques qui ne pensaient qu'à réaliser d'énormes bénéfices dans le monde entier.

Pour son film, il s'est d'abord inspiré de son expérience :" En tant que Gay, j'ai vécu les années 80 difficilement dans la peur de la maladie. En 90, l'interview télévisé de DIDIER LESTRADE, fondateur de Act-up France, a parlé de la "COMMUNAUTE SIDA" composée de malades, de proches et de personnel médical qui affrontaient l'épidémie sous une forme différente de la société. Ce discours rompait 10 ans de silence; c'est alors que j'ai décidé de rentrer à Act-up....A cette époque il n'y avait ni téléphone mobile, ni internet, ni réseaux sociaux et pas de possibilité de diffuser nos propres images. On avait juste le fax et le minitel pour se retrouver, se réunir et se confronter. Pourtant on a réussir à tenir une réunion chaque semaine avec tous les membres; c'était des réunions publiques ouvertes à tous. Le mal est là, il fallait faire avec. réapprendre à vivre avec la peur en se protégeant ou en se soignant. Et aussi mener des actions chocs  accompagnées de moments de fêtes. Condamnés à mourir tous étaient bien décidés à profiter de chaque seconde de vie".

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CAMPILLO a écrit le scénario avec la participation de PHILIPPE MANGEOT (ancien président d'act-UP 97). Le titre fait référence à la musique festive et inquiète de l'époque et la situation de la communauté Gay. Pour tourner les réunions dans les amphi, il a disposé de 3 caméras de façon que sa mise en scène soit instructive et énergique. Au départ, beaucoup dans l'opinion publique restent insensible à l'action de ACT UP. Pourtant quand on voit les débats passionnés dans les réunions, les affrontements pour débattre de la nature des actions futures etaux nouvelles formes de communication on sent bien que la motivation n'était pas que personnelle: "J'ai essayé de reconstituer pas mal de débats et d'actions; je les ai agencées librement par rapport à la vérité historique avec différents traits de caractères des personnalités qui ont marqués cette histoire du groupe et des tensions qui opposaient les personnes."

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Dans ce film on sent bien que le gouvernement et les laboratoires de recherches pharmaceutiques ne se précipitent pas et qu'il aura fallu des actions spectaculaires d'Act-up pour obtenir un début de prise en compte. Pour les manifestants, chaque action est déjà une victoire. Même ceux qui sont aux portes de la mort restent joyeux et combatifs. SEAN est aussi un poète qui admire la beauté du ciel. En fin de compte, cette histoire est une histoire d'amitié et d'amour qui veut secouer les tabous sur la sexualité. SEAN et NATHAN sont des amants passionnés qui espèrent que les mois à venir ne seront pas les derniers de leur jeunesse fantasque de toute une génération sous perfusion. C'est grâce à eux que le combat contre le sida continue et va peut être finir pas être gagné.

NANUEL PEREZ BISCAYART est Sean

ARNAUD VALOIS Nathan

ADELE HAENEL Sophie

ANTOINE REINARTZ Thibaut

FELIX MARITAUD Max...

Durée du film : 2 h 22

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Ps: depuis 1977 le gouvernement savait que le plasma à sec transfusé aux hémophiles pouvait transmettre des hépatites B et C . Il a attendu 1985 pour mettre en place le dépistage du Sida dans le sang dans les centres de transfusion sanguine, alors que l'année précédente on avait recensé 7534 cas de sida. Dans les prisons, certains centres continuaient de pratiquer 4 à 6 collectes par an. Le gouvernement avait beau déclarer dans une circulaire que "le risque de contagion peut être considéré comme inexistant dans les contacts visuels de tous les jours familiaux ou professionnels" on continue à voir des employeurs se séparer des employés suspéctés d'avoir contacté le SIDA. En 2000, on comptait en Asie 6,4 millions de cas et on redoutait une explosion a venir sur les autres continents; mais alors que les fonds d'aide étaient estimés à 10 milliards pour 2005, l'aide réelle ne dépassait guère les 500 millions de dollars.

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11 août 2017

CINEMA - OVERDRIVE : PASSEZ LA SURMULTIPLIE EN REVE

 

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Voilà un film Américain qui va plaire aux ados qui rèvent de conduire de belles voitures sans limitation de vitesse. Dans les années soixante, les marques comme FERRARI, ASTON MARTIN, JAGUARD... avaient parfois recours au système mécanique de l'OVERDRIVE pour booster les boites de vitesse qui sur-multipliaient les rapports de transmission.

 

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Le jeune réalisateur colombien ANTONIO NEGRET avait envie de faire un film autour de voitures de collection mythiques comme la BUGATTI 1937 et la FERRARI de 1962. Lorsqu'il a découvert Marseille, ce fut comme si il avait trouvé l'écrin dans lequel elles allaient pouvoir rutiler sous un soleil de feu. Comme disait HEGEL:Ici la mer éveille le courage, la montagne l'intelligence et le soleil vous apprend à mépriser la richesse en grand. Les trois réunis procurent de plus une hypersensibilité et donnent naissance à un type de vie spécial.

 

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Alors, pour cette semaine du 15 Aout, on oublie la liste des morts sur la route pour se plonger dans ce film américain de vacances qui n'a d'autre ambition que de nous doper de cascades spectaculaires, de courses poursuites avec un lot d'actions déjantées où l'humour pousse au délire.Certains vous diront que c'est du cinéma de série B ; moi je trouve que ça ressemble beaucoup aux jeux festifs vidéos des plays stations. Alors que ces consoles se vendent à des centaines de millions d'exemplaires dans le monde (110 millions d'utilisateurs),Je ne vois pas pourquoi on interdirait de produire ou d'aller voir ce genre de films festif pour ce jeune public de 7 à 77 ans même si ça reste du cinéma de qualité médiocre, culturellement parlant, surtout que je ne suis pas sur qu'il n'y a pas chez vous une de ces consoles qui traînent?

