TOUT FILM A UNE SIGNIFICATION QUI EST SA RAISON D'ETRE.
Comprendre, assimiler ce que l'on nous montre et ce que
l'on ressent de cette expérience humaine c'est ajouter
la réflexion à un moment de détente.
Mon site FOU FOOT: htt://olympienmarseillais2013.e-monsite.com/
CINEMA- 11 FLEURS : LES YEUX GRANDS OUVERTS
La discretion de certains critiques de cinéma avait presque réussi à masquer le fait que le film indépenant chinois est toujours vivant. Grace à mon amie blogueuse DASOLA j'ai découvert que "11 fleurs" du Cinéaste WANG XIAOSHUAI était sorti en France depuis le 9 mai.
Voilà un réalisateur chinois de 46 ans qui persiste à croire que " le réalisateur, même Chinois, est un artiste qui montre la façon dont il perçoit la société en tant qu'individu" afin d'établir à partir de ses films des échanges avec le public et les réalisateurs d'autres pays: "Il ne faut pas oublier la portée culturelle et artistique du cinéma" dit-il. "le processus d'évolution historique....Je veux pouvoir parler de la vie en général, comment on perd les valeurs familliales. En Chine, on nous pousse à aller vers des films plus commerciaux à grand spectacle (à l'exemple de ceux d'Hollywood). C'est le problème auquel on est confronté actuellement...on est obsédé par l'argent et et l'individualisme....Nous vivons une réalité absurde qu'on ne peut pas raconter au cinéma...Je veux montrer ce que je peux voir moi même sur les chinois avec cette société qui s'engage dans un processus d'évolution historique, parler de la vie en général, comment on perd nos valeurs familiales, ce que sont les relations avec nos enfants..."
WANG a été fortement influencé par son père qui était fier d'être resté indépendant et ne pas avoir été influencé par les évènements vécus pendant la révolution culturelle Chinoise. Mao avait fait délocaliser les usines dans l'arrière pays avec les ouvriers (pour les rendre indestructibles en cas d'agréssion étrangère). La mère de WANG s'était laissée emporter par ces évènement. Le père qui travaillait à l'institut théatral de SHANGAI l'avait suivi avec son fils. C'était l'époque où les gardes rouges de Mao menaient une guerre sanglante contre les intellectuels réformistes. Pour garder son indépendance, ce père peignait chez lui comme les "impressionnistes" (interdits en Chine). Lorsque le jeune Wang qui était un "pionnier" dans son école est revenu à la maison, honteux parce que sa belle chemise blanche avait été emportée dans le fleuve et parce qu'il avait assisté à l'arrestation d'un fugitif par les gardes rouges aidés par des professeurs et des élèves de son école, son père lui a dit:"imagines que tu es né ailleurs, tu n'est que toi, né dans cette famille, à cette époque. Tes rèves ne changeront pas l'empreinte de la vie. Tu dois l'accepter et la respecter". Le jeune Wang a appris comment peindre; il a peint un bouquet de marguerites parce qu'il révait de devenir un artiste qui était quelqu'un d'indépendant et libre. Aprés la mort de Mao, le père s'est engagé dans l'armée pour avoir l'autorisation de revenir dans une grande ville avec sa famille. Ils ont vécu à WUHAN.
Aujourd'hui Wang n'est pas devenu artiste peintre mais Réalisateur de Cinéma ce qui est une autre façon de pratiquer l'impressionnisme. Son film "11 fleurs" montre le regard d'un enfant de 11 ans en 1975 sur ce qu'il voit dans son village ouvrier. Avec beaucoup de sensibilité, il a réussit à échapper à la censure malgré un petit budget. Son film en chine risque d'être cloisonné dans des petites salles et écrasé par la concurence des films comme "titanic" mais il ne perd pas espoir car les gens commencent à percevoir que ce cinéma indépendant est vital à leur reconstruction identitaire.
