CAR 8

Quand on a un père qui est prof de management en école de commerce et consultant en Ressources Humaines et qu'on est pas insensible à ce qui s'est passé à France télécom en 2008-2009 avec 19 SUICIDES - 12 TENTATIVES et 8 DÉPRESSIONS avec incapacité à retravailler et que les responsables expliquaient avoir voulu assurer la survie de l'entreprise avec un Management de la terreur pour déstabiliser les salariés afin d'en licencier 22 000 et changer d'emplois pour 10 000 autres parce que l'Etat majoritaire s'était désengagé à plus de 50% et qu'il fallait s'ouvrir à la concurrence en créant un petit choc pour faire comprendre aux salariés que "la pêche aux moules c'était finit" ; on comprend que NICOLAS SILHOL, sorti de le FEMIS (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son) en 2004, ait vu là une idée à traiter pour son premier long métrage. Il s'était préparé avec un court métrage en 2007 :"Tous les enfants s'appellent Dominique" et un moyen métrage "l'Amour propre" 2010, prénominé aux Oscars et grand prix Festival de Toronto.

CAR 5

"CORPORATE" se passe en France au siège d'une multi nationale ESSEN qui fait dans l'alimentaire. La Direction générale a décidée de "dégraisser" afin d'accroître ses profits qui sont déjà énormes puisqu'elle est côté en bourse. Le but du jeu est d'éviter le plan social. On fait donc appel à une "Killeuse" renommée pour ne pas faire de sentiments car c'est contre-productif pour l'entreprise. Calculatrice, manipulatrice, la nouvelle DRH (Directrice des Ressources Humaines) est une solitaire de 46 ans qui évolue tant bien que mal pour garder l'harmonie dans sa vie familiale. Elle exerce son job de "Corporate" sans se poser de question de morale; elle est à l'image de cette société et se contente d'obéir à son supérieur DRH. "les charettes" elle sait comment les appréhender.

CAR 7

Afin qu'on voit bien dans quel décor cela se passe, on a accentué l'emploi de couleurs froides, des blancs , des noirs et des gris dans les locaux avec du verre partout pour ôter aux employers toute idée de de vie privée; tout le monde est astreint aux mêmes tenues vestimentaires pour ne pas se différencier; la couleur bleu est dominante pour rendre les visages livides, les bruits sont feutrés, étouffés pour contraster avec l'extérieur bruyant. Tout sont repliés sur la méfiance, il n'y pas de place pour l'émotion.

CAR 2

Viennent alors les protagonistes du côté de l'entreprise :LAMBERT WILSON le sous chef direct d'EMILIE Drh Corporate (CELINE SALETTE) et STEPHANE DE GOODT collègue RH plus un employé (la victime) DIDIER DELMAT. En façe, un personnage non moins important : l'Inspecteur de travail (VIOLENE FUMEAU) à qui le réalisateur voulait rendre justice alors qu'on lui prète souvent une réputation sulfureuse (les sous effectifs sont criants et empêchent qu'ils puissent faire un travail efficace).

car 1

L'histoire est simple jusqu'à ce qu'un employé décide de se jeter par la fenêtre après avoir essayé en vain de convaincre la corporate chargé de "dégraisser l'effectif" d'arrêter son harcellement.

Le CHSCT de l'entreprise qui dispose lui aussi que d'un tout petit pouvoir n'a d'autre solution que d'alerter l'inspecteur du travail afin d'empêcher que l'on conclue à un simple suicide dû à une situation familiale  compliquée. La DRH sent qu'on veut tout lui mettre sur le dos et que même son supérieur ne fera rien pour la sauver ; alors elle se tourne elle aussi vers l'inspecteur du travaiL...

Le côté le moins convaincant est le basculement radical de la Corporate qui prend fait et cause pour les salariés (Pour avoir été responsable syndical et membre du CHS-CT central d'une grosse entité hospitalière publique pendant 30 ans, je peux vous dire qu'il y a peut de chance que cela se produise un jour tant ces DRH se complaisent dans leur fonction qu'ils trouvent gratifiantes qui les assimilent à des "Gardes chiourmes" de la pire espèce pour assurer leur survie dans le confort.

CAR REALI

Les faiblesses de ce premier film relèvent du montage des scènes c'est pas uniforme, il y a trop de froideur dans le récit, trop rigide. Il semble que l'influence du père ait rendu cette histoire trop schématique; ça reste un fait divers parmi d'autres.

Peut mieux faire!

Durée du film: 1 h 35

CAR 3

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