 

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Je vous l'ai dit, l'histoire se passe dans le Marseille des cartes postales, JACOME MORIER (SIMON ABKARIAN)est le parrain de la maffia locale. Son pêcher mignon  c'est la collection de voitures de luxe anciennes qu'il range dans un vaste hangar. Sa dernière trouvaille la sublime Bugatti noire de 1931 qu'il s'empresse de ramener à Marseille dans un camion. Dans les parages rodent les frères Foster - GARETT et ANDREW - qui sont des pilotent hors normes qui raffolent de voler de belles voitures. Rancardés sur l'acheminement de la Bugatti Andrew (SCOTT EASTWOOD) et Garett (ALEX PETTYFER)organisent une attaque à hauteur d'un pont qui traverse l'autoroute et après un rodéo mémorable s'emparent de la bête, sauf que le parrain finit par les localiser. Pour éviter d'être trucidés, les deux frères décident d'offrir leur service au Parrain qui leurs dit qu'il les épargnera si dans une semaine ils lui apportent la Ferrari 1962 dans laquelle se promène le parrain de la maffia Allemande  MAX KLEMP (CLEMENS SCHICK) qui cherche à s'implanter sur la riviéra. Problème, la Ferrari ne peut être volée que quand elle est stationnée là où il réside sur la côte et cela nécessite que les deux frères puissent constituer une équipe. Stéphanie (ANA de ARMAS), la fiancée d'ANDREW qui rêve depuis longtemps d'aventures et d'actions est vite retenue...Andrew est le plus réfléchi des deux frères, c'est le cerveau de l'équipe pour faire ce qu'il sait faire "voler des voitures".Comme il est très amoureux de Stéphanie, chaque fois qu'elle est en danger il doit faire face à un dilemme et se demande s'il devrait pas arrêter?

 

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Le scénario a été écrit par MICHAEL BRANDT et DERK HAAS. C'est PIERRE MOREL, le réalisateur de "TAKEN" (un des poulain de Bresson)qui produit et supervise "OVERDRIVE". Le film a été tourné dans les rues du centre vieux port de Marseille , près de la Mairie en Juin 2016.

ANTONIO NEGRET Né le 13 février 1982 s'est surtout distingué avec des Sériés télé après avoir débuté comme acteur en 1999 ("KLEINE ROTTEN"),il a écrit plusieurs épisodes de diverses séries de 2014 à 2016: 100 - FOREVEUR -ARROW -MACGAYVER - L'ARME FATALE...

 

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Le côté intéressant de ce film  c'est qu'il n'y a pas d'effets spéciaux de cascade numérique:" j'aime tourner les films à l'ancienne sans image infographique dans tous les sens car c'est artificiel et ça se voit à l'écran car il manque une énergie et une dynamique". Morel a travaillé les cascades avec des anciens collaborateurs à lui.

 

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Pour les Cascades pas question de prendre le risque de détruire des voitures qui valent plusieurs millions; ils ont donc eu recours à des répliques.8semaines de tournage (3 à Marseille) pour un budget de 24 millions d'€uros.

Durée du film ! 1 h 36

 

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09 août 2017

CINEMA - UNE FEMME DOUCE : LA DOUCEUR N'EST PLUS DE CE MONDE

 

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Quand DOSTOSIEVSKI écrivait "la DOUCE", il s'intéressait aux rapports humains qui dans la vieille Russie étaient marqués par  "l'incommunicabilité" entre les gens aisés et les pauvres qui aboutit au suicide et à l'interrogation du survivant qui cherche à comprendre ce qui a poussé sa femme à un tel acte de désespoir? Au départ c'était une jeune femme très pauvre qui avait décidée de vendre le peu de bien qu'elle avait pour pouvoir s'acheter livre et cahier afin de se sortir de son illettrisme et mener une vie meilleure. Pour se faire, elle se rendait chez un libraire qui était un préteur sur gage. Ce dernier, soldat démissionnaire, avait l'ambition de faire fortune. Cynique et avare, il se soucie d'abord de sa santé et de son bonheur personnel et voit dans cette douce femme, jeune,  innocente, l'occasion de trouver une femme qui  saura le servir. Froid et rigide, il lui fait miroiter une vie meilleure avec lui. Bien qu'elle ne soit pas séduite, elle accepte jusqu'au jour où elle se suicide en se jetant par la fenêtre. Le préteur sur gage symbolise cette Russie des tsars qui calcule tout, même l'amour, le mariage qui n'est que l'asservissement du peuple (la femme douce) qu'il finit par l'étouffer et la détruire à force de vouloir tout régenter sans partage.

 

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L'Ukrainien-Bielorusse SERGEI LOZNITSA, réalisateur de 52 ans, qui a un passé de mathématicien, n'a pas voulu opter pour une simple adaptation de la nouvelle du romancier Russe.: "Ce qui intéressait Dostoievski c'était les ambitions blessées, l'amour propre humilié, les rapports humains qui courent à la catastrophe. Je ne suis pas allé dans cette direction; plutôt qu'un travail d'ordre intime et introspectif, avec la souffrance propre à la femme douce, ses tourments psychologiques, mon film décrit un espace, un habitat dans lequel des créatures sont forcées d'exister".

Il a écrit un tout autre scénario: Une femme vit isolée en périphérie d'un village avec son chien. Elle est mariée mais son mari a été mis en prison pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Jusque là, elle se contentait de lui envoyer des colis de nourriture. mais un jour, le colis lui revient sans que lui soit donné une raison. Elle décide alors d'aller voir ce qui se passe à la prison. Elle quitte son Ukraine natale pour aller en RUSSIE où se trouve la prison. Dans un premier temps elle prend un car rempli presque exclusivement d'hommes qui vont travailler et qui semblent reprocher aux autres de vouloir exister. La femme reste stoïque et muette. Pour arriver jusqu'aux portes de la prison elle va devoir se confronter à toutes sortes d'individus amers, pauvres qui se laissent aller à l'alcoolisme, à la prostitution où à la délinquance des bas fonds qui finissent de saper leur moral. Ils boivent, chantent et pleurent en évoquant leur triste passé. Quand elle demande la route de la prison on lui répond gentiment:" Prenez à gauche HEGEL puis allez tout droit sur MARX". Quand enfin elle arrive aux portes de la prison, non seulement on ne lui fourni aucune explication sur où se trouve son mari mais comme elle a le tord de poser la mauvaise question à un responsable violent, elle est à son tour interrogée, fouillée, elle est menacée par les soldats après l'avoir été par les proxénètes et devient un individu qu'on rentre dans un système dont on ne sort jamais vivant. Chacune de ses interrogations la rapproche un peu plus du trou noir. A chaque question qu'elle pose se rajoute d'autres questions...