En 2005 il avait eu un film sélectioné à Cannes "SHANGHAI DREAMS" (la France l'avait aidé). "11 Fleurs" continue à aider à la compréhension de ce qu'est la CHINE même si les autorités persistent à refuser qu'on évoque trop ouvertement cette partie récente de la Chine sans fausse naiveté et ne font rien pour aider les cinéastes indépendant à survivre.
ps Http:// www.dasola.canalblog.com/ voir son Commentaire sur "11 fleurs"
et l'association pour le développment et une meilleure compréhension de l'évolution de la Chine:
http:// www.questionchine.net/
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CINEMA- SUR LA ROUTE : VOYAGE INITIATIQUE D'UN PAUME
Je me suis longtemps demandé quel genre était vraiment le "road movie" issue des années 60 ?. Aujourd'hui avec le film de WALTER SALLES que lui a trouvé FRANCIS FORD COPPOLA, je commence à y voir plus clair. "LA ROUTE" est l'élément essentiel, pas simplement le décor de fond non, un lieu de vie à sens unique qu'on parcours à toute vitesse sans beaucoup profiter des rencontres imprévues, du paysage; juste quelques stations d'essence et des aires de repos qui permettent de souffler quelques minutes, le temps que le moteur refroidisse et que le coeur déstresse. On vide, on remplie et on repart. On appelle cela de la restauration rapide du physique et du mental.
JAK KEROUAC, l'auteur du roman autobiographique, était parti trois semaines avec comme carnet de voyage un rouleau de papier de 36mêtres. Né en 1922, ce canadien Français du MASSACHUSSETT avait un temps fait plaisir à papa, maman en remportant un tître de champion du foot-ball américain avec l'Unversity of Columbia. L'Amérique avait du mal à sortir de la dépression, comme le montre le fameux livre de JOHN STENBECK " les raisins de la Colère" (1940) qui fera l'objet d'une adapatation au cinéma non moins fabuleuse de JOHN FORD. Il se convertit en agent d'assurance pour finir, en 1950, par écrire un premier roman inspiré par la lecture d'une nouvelle de THOMAS WOLF "avant la route". Avec pareil tître on savait qu'il y aurait une suite qui en 1952 s'est traduite par le voyage de trois semaines sur les routes qui mènent vers le mexique. Le livre sera publié en 1957:"La route est pure, elle rattache les hommes des villes aux grandes forces de la nature...des restaurants bordent la grande route, des postes à essences, faubourg des ville qu'elle traverse....amitié, amours de passage se nouent...C'est la route de la vie....".Le JAZZ qu'il a découvert à Harlem est la musique qui berce ses nuits. Devenu alcoolique comme son père, il plonge dans la drogue et devient un paumé parmi les paumés après avoir essayé un temps une initiation au bouddisme. Il gardera toute sa courte vie cette nostalgie des grands espaces (il est mort à 47 ans en 1969 après trois mariages défectueux). Son livre lui a survecu en lançant la mode "BEAT" ces vagabonds qui voyagent la plupart du temps clandestinement à bord des wagons marchandises lorsque le voyage en stop avait échoué. BEAT qui deviendront des BEATNIKS, ces ados, cheveux longs, mal foutus qui trainent nu pieds comme des sortes de moines bouddhistes que la drogue transforme en clochards.
COPPOLA avait racheté les droits du livre en 1968 et avait essayé, sans succès, d'en confier l'adaptation à Jean Luc GODARD puis GUS VAN SAM. C'est donc le Brésilien WALTER SALLES qui en a hérité il y a 5 ans (il avait lu le livre en version originale en 1970 et l'avait beaucoup apprécié :" tout ce qu'il racontait était le contraire de ce que je vivais au Brésil (sous le régime des militaires). J'étais fasciné par la quête de liberté de Dean,Sal et Carlo; leur soif de tout expérimenter...L'émotion du roman ne m'a jamais quitté mais ma passion pour le livre ne me semblait pas un passeport suffisant pour en faire un film". Pendant 5 ans il a refait, entre deux tournages, la route du héros puis, avant de commencer à filmer, lorsqu'il a eu trouvé le financement, il a demandé aux acteurs retenus de partir avec lui pendant 6 mois, le temps que chacun construise son rôle dans ce voyage initiatique pour essayer de réinventer le monde américain, de le transformer en un monde nouveau.
