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CHRISTOCAR

Dans ma jeunesse j'aimais bien les Bd UNDERGROUND, elles étaient en marge des circuits commerciaux traditionnels et représentaient une culture expérimentale, sauvage. CHRISTOPHE  KARABACHA semble avoir opté pour ce style de cinéma quoique ses films ne sont pas si "sous terre" que ça puisqu'ils écument tous les festivals du monde en rencontrant un intérêt évident partout alors que son cinéma ne vise pas un large public.

Ce réalisateur Franco-libanais de 38 ans, né à BEYROUTH, est un réalisateur indépendant. Pendant la guèrre du Liban, il est venu faire ses études cinéma à l'Université de Paris 3. Une fois ses diplômes en poche, il profite d'une bourse pour aller faire un saut en Amérique.  En 2000, il avait expérimenté divers formats de pellicules avant de se lancer dans le documentaire et la fiction mélangés. "BEYRUT KAMIKAZE" en 2010 était un documentaire expérimental de 59mn classé comme politiquement incorrect. Pas étonnant que son Long métrage suivant: " Com too much love wille kill you" (2012) qui mettait en scène la descente en enfer dans Beyrouth en guerre (La prostitution à Beyrouth) ait été interdit au Liban et aux moins de 16 ans en France (à cause de sa violence et ses scènes glauques). Il y a eu depuis 4 autres longs métrages et "ZEITGEST PROTEST" est son 6 ème. C'est l'occasion de découvrir ce cinéaste qui se défend de faire des films d'art.

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Pour lui, ce film est une quête d'identité, une lutte pour se retrouver et retrouver sa paix intérieure. Il analyse dans un court laps de temps les humains et les idées complexes  qui les angoissent. Son personnage principal est aliéné dans un environnement qui le rejette. Il lutte en exprimant ses émotions profondes et douloureuses. C'est sa manière à lui de protester contre ce monde moderne en offrant au spectateur qui regarde un spectacle ardu, cruel et sauvage.

Son histoire est basée sur les sens et la plus part de ses actions sont symboliques. Il présente un homme simple qui est resté au temps d'avant la modernité. Il est face à un monde où tout va très vite. Il se bat pour gagner un monde qui soit conforme et meilleur ; pour cela il doit échapper à l'immobilisme des mentalités, échapper à l'enfermement et à la mort. Autant dire que c'est loin d'être gagné. Omar (THOMAS ARNAUD) est devenu mélancolique, sans énergie, il passe une grande partie de son temps dans les bars à boire et à faire des rencontre sans lendemain. Aussi, quand sa cousine YOUMNA (KAREN PEYRARD) qui vivait dans un pays à l'étranger débarque dans sa vie avec, elle aussi, l'idée de changer de vie, Omar en profite pour prendre la route avec elle et partir à l'aventure, direction le bord de mer où des bateaux les emporteront peut être loin de de monde? Cette errance de marginaux qui sont hantés par leur passé, va être émaillée de relations conflictuelles. Ils vont les balayer de manière violente comme s'il s'agissait de se débarrasser de vieux tabous (à la fin les deux cousins se livrent sur la plage à un acte sexuel sauvage. C'est leur façon à eux de régler leurs compte pour exister).

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Côté technique, KARABACHA aime bien les longs plans fixes et les travellings contraires; l'importance est mise sur les personnages face à la caméra, il a le goût de l'action pour faire ressortir la fébrilité du monde. La bande sonore ne vise pas à aider à mieux ressentir les émotions. Depuis ses débuts, il expérimente, à chaque film, une façon de faire des films. Ici, il adopte  un style plutôt "minimaliste". La couleur rouge apparait tout au  long comme un leitmotiv. Il introduit ses idées couche par couche à travers divers paysages. Il fait en sorte que l'angoisse traverse les corps

Le titre ZEITGERST Rappelle que ce film est  "dans l'esprit du temps" de façon à définir l'époque qui n'a plus guère de sens

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(l'esprit ZEITGERST à la mode dans la façon de faire de l'Art aujourd' hui, consiste à faire des oeuvres qui ont aucun sens précis avec n'importe quoi.) C'est pas le cas de ce film. Karabacha est un réalisateur qui ne se contente pas de filmer son pays, le LIBAN à l'abandon et il ne veut pas qu'il finisse par ne plus avoir de sens. Il filme pour lutter contre cette tendance nihiliste des LIBANAIS.

 

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Attention c'est un film tout public tout autant où, comme pour le film israélien qui suit, on aime les expérimentations au cinéma.

Durée du film : 1h 34

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