 

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Le réalisateur qui a un passé de scientifique a éprouvé le besoin de tout préparer dans le moindre détail avec son équipe de techniciens: chef opérateur, ingénieur du son, chef décorateur. Tout s'est décidé ensemble jusqu'à la façon dont doit évoluer le film. Chaque scène, chaque plan, se fait après accord de tous, y compris la position de la caméra. Puis, le story-board est intégré aux repérages effectués et aux décors choisis. Pour finir, les répétitions avec les acteurs se font sur les lieux de tournage : "La Russie est un territoire géographique et mental. Ce territoire européen ne nécessite pas de visa spécial mais il porte encore les traces de l'ancien régime soviétique; les 2 grandes prisons symbolisent l'ancienne administration. Avec la fiction et le documentaire, on passe d'un format à l'autre. Entre deux films de fiction j'insère des documentaires plus légers mais, fondamentalement, je ne fait aucune différence entre les deux; même les documentaires qui n'ont aucun support avec la réalité sont pour moi une pure reconstitution, une pure construction.... Si on considère que le film d'action est de la physique théorique et le documentaire de la physique expérimentale mon travail se décrit comme une expérimentale théorique qui fait que j'ai vraiment envie de pratiquer les deux.... Ce pays est empreint de toutes les formes de violences, au lieu de pouvoir vivre des choses de manière tranquille, gai, sympathique, on doit à chaque étape de son existence emprunter une voie difficile, mensongère, parfois terrible... Les gens ont souvent peur du mot "science" quand ça s'applique au cinéma. C'est mieux de présenter son film sous forme d'étude. Si on dit qu'on  a fait de l'anthropologie, le public fuit. Moi je fait de l'anthropologie visuelle, j'étudie les gens qui m'entourent. J'ai écrit avec ce film un sujet d'étude que ça plaise ou pas".

Dans ce film, les acteurs ne portent pas de noms VASILINA MATKOVTSERA est la "femme douce", MARINA KLESHCHEVA est la "Compatissante", il y a aussi le militant des droits de l'homme, Visage bleu, bras dans le plâtre et dents écartées.

 

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Au final LOZNITSIA a tellement voulu atteindre la perfection que les 30 dernières minutes sont lourdes, pesantes quand il s'en prend aux spectateurs. Comme l'a rappelé un critique il est de ces Russes Ukrainiens qui continuent de faire un complexe d'infériorité par rapports aux occidentaux et disent:

"Nous les Russes somment des incultes et des sauvages à vos yeux; Ok, souffrons pour vous.  Nous allons continuer de donner nos vies pour vous qui nous méprisez tant et nous sommes prêts à la donner encore, mais le jour viendra où nous vous sauverons de vous-même ".*)

Pour lui, la seule planche de salut qui leurs reste est le sommeil et le silence sur tout ce qui se passe: la Russie est une femme douce, ironise-t-il.

C'est sans doute à cause de cette vision trop étriquée de la réalité moderne et de la longueur inutile de certaines scènes avec un final en forme de rève dans la fantasmagorie où une femme douce enveloppée dans une zibeline se promène en calèche devant des monuments rutilants, un repas où chaque convive représente une abbération du système qui écoute le discours avant de sombrer dans le sommeil et que la femme douce se retrouve dans un hall de gare rempli de gens qui sommeillent, que LOZNITSIA est reparti bredouille de Cannes.

Durée du film : 2h 23

*) :l'UKRAINE avait prononcée son indépendance le 11 Mars 2014, puis un référendum l'a rattachée à la Russie le 18 mars. L'ONU a réclamée, en vain, l'intégrité territoriale de l'UKRAINE, une majorité a condamné le rattachement de la CRIMEE à la RUSSIE mais le 11 Mars 2014 est née la république autonome de la Crimée après la guerre de DOMBLASS qui a éclaté dans l'Est de l'UKRAINE, majoritairement Russophone. faisant 9000 morts.

 

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03 août 2017

CINEMA - DJAM : L ' ESPRIT DU REBETIKO EST DANS LA FEMME LIBRE

 

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La musique traditionnelle grecque du REBETIKO symbolise par ses chants les peuples poussés à l'exil et tous les migrants qui, à travers les ages, essaient de trouver une terre d'accueil nourricière qui les rendra libre et indépendant, une terre de partage et d'espoir: " il n'y a jamais de colère dans cette musique, plutôt de la révolte, de la mélancolie; c'est la musique des mal aimés, des gens fiers d'être ce qu'ils sont" dit TONY GATLIF et d'ajouter: " C'est une musique subversive où les chants sont des paroles qui guérissent. Ces chansons parlent d'exil...J'ai vu tant de peuples condamnés à l'exil qu'avec ce film je voulais parler de tous les migrants d'hier et d'aujourd'hui; j'avais envie de filmer une jeune femme libre".