Aujourd'hui tout le monde parmi la jeunesse n'a pas encore compris que la Drogue et le sexe ne donneront jamais naissance au monde de liberté dont ils rêvent. "Sur la route" n'est pas un film nostalgique; on ne sort pas indemne de pareille expérience et la finance continue tranquillement sa dictature mondialiste:
"j'espère que mon film fera comprendre aux jeunes d'aujourd'hui qu'il ne sert à rien de vivre par procuration...Il faut vivre à la première personne et écrire sa propre histoire. C'est ça qui permet d'être libre et de changer le monde"
Ce film de 2 h 20 est aussi en compétition à Cannes. A partir de Mercredi vous pourrez là encore le découvrir sur grand écran et porter votre appréciation sur ce pari risqué.
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CINEMA: MEN IN BLACK III : REMONTEE DANS LE TEMPS
Cette suite 3 de BARRY SONNENFELD est une comédie toujours animée par les frasques du gentiL WILL SMITH qui avait pris un congé sabbatique pour s'occuper de la carrière artistique de ses enfants (JADEN comédien dans KARATE KID et WILLOW chanteuse de 11 ans en tournée, pendant que sa femme était prise par une série télévisée). Il dit ne toujours pas vouloir se prendre au sérieux et sauter sur toutes les ocassions qui lui permettent d'apprendre et de grandir en tant qu'acteur de cinéma,en faisant des appartées avec la Production "c'est mon espace naturel" (pour faire du beesness).
Les Men in black continuent d'éffacer la mémoire des pauvres terriens qui ont rencontrés des alliens mais cette fois l'agent J va devoir remonter le temps pour comprendre pourquoi son coéquipier K était mort il y a 40 ans alors qu'il le croyait vivant dans les films précédents. Will Smith dit qu'il y a toujours un message dans chacun de ses films; dans MB3 il nous dit: " la nature est parfois destructrice des secrêts et de la manière dont une relation peut être réparée et passer à un autre niveau une fois que certains faits cachés sont divulgués" (ce voyage dans le temps est un retour en arrière bizzare car pour les communs des mortels que nous sommes et qui avons connus la "Beat Génération" (voir commentaire "sur la route") ça reste assez futuriste.
Le premier film avait couté 90 millions de dollars et en avait rapporté 6 fois plus. La version 2 avait couté un peu plus cher (140 millions) mais avait engrangé 441 millions de bénéfice, ce qui justifiait pour les producteurs une saison 3. Comme l'a dit le réalisateur: "les voyages dans le temps sont des scénarios difficiles à écrire". Restituer l'ambiance des années 69 pour les décors ne fut pas non plus facile. Commençé en 2009 alors que toutes les scènes n'étaient pas écrites , il a fallu ajouter 75 millions au Budget du 2 pour réussir les nouvelles aventures des hommes en noir en 3 D. Rappelons que le COMIC original avait été créée par LORRELL CUNNINGHAM il y a 12 an de cela.
Will SMITH est égal à lui même, un acteur sympatique qui manie avec talent l'humour et la malice ; il marque son retour en disant " je me suis adouci, je suis moins burlesqque" avec toujours ce petit grain de folie. Compte tenu des 10 et 5ans qui séparent ce numéro 3 des deux autres, Smith pense que le public jeune ne le recevra pas comme une suite mais comme un film totalement nouveau. Les effets spéciaux ne manquent pas, les engins sont sidéral (la moto ...)
Compte tenu qu'il y a peu de comédies sur le marché actuel , on peut aller voir ce film pour se divertir en famille et sourire tous ensemble avec une amusante rencontre avec le peintre ANDY WARHOL aussi vrai que nature. 1h 40 dans cette galaxie convoitée par les alliens qui est dirigée par le prince Arquilien qui réside sur une terre ultra futuriste.
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CINEMA- MOONRISE KINGDOM: LE TEMPS DES AMOURS, DES COPAINS ET DE L'AVENTURE
CANNES s'ouvre cette semaine avec un film Américain réalisé par un jeune cinéaste indépendant qui secoue la sphère cinématographique hoolywodienne. Ce qui ne gâche rien au plaisir de celles et ceux qui ne pourront pas aller sur la croisette, c'est que le film MOONRISE KINGDOM sort, le même jour, sur plusieurs écrans en France.
WES ANDERSON, la quarantaine (Houston 1969), a un parcours assez traditionnel (études de philo,cours metrages super 8) avant d'en arriver au long métrage. C'est un admiratif du cinéma inventif (RENOIR, FELLINI...) SCORSESE dira de lui "il m'a pris par surprise". Il est devenu un proche du clan Francis ford COPPOLA en se liant d'amitié avec son fils ROMAN avec qui il a écrit le scénario de Moonrise Kingdom (le royaume du lever de lune). Il aime bien travailler avec des personnes qui forment sa famille cinématographique, même si son style demeure très personnel, méticuleux dans l'esthétique ("je reconnais que je pense aux costumes avant le reste"). Ses histoires sont différentes mais en gardant les ingrédients de base: l'amitié, la fantaisie, l'amour, même quand il se lance avec succès dans le film d'animation avec "FANTASTIC MR FOX", ce maître renard qui a remporté le globe de cristal au festival international du film d'animation d'ANNECY. La caractéristque de ses films c'est le refus qu'on s'appitoie sur son sort. Il fait des films décalés (j'ai pas dis déjanté) avec des histoires qui ne se terminent jamais en laissant le public avec la larme à l'oeil .
La musique occupe une place primordiale Dans MOONRISE KINGDOM; on est d'abord surpris que ce jeune américain connaisse la chanteuse Française FRANCOISE HARDY puis quand on écoute "le temps de l'amour" qui a été un tube en 1962* on comprend que cette Chanson nous donne la clef du film :
"C'EST LE TEMPS DE L'AMOUR, LE TEMPS DES COPAINS ET DE L'AVENTURE... ON PENSE A RIEN MALGRE SES BLESSURES...LE TEMPS VA ET VIENT. C'EST LONG ET C'EST COURT, CA DURE TOUJOURS!"
" Cette époque marque la fin d'une certaine Amérique", dit ANDERSON. Celles et ceux qui comme moi ont vécu cette période particulière qui allait engendrer Mai 68 (Age tendre et tête de bois) je ne pense pas qu'après avoir vu ce film ils se diront que c'est une fable "loufoque" que cette évasion amoureuse de deux enfants (la fille en socquettes que sa famille étouffe et le garçon orphelin à lunettes des scouts "toujours prêts!" qui veut l'enmener vivre sur une île déserte).
Comme dans ses films précédents le casting est de choix avec la participation de BRUCE WILLIS (Capitaine SHARP), EDWARD NORTON (chef scout), FRANCIS MC DORMAND ET BILL MURRAY la famille Bishop) ainsi que LINDA SWINTON (l'assistante sociale).
Il est bien que ce film fasse la grande soirée de l'ouverture car, même si c'est un film qui surprendra les membres du Jury présidé par NANNI MORETTI, il ne fera pas parti du palmares final puisque, parait-il, l'époque est sombre et Cannes son reflet; sans compter, comme le souligne Gilles JACOB le président du festival, que les réalisateurs de comédies ont très peur de la sévérité de la critique (et du Jury). Peut-être qu'après l'avoir visionné Moretti se reposera la question avec le public:"mais pourquoi faut-il devenir adulte?".
Un film famillial de 1h 37
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*Ps:vous pouvez écouter "le temps de l'amour Francoise Hardy sur You tube
CINEMA - DE ROUILLE ET D'OS: MELI MELO
C'est le deuxieme film en compétition à Cannes qui sort en même temps sur nos écrans. JACQUES AUDIARD n'est pas un réalisateur à faire les choses à moitié et quand il vise Cannes il fait ce qu'il faut pour retenir l'attention du public-Jury qui distribue les palmes comme d'autres distribuent les légions d'honneurs qui depuis Napoléon sont les hochets des m'as-tu-vu du chaud bees et de la société civile des nantis.... avec quelques fois d'heureuses surprises.
j'ai pour "De Rouille et d'os" la même réticence que le critique du journal "La provence" pour ce qui est des défauts de ce film; à savoir: c'est un peu du ressucé qui nous est servi là (personnage masculin marginal et violent,la femme handicapée entouré d'un mélange de violence et de mélo).Comme dit PHILIPPE DUPUY "..on a trop souvent l'impression que le metteur en scène se regarde filmer, que les acteurs postulent pour un César, que tout celà a été trop bien pensé, trop bien produit avec l'ambition évidente de se situer au dessus de la mélée..." Certaines scènes sont là pour faire pleurer dans les chaumières et pas de rire comme dans les "intouchables" (dans les deux nouvelles de GRAIG DAVIDSON c'était l'homme qui perdait une jambe et qui s'intérrogeait sur sa virilité) Audiard dit avoir inventé le personnage de marion privé de sa féminité qui s'interroge sur son pouvoir de séduction pour en faire une histoire d'amour.