 

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TONY GATLIF a découvert cette musique en 1983 en turquie. Lui même a fait parti des rapatriés d'Algérie de 1960; il avait 12 ans et sa difficulté à s'insérer dans une nouvelle vie l'avait conduit en maison de redressement. Par la suite son passe temps favori était le cinéma et dans son malheur il a eu la chance un jour de pouvoir rencontrer MICHEL SIMON qui l'avait adressé à un ami. Il avait pu suivre ainsi des cours d'art dramatique et jouer au théâtre en apprenant ses textes de manière phonétique. Son premier film fut réalisé en 1975. Depuis il en a réalisés 36 autres. Cela lui a permis de revendiquer sa condition de Gitan et de défendre la cause gitane avant, plus tard, de se concentrer sur les "indignés". La difficulté des sujets traités expliquent le petit nombre de récompenses obtenues dont un prix de la mise en scène au festival de Cannes en 2004. A 68 ans, il nous présente "DJAM", un film qui marque l'aboutissement de sa carrière de réalisateur, une sorte de conte qui se veut un anti "BLANCHE NEIGE" et qui à travers DJAM défend la condition féminine libre et indépendante ainsi que la cause des migrants qui va de pair.

 

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DJAM (DAPHNE PATAKIA) est une femme d'une vingtaine d'année qui vit sur l'ile de LESBOS avec son beau père Kakouros (SIMON ABKARIAN) restaurateur. C'est une jeune femme nature qui ne porte aucun sous vêtement sous sa jupe. Elle est totalement libre et elle vie comme elle l'entend, sans se fixer de règles contraignantes. Elle est généreuse, parfois insolente et toujours imprévisible. Sa vie prend un tour nouveau le jour où son beau père l'envoie en Turquie pour récupérer une bielle pour le moteur du bateau qui reste en cale sèche depuis longtemps car aujourd'hui son commerce est au bord de la faillite et il est contraint, à cause des huissiers qui rodent, de rester dans son restaurant. Djam passe d'abord dans l'ancienne maison de sa défunte mère pour récupérer une archive et découvre des enregistrements vintage du REBETIKO. Elle connaît les chansons par coeur car elles sont dans le patrimoine culturel des gens pauvres exilés dont les ancêtres ont été chassés de turquie par ATATURK. Le Rebetiko c'est la première trace laissée par ces migrants forcés à aller se réfugier en Gréce.

 

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Lorsque Djam arrive en Turquie elle fait la connaissance d'une jeune française de 19 ans : AVRIL (MARYSE CAYON) qui était venue en Turquie pour aider les exilés Syriens qui fuyaient la guerre, mais aujourd'hui c'est elle qui est en détresse car avec ses plans généreux mais mal conçus elle se retrouve sans papier, sans argent et sans aucune possibilité de pouvoir rentrer chez elle. Djam décide de l'aider mais ça n'a rien de facile car toutes deux ont des caractères bien trempés ce qui met Djam mal à l'aise, La française ne voit pas la richesse qu'elle porte en elle. Elle n'a pas la liberté de Djam qui lui dit de la laisser tranquille alors qu'Avril s'imprègne de ce quelle fait et finit par rester dans son sillage. Elles décident donc de faire route ensemble pour regagner la grèce en empruntant la route des précédents exilés qui tout au long de leur chemin ont laissés des traces de leur passage dans les coins où ils se sont arrêtés pour manger et dormir (près d'une voie ferrée on retrouve un foyer où ils ont fait du feu avec des traverses de bois pour cuire dans des boites de conserves qui leurs servaient de casseroles de l'eau pour le thé, des aliments. Avant de partir, certains ont laissé une traçe de leur passage en écrivant sur les murs avec du charbon de bois...) . Quand après avoir traversée la mer qui sert de frontière entre la Turquie et la mer, elles verront la montagne de gilets de sauvetage vendus aux passagers pour la traversée et laissés là par les exilés comme la dernière trace avant de retrouver un semblant de liberté, elles seront bouleversées car chaque gilet raconte  l'histoire d'un exilé.

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Pendant ce long voyage Djam et Avril vont faire de multiples rencontres (pas avec des exilés ou des migrants) ce sera l'occasion pour Avril de faire un détour pour sauver un homme du désespoir et pour Djam d'établir à travers les paroles d'une chanson rebetiko une communion chaleureuse avec les gens rencontrés, chanson qu'elle complète parfois avec la danse du ventre ou qu'elle accompagne avec son instrument de musique le baglamas (instrument étroit à col étroit du Rebetiko). Après ces interlude musicaux endiablés, elles reprennent la routes des exilés syriens....

 

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GATLIF  a insisté pour que dans ce film "ça bouge tout le temps"; il a fait en sorte qu'à travers DJAM il parle de la liberté, liberté que le monde d'aujourd'hui cherche à supprimer "aujourd'hui il n'y a plus de honte a être fasciste, anti arable, anti femme, anti tout. Moi, je ne crois pas que le monde soit à présent meilleur; j'ai horreur de faire jouer faux, je préfère le réel alors je pousse la réalité. L'exil est une catastrophe qui m'angoisse. Mon film est une sorte de bilan de tous les exils".

Emporté par son élan de liberté, il arrive à GATLIF d'aller jusqu'à des scènes de nudités frontales, jusqu'au rasage du pubis, comme si ces détails anatomiques faisaient partie des fantasmes de la liberté nécessaire?

C'est un film qui vit musicalement où jamais sont montrés les exilés qui sont présents à travers les traces laissés.

Durée du film : 1 h 37

 

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02 août 2017

CINEMA - QUE DIOS NOS PERDONE : FRISSONNEZ ET FAITES VOUS UN SANG D'ENCRE

 

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Voilà un film de l'été caniculaire qui a toutes les chances de vous faire passer 8 sales quart d'heure et y aura pas que la clim pour vous faire frissonner dans votre siège. C'est un Espagnol qui pour son troisième long métrage a décidé de vous offrir ce thriller glacé et glaçant. "QUE DIEU NOUS PARDONNE", ce titre sonne déjà comme un avertissement: êtes vous sur d'être aussi bon que vous le pensez? "la violence a été le sujet présent dès l'origine de ce film. Ma co-scénariste ISABEL PERNA et moi nous voulions aborder divers aspects de cette violence, tant celle des hommes que celle des sociétés occidentales; leur héritage hétéro-patriarcal fait qu'elle a toujours été provoquée par les hommes. Il était fondamental qu'elle soit au coeur de notre film".