Il y a bien sur aussi de très bonnes choses de celui qui a fait ses griffes au côté de POLANSKI et de son père MICHEL AUDIARD . A commencé par le choix des deux acteurs principaux qui ont là l'occasion de rafler les prix d'interprétations (MARION COTILLARD et MATHIAS SCHOENARTS).
Attachons nous à ce qu'il dit sur la motivation profonde pour ce film:" il y avait une chose qui me tenait à coeur: qu'est-ce qu'un discours amoureux? Je voulais parler d'amour, faire un film où des gens à la fois ordinaires et extraordinaires.....Il faut faire rêver. S'interroger sur ce qu'est la modernité"
Vous avez 2h 3mn; A vous de vous prononcer sur ce retour à la vie et voir si vous êtes en osmose avec les membres du jury le jour de la distribution des prix?
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CINEMA- CHERCHER LE GARCON: UN ANNEAU D''OR DANS LES NUAGES
Quand on posait la question "qu'est ce que l'amour?" Le poète ARAGON répondait: "un anneau d'or dans les nuages"; Saluons donc ici ce premier long métrage court (1h10mn) d'une nouvelle venue DOROTHEE SEBBAGH.
Après des études à la grande école du cinéma de Paris (Fémis) elle s'était essayée au court métrage avant de se lancer sans succés dans 2 projets de grands films, au point qu'elle avait faillie renoncer au cinéma:"Aucun de mes films ne se faisant, je souffrais beaucoup. Je ne voulais plus écrire, plus tourner et c'est là que j'ai eu l'idée de "Chercher un garçon" une comédie sur un sujet de séduction par internet qui était dans l'air du temps. J'ai abordé ce sujet pour en rire car j'ai moi même passé un peu de temps sur des sites de rencontres".
Pour économiser au maximun elle a décidée de le tourner avec un .... APPAREIL PHOTO NUMERIQUE HD*( à la portée de toutes les bourses. Avis aux réalisateurs en herbe). Elle a tourné en plans séquences de 12 mn :"On prévoyait généralement un après midi par rencontre. Je donnais des indications entre chaque prise ou pendant les prises. C'est au montage que l'on a reconstitué les champs/contre champ". (Aucun des acteurs ne se connaissait avant le tournage et aucun ne savait quoi que ce soi de la scène à tourner une 1/2 heurres avant; ceci pour qu'ils improvisent à partir de leur profil et leur passé sur le site de rencontre):" La rencontre après des échanges virtuels est une situation folle, riche dramaturgiquement, une vraie situation de cinéma".
Dorothée explique qu'avant de commençer le tournage elle a revue "le Rayon vert" d'Eric ROHMER (lion d'or à Venise en 1986):" je n'oserai jamais me revendiquer d'Eric ROHMER parce que c'est une intelligence vertigineuse, pratiquement inatteignable. A la Sorbonne j'ai suivi ses cours où il parlait beaucoup d'économie; j'imagine que j'en ai gardé quelque chose". Il est évident en voyant son film qu'elle a gardé beaucoup plus que ça de ce grand cinéaste de la "nouvelle vague" mort en 2010. Plusieurs de ses films avaient pour thème les rencontres amoureuses et la séduction. Il tournait toujours avec une petite caméra 16 mm entouré d'une petite équipe de techniciens et refusait les effets spéciaux; lui mettait le dialogue et la parole au premier plan " je cherche à filmer la parole". Son cinéma c'est l'art de l'espace avec le réel qui déborde du cadre pour le faire partager à son publc. Dans le "rayon Vert" il a laissé place à l'improvisation des dialogues et n'a utilisé la musique qu'au final.
Dorothée est la nouvelle vague du 21ième siècle; comme son maître elle nous montre que, même avec peu de moyens, on peut réaliser quelque chose d'inventif sur la difficulté à rencontrer le prince charmant sur internet.
Autre singularité de ce film, l'espace naturel, réel, se situe dans tout marseille avec des acteurs marseillais (dont certains s'éclatent dans " plus belle la vie").
Un film sans prétention, à voir par tous les temps, si on veut découvrir Marseille avec cet esprit romantique particulier des jeunes d'aujourd'hui qui rèvent avec ARTHUR RIMBAUD "Que le temps vienne où les coeurs s'éprénnent" et où "chaque visage aura droit aux caresses"(ELUARD)
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* = Appareil photo CANON 7 D
CINEMA- LA MAMAN : LE MAL D'AMOUR
ALEXANDRA LECLERE est une autodidacte du cinéma qui, depuis 10 ans, fait son chemin dans les films qui ont les problèmes famillaux pour thème. Elle avait commencé avec un court métrage "bouche à bouche" en s'inspirant des relations pas toujours faciles avec sa soeur: "il se trouve que cela a plu" au public et à la critique; elle a donc enchainé en transformant son film en Long métrage, 2 ans plus tard : "les soeurs fachées" (2004). Elle obtient la participation d'ISABELLE HUPPERT puis elle harcelle l'agent de CATHERINE FROT qui à sa grande surprise accepte son scénario. Résultat, plus de 1,5 millions de spectateurs! de quoi se sentir soutenu et encouragé à poursuivre dans cette voie:"avec ma soeur, on a énormément manqué d'amour. Nos parents ont divorcés quand j'avais 11 ans; on est parti vivre avec notre mère qui ne nous a jamais dit qu'elle nous aimait". En 2007 elle enchaine donc avec une histoire sur les relations difficiles entre mari et femme "le prix à payer". La critique est plus partagée pour cette comédie qui s'en prend à la mysoginie féroce des hommes et au fait que chez les gens aisés c'est le fric qui souvent motive les couples surtout si la femme est dépendante finacièrement. Avec CHRISTIAN CLAVIER, NATHALIE BAYE et GERARD LANVIN en tête d'affiche, le public n'a pas boudé son plaisir. Normal que 5 ans plus tard ça se poursuive avec "LA MAMAN" et Trois Grandes comédiennes.
Oublié les années de cette fille qui avait fugué à 17 ans et enchainé toute sorte de petits boulots pour élever ses deux enfants :"les choses étaient devenues trés compliquées" mais ce qu'elle n'avait pas oublié c'est ce manque d'amour qui l'avait marqué lorsqu'elle vivait chez sa mère. Sans vouloir régler ses comptes, elle décide de plancher sur ce sujet dont on parle jamais ouvertement car difficile à accepter : Comment une maman peut décider un jour de reprendre sa liberté en allant vivre sa vie ailleurs sans se soucier des enfants qu'elle a mis au monde, sous le prétexte qu'elle a droit a vivre une vie de femme libre sans avoir la charge de mère ? C'est vrai que c'est plus facilement accepter quand c'est le père qui fout le camp de la maison, comme cela arrive trés souvent.
Elle a donc décidé de traiter le sujet sous la forme d'une fable et d'un fantasme sur l'amour maternel avec deux soeurs qui séquêstrent leur mère qui était revenue près de chez elles après avoir fuit au loin pendant 20 ans sans donner de nouvelle parce qu'à présent c'est son homme qui l'avait largué. Elle a donc choisie Josiane BALASKO pour incarner cette mère :" sa capacité a être tour à tour bouleversante, vacharde et drôle m'a complètement émue. Sans elle je n'aurais pas écrit la même chose". Pour les deux soeurs elle a choisie MATHILDE SEIGNER "il y a beaucoup de moi dans Sandrine" avec mathilde elle a trouvé une actrice qui assume à la perfection son rôle de fille rebelle que sa sensibilité cachée pousse à un interrogatoire musclé avec son accusée de mère. La soeur ALice (MARINA FOÏS) incarne la fille fragile, pudique, soumise, qui ne renonce pas à l'idée d'être enfin aimée par sa mère :"dis nous des choses gentilles". Grâce à ce trio de femmes et à un scénario osé elle sort son film de la banale comédie. Comme l'a dit un critique:" c'est un film difficile dans la douceur" ... "c'est un film d'amour sur le manque d'amour: "Alexandra LECLERE est quelqu'un qui fait ce mêtier parce qu'elle aime vraiment le cinéma. Elle n'est pas mêtier, pas calculatrice, c'est pas quelqu'un de politique. Elle est vraie et dit ce qu'elle pense" (M.S)
Ce film de 1h 28 réussira-t-il à faire comprendre que l'amour maternel est une chose importante quand elle est réciproque? sans doute si, comme la réalisatrice, on se dit en sortant " au fond je suis romantique" ce qui par les temps qui courent n'est pas aussi évident que ça.