 

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RODRIGO SOROGOYEN est né 16 septembre 1981. Déjà médaillé comme "meilleur nouveau réalisateur"(Goya) pour son film "STOCKHOLM (2013)qui avait été financé grâce au Crowfulding le voilà qui obtient à SAN SEBASTIEN le prix de "meilleur scénario" pour "QUE DIOS NOS PERDONE"! :"Tout a déjà été fait dans le cinéma de genre. Détourner et pervertir un peu plus les codes traditionnels du Thriller voilà qui me stimule. J'espère que cela aura le même effet  sur les spectateurs. J'ai suivi des schémas traditionnels pour mieux basculer dans des sentiers moins banalisés dans la seconde moitié du film. C'est une sorte de motivation personnelle pour surprendre les gens même si je sais que je n'invente rien avec ces ruptures. Cela nourrit mon plaisir lorsque je tourne de bousculer les choses, d'aller à rebours de ce qui était prévu. Ce thriller comme tous les films espagnols du genre est très réaliste, il renoue avec le sens du détail, du naturalisme social des années 50/60 ; ça tient du cinéma espagnol néo-noir de ces années-là comme par exemple les films de JUAN LUIS BERLANGA. C'est quasiment un héritage culturel, inconsciemment ou pas, on s'en inspire et revendique son influence qui est une manière d'affirmer d'où l'on vient et de conserver ce lien...Le scénario est né d'un intérêt anthropologique : comprendre pourquoi les gens s'entretuent et d'une curiosité sociologique:représenter une société dans un moment concret".

 

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L'histoire se passe à Madrid pendant l'été caniculaire 2012 alors que se déroule une manifestation sur la place de la puerta del sol contre l'argent dépensé pour la venue du Pape BENOIT XVI au JMJ, alors qu'arrivent plus d'un million de pèlerins du monde entier au rendez-vous avec le Pape qui sera présent le 2 septembre. Alors que la police répriment violemment les manifestants insurgés du M-15, elle se montre au contraire très conciliante et protectrice avec les pèlerins étrangers. Pendant ce temps, un tueur en série s'en prend dans l'ombre à des vieilles dames qu'il violente et assassine (5 meurtres au debut de l'enquête). Les enquêteurs VELARDE (ANTONIO DE LA TORRE) et ALFARO (ROBERTO ALAM0) sont chargés de l'enquête pour arrêter le tueur mais avec un impératif: faire que le public et les médias n'en sachent rien pour ne pas amplifier la polémique sur la venue du Pape. Madrid va vivre alors une situation singulière, historique, qui va mettre en lumière la transition entre la tradition d'une Espagne très catholique et l'apparition d'une nouvelle génération d'espagnols qui est pour le changement avec plus de démocratie et les actes atroces, dans l'ombre, d'un individu espagnol? violent qui tue par amour pour sa mère et la haine des femmes.

 

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La première partie est conçue comme un documentaire, comme dit le réalisateur: "c'est fortement rugueux, presque sale; c'est la mise en exposition des personnages, y a pas encore la violence. C'était nécessaire pour pouvoir les plonger ensuite dans un puits sans fond".tout est filmé caméra à l'épaule, c'est le stade où on situe le décor et les interprètes.

 

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Pour la deuxième partie, la photo est plus cadrée, le style visuel est moins agité ça se passe dans un coin mal famé de Madrid. On découvre que dans leur vie privée respective les deux enquêteurs qui apprennent à se comprendre doivent aussi faire face à leurs vieux problèmes personnels, l'atmosphère devient tendue dans une chaleur torride,glauque:"le scénario est violent que ça plaise ou pas; nous avons fait en fonction des moyens sans aller trop loin mais sans limite à ne pas franchir. Ce film n'est pas une ode à la violence, on y voit des choses dures mais il aurait pu être encore plus brutal".

Les deux policiers sont aussi deux hommes qui ne réussissent pas à contrôler leur propre vie; Valabre bégaie. Tous deux ont décidé d'oublier le devoir pour retrouver ce tueur en série. Ils ont engagé contre lui une course contre la montre pour que tout soit rentré dans l'ordre et le calme le jour de la venue du Pape. C'est une course impitoyable qu'ils ont engagé contre le tueur tout en convenant qu'ils ne sont peut-être pas meilleur que lui.Trahison, violence , vengeance, torture va faire que cette poursuite implacable ne peut que finir dans un final tordu ou la tension est extrême. Sensations fortes garanties. La bande son ajoute à la pression.

 

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"les gens vivent avec la violence et parfois il arrive qu'ils se retrouvent au centre de celle-ci" Rodrigo a fait un film radicalement pessimiste, mais son audace , son style et la qualité des acteurs font que si Dieu ne pardonne pas, ça restera très probablement un "effroyable cauchemar sensoriel, palpitant et vibrant" comme a dit un critique et le film noir de l'Eté à ne pas manquer.

 Durée du film 2 h 04 (4 quart d'heure d'angoisse)

 

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29 juillet 2017

CINEMA - CRASH TEST AGLAE : MON COUP DE COEUR DE VACANCES

 

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Parfois on se casse la tête pour "dénicher" un film que l'on ait envie d'emporter, quelque soit le temps qui fera, en vacances , un film qui ne soit pas une arnaque , un film sans prétention , avec lequel on va pouvoir faire le vide dans son cerveau fatigué, les pieds en éventail, un film frais que l'on savoure avec une paille (si j'avais été plus jeune j'aurais parlé d'un château de sable avec l'écumes des vagues qui vous lèche les pieds). Cette année ce sera "CRASH TEST AGLAE".

Comme les deux autres commentaires qui suivront portent sur des films des pays de l'Est, je vous rassure tout de suite cette comédie Franco / Canadienne qui est une sorte de ROAD MOVIE va aussi traverser la Russie, le Kazakhstan...

 

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C'est ici encore un premier film d'un jeune réalisateur diplômé de l'Université Concordia de MONTREAL qui jusque là s'était éclaté  en faisant quantité de courts métrages (20) qui lui ont valus 6 prix (il est aussi le co-fondateur du mouvement KINO paris ; MOUVEMENT CINÉMATOGRAPHIQUE INTERNATIONAL ("Faire bien avec Rien, Mieux avec peu, mais faire MAINTENANT" -1999).

"Pour mon film j'ai aimé l'idée que le destin de ces trois femmes soit l'absurde. Je trouve drôle de jouer avec l'espoir plutôt qu'avec le désespoir" - ERIC  CRAVEL -

 

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Au départ l'histoire a pour sujet un problème moderne, celui du travail délocalisé dans le cadre de la mondialisation. Mais le réalisateur a choisi de transformer ce problème en comédie tout en dénonçant en passant, avec un rien de cynisme, ce mode de travail dévalué au rabais qui offre des boulots de merde de plus en plus éloigné du lieu de vie des pays capitalistes dit "riches". A cet humour noir succède vite la folie joyeuse d'une road movie internationale de trois ouvrières Françaises.

 

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Déjà AGLAE LANCTOT, le personnage principal, a tout d'un anti héros. Elle n'a pas eu ce qu'on appelle une enfance facile; fille du danseuse nue -cracheuse de feu- l'avait abandonnée toute petite. Adulte elle est devenue une personne psychorigide, qui boude en permanence et qui s'accroche à son travail de laboratoire, elle passe ses journées a vérifier, méticuleusement, la capacité des voitures à résister aux chocs violents des collisions de toutes sortes. Les victimes humaines potentielles sont des mannequins bardés de capteurs. Autant dire qu'AGLAE fait un travail utile pour la sécurité des automobilistes (conducteurs et passagers). En dehors du travail elle aime bien voir jouer au cricket (jeu collectif à 11 sur terrain ovale avec une balle et des battes (2 équipes).

 

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Lorsqu'on lui annonce que l'entreprise va être délocalisée en Inde, Aglaé qui refuse de changer de travail décide d'accepter d'aller travailler en Inde pour un salaire moindre. Problème, la Direction refuse de pendre en charge le déménagement des personnels. Quand elle explique sa décision à ses deux copines de travail, Marcelle dit qu'elle est d'accord pour l'accompagner. C'est une ouvrière de 60 balais, fille de paysans, qui est pragmatique dans l'âme. Elle met de côté tout ce qui ressemble à des considérations complexes : "Je n'ai pas fini de vous surprendre". Elle conduit une Citroen Visa-sport décapotable jaune orange. Comme le voyage en avion est trop cher, pas de problème, elles iront en Inde par la route. De fait Liette la deuxième copine de Aglaé qui est une amoureuse béate de son mari Clovis syndicaliste plein de contradictions quand il est face à son DRH, voit dans ce déplacement lointain la possibilité de réaliser son rêve de mère.

Le trio se met en route : Aglae l'introvertie plus décidée que jamais, Marcelle la pragmatique et Liette motivée qui aspire à une liberté valorisante, forment une équipe qui décoiffe, bien décidée à aller en INDE, pays totalement inconnu.

"J'aime bien mettre en scène des personnages qui sont des losers (perdants)" dit CRAVEL.

 

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Cette expédition est l'occasion de vérifier les capacités humaines à résister aux chocs de la vie. C'est leur crash test à elles. Et des crash test il va y en avoir au cours des  5 pays d'europe, d'asie traversés jusqu'en Inde où le choc qui les attend sera encore plus surprenant.

Pour sa réalisation CRAVEL a décidé d'accompagner avec le changement de décor.

La première partie française sera rigide avec des cadrages fixes qui donne l'impression que rien ne bouge (c'est comme dans la tête d'Aglae).

La deuxième partie s'ouvre aux autres, le film se libère, les plans se font caméra à l'épaule, on sent que s'installent les influences des pays traversés, les cadrages sont moins ciselés, la vie entre; certains pays d'europe de l'est sont rugueux; comme dit le metteur en scènes :l'organique prend le dessus. A partir de la Russie la caméra est plus sensible, plus subjective, proche des nouvelles sensations qu'epprouve Aglaé.

La 3ème partie, c'est le passage en ASIE, les plans sont plus larges et serrés; les extrêmes se côtoient et relèvent l'immensité du voyage effectué et de l'introspection, les cadrages sautent.

Le choc final c'est l'entrée brutale en Inde.

Voilà où peut conduire un boulot de merde quand on refuse obstinément de se remettre en question. En fait, je vois ce film comme une sorte de version loufoque moderne d"Indiana Jones et l'arche perdue" féminisée. 

 

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Pour réussir un tel film il fallait bien un trio d'actrices hors norme:

INDIA HAIR (AGLAE) - YOLANDE MOREAU (MARCELLE) et JULIE DEPARDIEU (LIETTE) étaient les actrices rêvées pour jouer les aventurières à la recherche de l'arche d'alliance qui contient les tables de lois de la mondialisation.

Pensez à emporter des lunettes...de soleil parce qu'avec ce Canadien d'Eric CRAVEL : patrons, syndicalistes et ouvriers losers en prennent pour leur grade.