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CINEMA- THE THEATRE BIZARRE: ANTHOLOGIE DE L'HORREUR
On ne peut pas dire que je soit fan de tout ce qui est horreur, mais parait que nous avons tous en nous des peurs et des désirs pervers qu'il est bon, de temps en temps, de faire remonter à la surface de ce que nous considérons comme notre monde réel. Vivre ces expériences à travers le cinéma est parait-il un moindre mal?. La sortie cette semaine de "the théatre bizarre" est l'occasion de gouter à l'anthologie de l'horreur gore afin d'expulser notre part d'abject. Ce film se veut un hommage à l'art du grand Guignol théâtre ouvert à Paris à la fin du 19ième siècle qui présentait des spectacles d'horreurs glauques et sanguinolents tout en étant drôles comme peuvent l'être les pantins de guignol. Ce théâtre avait fermé ses portes en 1963 avant de revenir en 2004 un peu plus loin (cité Chaptal) où, parait-il, il continue sous le tître de " l'International visual théatre".Trois réalisateurs nostalgiques du genre DOUGLAS BUCK, BUDDY GIOVINAZZO et DAVD GREGORY se sont donnés la main pour confier à 7 mercenaires du film indépendant dans le genre la réalisation de 7 courts métrages (20 mn maxi) qui ont pour référence le théatre bizarre du "Grand Guignol" avec un budget global de 500 000 dollars.
Comme EINSTEIN a été le responsable involontaire de la bombe atomique qui a causée tant d'horreurs, on peut dire que MELIES avec ses fabuleuses inventions pour l'art cinématographique fantastique est responsable de l'horreur dans l'art de la scène à l'écran. Sa bienveillance est devenue horreur.
Les réalisateurs ont réussi le pari de mettre à nue à travers ce panachage de films gores, sanglants le mécanisme dont on se sert pour créer sur le spectateur un sentiment d'horreur, de peur et d'abjection.
La mise en bouche sanguinaire, si on peut dire cela, est tournée par RICHARD STANLEY qui raconte l'histoire d'un couple qui rencontre une sorcière qui dit avoir une copie de Necromicon. C'est une adaptation d'une nouvelle du poéte américain CLARK ASHTON SMITHE.
DOUGLAS BURCK enchaine avec une mère et sa fille qui sont les témoins d'un banal accident de la route.
Quand à TOM SAVINI c'est une femme blessée qui éprouve le besoin de se venger du mari infidèle.
KARIM HUSSAIN fait dans l'insoutenable avec cette femme, tueuse en série, qui extrait les souvenirs de ses victimes avec un seringue qu'elle s'injecte dans sa rétine pour se shooter avec ces souvenirs qui constituent une "tache de vision" (ce film a provoqué dans plusieurs salles de cinéma du monde des évanouissement, des vomissements....)
Pour le final de cette anthologie, DAVID GREGORY nous montre les frasques d'un couple obèse qui s'éclate avec la bouffe qu'ils ingurgitent pour consumer leur amour afin que le dégout des aliments avalés suscite chez le spectateur un sentiment d'abjection pour le déchêt qui en résulte.