 

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Durée du film 1 h 25

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27 juillet 2017

CINEMA - HOSTAGES : DETOURNEMENT RATE DE FILS DE BOURGEOIS

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L'envie de liberté n'excuse pas tout. On commence par un film GEORGIEN de REZO GIGINEISHVILI qui se passe dans la Georgie sovietique de 1983. GIGINEISHVILI est né à TBILISSI en 1982 et il est diplômé de l'instititut GERASIMOS (VGIK). Il vit et travaille entre Moscou et sa Géorgie natale. Son premier long métrage "HEAT", en 2006, avait rapporté 15 millions de dollars alors que le budget de tournage avait été de 1,4 million seulement. En 2012, il se tourne vers la comédie romantique et à partir de 2015 s'oriente vers un style plus exigeant et personnel. Pour écrire le scénario de "Hostages" il travaillera avec l'auteur de romans et de pièce de théâtre LASHA BUGADZE qui était intéressé par ce sujet historique : "Ça nous concerne tous. Son film met aujourd'hui encore en avant ce qui se passe quand l'idée de Liberté est simulée mais pas réellement  alors que le système du pouvoir dicte ce qui est bien ou mal. Cela nous amène à la tragédie. Sommes-nous capable d'aborder cette page et se remettre dans la peau des idéalistes naïfs, des passagers terrifiés et des parents déboussolés ? C'est un épisode honteux, confus à raviver". Et Renzo d'ajouter:" je ressentais de la douleur pour eux tous, pour les forces spéciales qui ont tenté de sauver les otages, les membres de l'équipage qui ont péri, les passagers et les terroristes amateurs. L'action demeure injustifiable, on peut juste tenter de comprendre, confronté à une tragédie classique. Nul n'a raison et nul n'est coupable".

Avant d'écrire son scénario il a interrogé une centaine de témoins directs et a consulté les documents d'archives avec les interrogatoires du service des archives d'Etat Géorgien. Cela lui a pris sept ans d'enquêtes. C'est un fait dont on a longtemps parlé en Géorgie alors qu'en Union Sovietique il a été totalement ignoré.

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Dans la Georgie soviétique de 1983. Un groupe d'amis qui font parti de la jeunesse dorée (ils sont des acteurs de l'élite intellectuelle bourgeoise de Tibilissi qui ont grandis avec des avantages sociaux du régime et qui, en tant qu'acteurs renommés de la musique rock occidentale prisée par la jeunesse, bénéficient d'une certaine notoriété. ils ont une facilité de vie que la grande majorité des Géorgiens n'ont pas). 7 d'entre-eux rêvent de sortir de leur pays pour aller vivre en Amérique, le pays de la liberté. Ils ne supportent plus de vivre sous la coupe de ce régime autoritaire de l'Union soviétique socialiste. Comme à cette époque les citoyens ne sont pas autorisés à voyager à l'étranger, pour réaliser leur rêve c'est le détournement d'avion qui est choisi comme mode opératoire. La cible est un avion qui fait un vol régional entre Tbilissi et BATIMI une station balnéaire toute proche de la Frontière Turque. Ils mettent au point ce détournement et s'entrainent au tir au revolver pour paraît à toute éventualité de résistance, parmi l'équipage, mais il n'y a parmi eux aucun chef et pas non plus un plan très détaillé de ce que chacun devra faire. La veille de l'opération NiKA (TRAKLI KVIRKADZE) qui est un peu célèbre épouse Ana (TINATIN DALAKISHVILI) et font une folle cérémonie de mariage dans la maison de la mère du marié qui servira d'arguement pour expliquer aux autorités cette lune de miel au bord de mer avec 5 amis.

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Le lendemain avec les  cinq autres, ils passent à l'action: Nika  et Ana sont chargés de passer la sécurité avec des armes cachées. Premier gros problème ils doivent changer d'avion pour un plus grand avec plus de passagers qui va direction Saint Pétersbourg. Ils profitent de leurs statut de tout jeune mariés et de la célébrité d'acteur de Nikita pour franchir sans problème tous les contrôles jusque dans l'avion. Un fois qu'il a décollé ils attendent que l'avion approche de Batimi où il doit faire escale avant d'aller à Leningrad et Saint Petersbourg;  mais alors que l'avion approche, le pilote reçoit l'ordre de faire demi-tour car un vent violent empêchent les avions d'atterrir. les pirates de l'air décident de prendre les passagers en otage pour obliger les pilotes à les emmenés en Turquie. Mais ils sont nerveux et commettent des erreurs qui vont avoir des conséquences qu'ils n'avaient pas prévu (ils tuent un passager et blesse l'ingénieur de bord). Malgré qu'un des pirates menace de faire exploser le 6833 avec une grenade, L'avion retourne se poser dans la nuit sur l'Aéroport de Tbilissi où les attendent les forces armées de sécurité sovietiques. Ils savent qu'ils ont échoués mais semblent accepter de marcher vers la mort en étant résignés.  Les autorités font pressions sur les parents qui ne s'expliquent pas ce geste fou de leurs enfants afin qu'ils acceptent de mettre fin à ce détournement et se rendent avec la promesse d'un jugement clément. L'assaut est donné, une hôtesse de l'air est tuée...

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Au final il y aura 3 morts des jeunes terroristes libertaires, 3 parmi les membres de l'équipage et 2 passagers. C'est devenue : " l'affaire des gamins dans l'avion". Les gamins survivants seront jugés et condamnés en tant que "terroristes et traites" fusillés, sauf ANA. En prison, sa mère lui demandera: "Est-ce que votre liberté valaient les vies d'autres personnes? et Ana de répondre:" Nous avons fait ça parce que vous nous disiez que nous vivions dans un pays horrible".

Après l'effondrement du régime soviétique et la disparition du mur en 1991, les parents essayeront d'aller se recueillir sur la tombe de leurs enfants morts mais les endroits des tombes n'ont pas été marqués...

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RENZO

Pour son 5 ème film Rezo a d'abord donné l'ambiance du lieu avec sur la plage des soldats qui demandent à des jeunes de se s'habiller (Il est interdit de se baigner passer 23 heures); un jeune sort la tète de l'eau et provocateur demande: "avez-vous peur qu'on nage jusqu'en Turquie?". En ville, il y a des ventes en contrebande d'albums des Beatles jugés subversifs comme d'aller à l'église.

C'est moins un film d'action sur une prise d'otage dans un avion détourné  que l'évocation historique d'un fait qui reste, aujourd'hui encore, controversé: "Pourquoi ont-ils fait ça, ils avaient tout?".