L'épilogue est laissé au " théâtre Guignol" de JEREMY KASTEN avec une salle de cinéma qui se transforme en théatre de guignols qui sont des pantins tirés par des ficelles sous la mise en scène d'un AUTOMATE. LA Fille blonde qui regarde incarne le réel alors que les pantins la plongent dans l'inconnu et provoquent l'horreur qui n'est pas une question de mot, de récit mais une suite d'expériences malheureuses. Le specateur est invité, s' il a encore un peu de lucidité, à comprendre ce qu'il ne peut appréhender de ce réel et du côté obscur de sa personne: Pourquoi on ment? et le rêve cauchemard peut-il être libérateur? Est-ce, comme il est dit dans le film, une question de Modération?
Bien évidemment ce film de 1h54 est interdit au moins de 16 ans, mais le public est averti, pour digérer pareil film il faut avoir le coeur bien accroché.
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CINEMA- MISS BALA : LE MEXIQUE EN OTAGE
Gerardo NORANJO est un jeune mexicain qui n'a pas froid aux yeux pour dénoncer les travers de son pays, otage du système mafieux (le cartel des narco traficants controle 70% des villes, l'économie et le monde politique sont sous la dépendance de cet argent sale). Avec "Miss Bala" il dénonce ce crime organisé qui a la corruption pour fond de commerce. Sa caméra est sans concession pour donner à voir ce qui se passe d'inquietant qui fait que la population est prise entre deux feux et subit au quotidien la réalité de cette guerre des tranchées en faisant partie des dommages collatéraux (le gouvernement actuel à été réduit à faire appel à l'armée pour rétablir un semblant d'ordre dans les rues de beaucoup de villes).
Pour son film il s'est inspiré d'un fait divers de 2008 où une Miss beauté a été arrêtée pour trafic de drogue. A travers l'histoire simple d'une fille innocente qui ne rêvait que de participer à un concours de beauté pour oublier la pauvreté de son lieu de vie, non seulement le réalisateur dénonce la bienveillance des politiques et de la police envers le cartel de la drogue qui sévit à la frontière du Mexique et de l'Amérique, mais il attire l'attention du spectateur sur la chute de l'otage faute d'avoir tout mis en oeuvre pour la sortir de son cauchemard. De plus, pour que son film retienne aussi l'attention des professionnels du cinéma, il n'hésite pas à faire un film hors du commun du point de vue esthétique avec un ton propre qui donne une autre dimension à ce qu'on appelle communément le "thriller". La critique a souligné le soin porté à la mise en scène et une façon nouvelle de tourner en montrant souvent les personnages de dos pour que le spectateur vive l'action au plus prés, longs travellings ou prise de vue de morceaux de corps et des hors champs maitrisés. Le caractère floue de certains passages ajoute à la volonté du réalisateur pour que le plublic ne soit jamais à l'aise avec ce qui se passe réellement.
Il montre en se servant de la beauté naturelle de l'artiste STEPHANIE SIGNAN que le corps n'est ici qu'une vulgaire marchandise dont on se sert pour effectuer les "sales affaires" et que, confronté à cette maltraitance permanente, cet outil de beauté va lui aussi se détériorer, forçant l'otage à le dissimuler sous des habits trompeurs, ne laissant que son regards pour exprimer sa solitude et son désespoir. Elle finit elle aussi par ne plus savoir qui la protège et qui la menace vraiment: "les Narcotrafiquants sont une vraie monarchie qui suscite terreur et paranoia dans la population " comme Gérardo dit "chez moi, quand vous croisez un politique, un policier ou un criminel, mieux vaut faire profil bas et passer son chemin; ne faire confiance à personne". C'est là, semble-t-il, la façon la plus courante pour sauver sa peau dans ce nouveau mexique qui semble avoir mis un mouchoir sur ses valeurs morales: " les mexcains sont habitués à cotoyer l'horreur et la tyrannie, ils vivent au jour le jour et ne se projettent plus dans l'avenir". Dans ce pays ce sont les trafiquants qui sont les nouveaux conquistadors et la Vierge de Guadalupe s'est moulée dans le corps de Laura (la pauvreté touche encore 40% de la population).
Ce film de Gérardo Naranjo se distingue du simple documentaire (durée 1h 53); suffira -t-il à révéiller les consciences mexicaines? c'est tout le mal qu'on lui souhaite ( en 2011 il a été sélectionné dans plusieurs festivals internationals).
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