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Ces jeunes pirates de l'air sont des amateurs qui ne sont pas plus politisés que leurs parents et qui veulent mener la belle vie dans un endroit où avec de l'argent on peut tout faire; la liberté pour eux se limite à ça. C'est peut-être pour ça que le réalisateur ne se focalise pas sur les individus qui sont incapables de savoir à quoi ils vont être réellement confrontés et ce qui les motive vraiment. Ils vont vivre à leur dépend une tragédie aveugle. Ils vont passé du stade de la belle vie des gens riches dans un pays totalitaire à celui de rêveur de liberté avant de devenir de vulgaires pirates de l'air criminels et pour finir des condamnés à mort à qui certains octroient le titre de "victimes".

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Le metteur en scène s'est attaché aux effets visuels de son film et pas à faire un film politique engagé. Les scènes de l'assaut où celle du jugement ne sont pas les plus importantes. Les deux jeunes mariés (qui n'utilisent pas leurs armes) n'ont rien des Bonnie et Clyde du terrorisme. Il a fait un film a suspens, mais il cherche aussi peut-etre à faire ressortir que pour lui les "hostages" ne sont pas que les passagers de l'avion.

Un film GEORGIEN bien fait à défaut d'être du grand  nouveau cinéma.

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Durée du Film : 1h 44

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26 juillet 2017

CINEMA- OUT : EN EUROPE DE L'EST AUSSI...

 

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Saluons la sortie en France d'un premier film SLovaque. Il présente aussi l'intérêt d'être le premier film de GYÖRGY KRISTOF nouveau réalisateur SLOVAQUE né en 1982 à KOSICE dans l'est du pays. Après avoir fait des études de philosophie à MISKOLC (Nord de la Hongrie, il étudia le cinéma à l'académie du film de Prague (République TCHEQUE)en 2008."Out" a d'abord été pensé dans le cadre de sa dernière année d'étude pour sa thèse.

 

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Pour ce lancement dans le grand bain, il dit avoir puisé son sujet pour partie dans le souvenir des errances du père au travail et de sa propre déshérence personnelle à travers divers pays de l'Europe de l'Est : " Mon titre "OUT" s'est imposé au début de l'écriture car il définit l'histoire depuis son origine d'un personnage qui sort de plus en plus de la société (préalable nécessaire pour y retourner). Je suis né en SLOVAQUIE et la plus part de ma famille y vit encore; je suis un Hongrois d'origine slovaque. C'est lorsque je me suis trouvé à Riga que j'a été inspiré par ce qui m'entourait. Puis j'ai trouvé évident de raconter les aventures de quelqu'un qui quitte son foyer pour emménager en Lettonie. Mon personnage appartient à la génération de mes parents car le problème de la société post-socialiste ne sont pas seulement ceux de nos parents; ces difficultés ont aussi radicalement influencées la vie de notre génération et nous sommes obligés d'en parler car nous pouvons sentir cette dégradation. La Slovaquie est un pays relativement jeune et petit, cela n'est pas facile. L'amélioration et les changements positifs se remarquent mais ça demande du temps".

 

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Pour le tournage dans 4 pays de l'Est avec des équipes à chaque fois différente, il a travaillé avec son Directeur de la photographie (GEORGELY POHARNOK): "Après s'être fixé quelques principes de base à respecter, en fonction du résultat de la scène, le lendemain on créait la scène suivante; pendant que je tournais mon directeur de la photo observait et réfléchissait à des idées que l'on combinait ensuite. L'improvisation était importante pour laisser place aux propositions spontanées. Je ne voulais pas faire un film sociopsychologique. Je voulais que ce soit un peu comme un concentré du monde avec de l'Humour absurde, une analyse de la société des comportements humains dans des situations extrêmes. J'ai essayé de faire vivre un petit moment intense en optant pour le minimalisme et l'humain absurde".(Dans le film on voit le personnage principal qui après avoir bu beaucoup de vodka pour s'intégrer va au cours de son périple rencontrer la propriétaire d'un lapin empaillé sans oreille, une femme atrocement siliconée, des hommes nus au comptoir d'un bar, un Russe aux intentions hostiles...). IL a travaillé le scénario avec ESZTER HOWATH et GABOR PAPP.

 

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L'histoire est celle d'AGOSTON (SANDOR TERHES), un ouvrier, la cinquantaine, licencié parmi d'autres à qui le patron leurs prédit un avenir qui réside dans le progrès; "Passion et Courage", dit-il. Au lieu de chercher un  travail sur place, lui qui n'a jamais vu la mer, plaque sa femme et sa fille et s'en va faire le soudeur de bateau en Lettonie au bord de la Baltique, mais il parle mal la langue et se fait engueuler par les travailleurs autochtones qui lui reprochent de leurs enlever le travail en acceptant de travailler avec des salaires inférieurs. Il reprend sa liberté et continue de rêver de pêcher un gros poisson mais pris dans l'engrenage du folklore Letton, il va devoir poursuivre sa route, faire des rencontres insolites pour finir par se découvrir lui même.

Ce voyage d'un chômeur en Lettonie est aussi une façon de faire observer au spectateur l'autre partie des ces pays d'EUROPE de l'Est qui n'est pas touristique (Usine en déshérence, politique anti imigrés, on stigmatise les étrangers...). Il a le goût de la lenteur pour donner plus de sens aux images.

 

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Sans doute à cause de l'improvisation mal maîtrisée et la difficulté de ce jeune réalisateur de savoir comment se situer (dramatique, romantique, absurde) son film souffre à garder le spectateur attentif jusqu'au bout, car son personnage principal, même s'il est mené par un très bon acteur, peine à attirer l'emphatie sur lui pour comprendre ce qu'il ressent. Comme l'a dit un critique :"ça manque d'exubérance", alors qu'il privilégie les grands décors (intérieur d'une centrale, le port avec ses énormes bateaux à quai à côté de quoi l'homme parait infiniment petit). Mais ça reste du cinéma "signifiant"

Cannes, malgré tout, a eu raison d'attirer sur ce premier film Slovaque invité une "CERTAIN REGARD".

 

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Durée du film :1h 28

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